Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège

Edition | Année parcours : 2026

Informations sur le parcours à la date du : 01/07/2026

FAIRE ET DÉFAIRE LES REPRÉSENTATIONS : UNE ENQUÊTE FILMÉE / TOUTE LA LUMIERE SUR LES SEGPA 2/2

Coordonnées du collège
  • Collège affecté : Collège Rosa Luxemburg
  • Ville : AUBERVILLIERS
  • Classe : 5ème 
Coordonnées de la structure
  • Nom de la structure : Cinémas 93
Coordonnées de la personne ressource
  • Identité : Madame Anouk Brossollet

1. Articulation avec un processus de création :

Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir

Projets en cours ou à venir de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Fabien Guillermont est réalisateur de films documentaires, professeur à l'école de cinéma Studio M Paris, et intervenant régulier dans des ateliers de création, ou en école d’art. Il est diplômé d’une Licence de droit privé et d’un Master des Beaux-Arts, spécialisé en art et en vidéo, cofondateur du collectif et président de l’association d’artistes PARABOLE, membre du Conseil d’Administration du Centre Régional d’Art Contemporain, le 19, CRAC de Montbéliard. Il a participé à la fondation de l’ONG SOS Méditerranée en 2015, et au projet collectif de SCIP l’Hermitage, plus grand tiers lieu de France, dans l'Oise. Il collabore régulièrement aux activités de Vision Forum avec l’artiste suédois Per Hüttner. Il rejoint l’association TASVU-Université Populaire du Cinéma à Saint Denis à la fin de l'année 2024 au sein de laquelle il poursuit ses activités d’éducation à l’image auprès de divers publics, et organise un festival de cinéma estival tourné autour de la jeune création cinématographique du territoire.Salomé Bazin est vidéaste et réalisatrice de documentaires. Formée très jeune aux arts de la scène, elle poursuit des études en cinéma à l’Université Paris VIII, et complète sa formation en étudiant les arts numériques et les arts visuels à Buenos Aires. Elle obtient également un master de recherche en Études Culturelles à l’Université Montpellier III en menant un travail de recherche sur l’esthétique des luttes militantes dans l'Argentine des années 1990. Elle travaille comme assistante de réalisation pour des projets documentaires et assistante de programmation pour le FIPADOC (Biarritz) et la Biennal de imagen en movimiento (Buenos Aires). Après la création d’œuvres d’art vidéo et de performances multimédia, elle développe actuellement plusieurs documentaires de création où le réel s’entremêle avec des processus de création plastiques et scéniques, dont “Décollage”, un moyen métrage lauréat de la Bourse FORTE de la Région Ile-de-France, en cours de post-production. Les deux réalisateur.ices font partie de l‘association Tasvu-Université Populaire du Cinéma à Saint-Denis qui organise des ateliers de création amateurs, des projets d’éducation à l’image, un ciné-club et le festival Autres Vues.
Articulation du parcours avec les projets de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Fabien est à la fois artiste plasticien et réalisateur de films documentaires. Sa pratique cinématographique est protéiforme. Dans ses films il mélange souvent documentaire et fiction, et questionne des situations aussi intimes que sociales. Il est aussi professeur dans une école de cinéma à Paris, et travaille depuis près de 15 ans en partenariat avec des associations d'éducation populaire et d'éducation à l'image, telles que Cinéma 93, l'ACRIF, ou SCENI QUA NON à Nevers, le Pôle Image de Montbéliard, ou encore Écran Mobile à Besançon. Il intervient de manière régulière auprès de différents publics, jeunes des centres éducatifs, lycéens et collégiens, écoles primaires et centres de loisirs, et bien d’autres, lors d’ateliers de réalisation. Avec eux il développe une pratique filmique emprunte des idées de partage et de cocréation, largement inspirée par des auteurs célèbres tels que Jean Rouch et Fernand Deligny. Cette pratique de la cocréation imprègne ses projets personnels et ses films documentaires, dans lesquels il développe aussi cette idée de pluralité des points de vue et des histoires. Salomé explore depuis plusieurs années le lien entre transformation des corps et libération de la parole, en filmant des processus artistiques qui aident à dépasser honte et stigmates. Dans Décollage, elle aborde l’expérience intime de l’avortement, et dans Legendas, elle met en valeur la mémoire collective de la culture corse à travers danse et musique. Ses films se distinguent par une création sonore sensorielle. Lors du parcours CAC, elle s’appuiera sur son expérience de danseuse et performeuse pour développer la confiance des élèves et la cohésion de groupe, grâce à des exercices corporels et d’écoute. Elle les initiera aussi au rythme musical et à la musique concrète pour réaliser une séquence finale, tout en encourageant la réflexion collective sur les notions de stigmate et de honte. Ce projet artistique sera l’occasion pour les élèves de gagner confiance en eux par la prise de parole individuelle et collective, le renforcement de la cohésion de groupe, la mise en avant des potentiels de chacun.e. Avec micros et caméras, cette création collective engagera les élèves à mobiliser leurs corps et leurs esprits, à développer leur propre discours et à déployer ensemble et avec les autres, une parole qui renverse les stéréotypes sur les SEGPA. Ce projet est conçu comme un parcours augmenté, renforcé par le partenariat avec le dispositif national « Toute la lumière sur les SEGPA », déployé en 2023/2024. Il est enrichi d’un volume horaire supplémentaire consacré à la pratique, porté à un total de 36 heures d’intervention artistique. Chaque parcours est ainsi adapté aux spécificités des SEGPA, à leurs capacités d’apprentissage et de concentration. Dans ce cadre, le parcours CAC est pensé et construit en parallèle d’un autre projet mené avec le collège Antoine Lavoisier de Pantin. Les intervenant·es conduiront ces deux parcours conjointement, dans l’objectif de créer un film commun mettant en lien et en résonance deux classes de SEGPA issues de deux établissements de Seine-Saint-Denis. Les interactions entre ces deux parcours prendront des formes variées : correspondances filmées, interviews, sortie commune, mise en résonance filmique et restitution collective.

2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)

Résumé en 4 lignes du parcours (thématique, contenu et objectifs du projet)
  • À travers la réalisation d’un court-métrage hybride, entre documentaire et fiction, les élèves de la classe SEGPA mèneront une véritable enquête. Celle-ci mêlera correspondances filmées, interviews et création artistique afin d’explorer l’origine des idées reçues qui entourent les classes SEGPA. Ce travail leur permettra de questionner ces représentations, de les déconstruire collectivement et de faire émerger un nouveau discours porté par leur propre regard.

Accompagnement des enseignant.es

Co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques : méthodologie (préparation, groupe de travail, présentation des intervenant.es, ressources mises à disposition des professeur.e.s)
  • La co-construction du parcours a été amorcée dès le mois de mars, lors d’un premier rendez-vous organisé entre Cinémas 93, Salomé Bazin, Fabien Guillermont et Wafae Charai, enseignante référent de la classe SEGPA avec laquelle va être mené le projet en 2026/2027. Ce premier rendez-vous à eu lieu au collège Rosa Luxemburg à Aubervilliers. Cette rencontre a permis de faire émerger collectivement les bases du projet entre les différents partenaires. Chacun.nes à pu partager ses envies concernant la forme du projet, ses idées par rapport à la construction d’un parcours parallèle avec une autre classe, ainsi que les thématiques qu’ils·elles souhaitent aborder. Ce premier rendez-vous est suivi d’autres rencontres, d’abord une en septembre, puis tout au long de l’année, réunissant les trois partenaires du projet : l’intervenante, les enseignant·es et la coordination. Le parcours se construit donc progressivement, au fil des échanges entre les intervenant.es, l’équipe enseignante et Cinémas 93. De plus, l'association met à disposition des ressources matérielles et éducatives et ses compétences de soutien et d'expertise. La structure s'assure également du partage des enjeux et des objectifs lors de l'élaboration du planning et de la progression des séances. Cinémas 93, enfin, accompagne et valorise la progression et la clôture du projet. L'artiste et les enseignant.es échangent régulièrement au fur et à mesure des séances afin d'ajuster ou réajuster la progression du projet en fonction des avancées.
L’intervenant.e (ou les intervenant.es) a/ont t-il.s/t-elle.s déjà mené un parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel.s collège.s, la/les ville.s et ce qui motive le renouvellement de sa/de leur candidature.
  • Il s’agit, pour Salomé Bazin et Fabien Guillermont, d’une première candidature afin de mener un parcours dans le cadre du dispositif « La Culture et l’Art au Collège » avec Cinémas 93. Il et elle mènent en 2025/2026 un parcours CAC avec une classe UPE2A au sein du collège Jean Moulin à Aubervilliers. Leurs démarches artistiques présentent de réelles qualités, tant sur le plan pédagogique que thématique. Par ailleurs, ces deux intervenant·es travaillent régulièrement en duo et disposent d’une solide expérience de collaboration. Ce travail conjoint nous permettra de créer plus facilement des liens entre les deux parcours CAC « augmentés » des classes SEGPA qui participeront au projet l’année prochaine. Leur nouvelle candidature à un parcours CAC est motivée par le souhait de travailler avec des publics scolaires, en particulier des élèves de SEGPA, afin de réaliser des films collectifs mêlant différentes formes d’art et de narration. L’objectif est de créer de nouveaux espaces de parole et de représentation à travers le cinéma. Enfin, Cinémas 93 a déjà collaboré avec Fabien Guillermont dans le cadre des ateliers de pratique complémentaire (séances de 2 heures en classe) du dispositif Collège au cinéma, coordonné par Cinémas 93.

L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures

Les ateliers (environ 20h) doivent être détaillés et le nombre d’heures, pour chacun d’eux, indiqué. Merci de préciser la répartition horaire par intervenant.e lorsqu'il y en a deux.
  • Le planning suivant est élaboré sur la base de 36 heures, ce parcours étant un projet CAC augmenté. Séance 1 : 3h Présentation des intervenants et des élèves, suivie d’un temps d’échange sur la perception des Segpa. Discussion collective autour du projet du film, recueil de la parole des élèves. Les élèves expriment leurs avis, leur orientation, leurs relations avec les autres classes et le regard de leur entourage. Ces discussions donnent lieu à des interviews filmées avec du matériel professionnel. La vidéo est envoyée à la classe partenaire. Séance 2 : 3h Visionnage de la vidéo reçue et discussion sur les points communs et divergences. Les élèves réalisent ensuite une vidéo de présentation de leurs espaces au sein du collège (classes, ateliers, couloirs), en partageant leur regard. Cette production est transmise à l’autre classe. Séance 3 : 3h Comparaison des environnements à partir de la vidéo reçue. Les élèves mènent des interviews auprès d’autres membres de la communauté scolaire (élèves, Ulys, enseignants, personnels) sur les représentations et préjugés liés aux Segpa. Ils recueillent aussi des réponses spontanées pendant la récréation. La vidéo est envoyée à la classe partenaire. Séance 4 : 3h + sortie cinéma Rencontre entre les deux classes. Échange autour des constats et intervention d’un·e sociologue sur la construction des stigmates et les moyens de s’en détacher, puis interview du, de la sociologue. Les élèves réfléchissent ensemble à un projet de film pour se réapproprier leur image. L’après-midi est consacré à une projection en lien avec la thématique. Séance 5 : 3h + sortie Élaboration du film-clip commun tourné dans les deux collèges. Définition de la structure et début de l’écriture d’un texte qui sera dit ou chanté. Une sortie à la Philharmonie permet de poursuivre ce travail lors d’un atelier rap et hip-hop encadré par des musiciens. Séance 6 : 3h Visionnage d’extraits de films pour nourrir la mise en scène. Recherche des lieux de tournage, des sources sonores et répartition des rôles entre équipes techniques et comédiens. Séance 7 : 3h Repérages dans le collège, élaboration de la chorégraphie et préparation du storyboard. Rencontre avec d’autres élèves susceptibles de participer au projet. Séance 8 : 3h Répétitions (jeu, danse) et construction du storyboard sous forme de dessins ou de photos. Séance 9 : 3h Enregistrement des éléments sonores, préparation des décors et des costumes, répétitions dans les lieux de tournage. Séance 10 : 6h Tournage des séquences dans chaque collège selon la répartition définie. Séance 11 : 3h Initiation au montage : dérushage, sélection des prises et participation à la construction du film final, permettant aux élèves de porter un regard renouvelé sur leur environnement et de déconstruire les représentations liées aux Segpa. RESTITUTION : Découverte en commun du film final par les deux classes.

Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique

Les sorties (environ 10 heures) sont en lien direct avec le projet et permettent d’enrichir le contenu. Elles développent et mettent en perspective l’univers professionnel de l’intervenant.e et sa pratique.
  • Certaines sorties se feront en commune avec la deuxième classe de SEGPA participant au projet CAC/Toute la Lumière sur les SEGPA. Elles auront pour objectif à la fois de faire rencontrer les élèves, mais aussi de proposer aux élèves des temps de réflexion autour de leur projet à travers le contacte de différentes formes artistiques et de différent·es intervenant·es. La projection d’un film en lien avec la thématique du projet au Ciné 104. Cette projection sera suivie d’une discussion avec Emilie Desruelle, responsable jeune public du cinéma. Un atelier de création sonore à la Philharmonie de Paris. Ce moment de création accompagné de professionnels de la musique permettra aux élèves de mettre en parallèle les sons créés par les instruments de musique avec des sons qu’eux même ont enregistrés lors de leurs différents ateliers pratiques afin de valoriser leurs propres créations sonores à partir des bruits du quotidien. Une visite et un atelier au centre d'art plastique d’Aubervilliers (CAPA).

L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet

Les temps de réflexion / débats sont animés par les intervenant.e.s et les enseignant.e.s. Ils permettent aux élèves de développer leurs connaissances et d’approfondir une thématique. Ils offrent un espace de débat et de réflexivité sur le projet en cours. Des intervenant.e.s ponctuel.le.s peuvent également animer certaines séances.
  • Ces temps de réflexion auront lieu tout au long du projet. Les premières séances seront consacrées à des discussions et à une réflexion préalable autour de la thématique, ainsi que des métiers et des méthodes du cinéma, qu’il soit documentaire ou de fiction. Les intervenant·es consacreront une première séance aux notions nécessaires à l’élaboration d’un film avec les élèves : les rapports entre réel et fiction, les dispositifs de captation de la parole et du témoignage, les partis pris de mise en scène, l’objectivité et la subjectivité, ainsi que la focalisation du point de vue dans différents arts et au cinéma. La forme hybride du court métrage, mêlant documentaire et fiction, permettra également d’ouvrir des temps de dialogue et de débat autour du récit documentaire, de la mise en scène du réel et de la rencontre avec d’autres personnes dans le cadre de la création du film. Chaque temps de rencontre (avec les élèves de la deuxième classe SEGPA participant au projet, avec les autres classes de l’établissement et avec divers intervenant·es) donnera lieu, en amont, à un temps de réflexion avec l’enseignante et les intervenant·es afin de préparer des questions ou des récits que les élèves souhaiteront partager. Des temps de visionnage de films et d’extraits seront également organisés afin de montrer la diversité des formes filmiques et d’alimenter les pratiques et l’imaginaire des élèves. Enfin, le montage, en petit ou en grand groupe, constituera lui aussi un temps collectif de prise de recul et de réflexion critique sur les images produites et sur le processus de création artistique. Les sorties sont planifiées et coordonnées par Cinémas 93 en collaboration avec les enseignant.es, le cinéma partenaire et la réalisatrice. Elles enrichiront l’expérience des élèves à travers des discussions et des rencontres complémentaires, et leur permettront de (re)découvrir différentes structures culturelles. Ces moments sont conçus comme des occasions pour les élèves d’élargir leur perspective sur la réalisation de leur court-métrage, en explorant de nouvelles thématiques, de nouvelles manières de se mettre en scène et de raconter une histoire, qu’elle soit intime ou collective

La restitution, temps de cloture du projet

Un temps de restitution/valorisation et un temps de clôture/bilan du parcours permettent de mettre en partage le travail mené et d'encourager la réflexivité.
  • Une restitution publique du film réalisé dans le cadre du parcours sera organisée au cinéma Ciné 104 de Pantin et au cinéma le Studio à Aubervilliers, suivie de la projection du court métrage créé dans le cadre du second parcours CAC déployé à Pantin avec les mêmes artistes intervenant·es, autour de la thématique commune “Reconstruire les discours”. Les élèves, familles et équipes pédagogiques des deux établissements, ainsi que les artistes seront invités à cette séance festive. Une restitution globale, avec la présentation de plusieurs autres films réalisés en Ile-de-France dans le cadre de Toute la Lumière sur les SEGPA (en Seine-et-Marne et dans le Val-de-Marne) se tiendra en fin d’année scolaire à Paris. Cette séance festive permettra des rencontres entre artistes, films et jeunes publics et sera suivie d’un pique-nique convivial au Jardin du Luxembourg. Par ailleurs, le film de la classe sera publié sur l’ENT du collège ainsi que sur le compte Viméo et le site de Cinémas 93

Implication active des collégien.nes dans le processus (dimensions participative et inclusive)

Dimensions participative et inclusive (contenu du parcours et méthodologie)
  • Les élèves de la classe de SEGPA seront pleinement impliqués dans le processus de création du court-métrage, tant dans la réflexion sur sa forme que sur les thématiques abordées et les points de vue qu’ils·elles souhaiteront mettre en avant. Ils·elles partiront d’eux-mêmes, de leurs expériences et de leurs vécus, pour construire la trame narrative du film, et seront à la fois acteur·ices et réalisateur·ices de leur projet. Dès le début, des temps d’échanges seront organisés, en grand groupe comme en petits groupes, afin de favoriser la réflexion sur le travail collaboratif et les choix artistiques de chacun·e. Les élèves seront également amené·es à mener eux-mêmes une enquête sur les discours qui les entourent, participant ainsi activement à la recherche documentaire et à l’élaboration d’un scénario de fiction. Tout au long du projet, ils·elles prendront part aux différentes étapes de la réalisation d’un film : travail sur la thématique, apprentissage des outils techniques du cinéma, définition de l’angle de vue, repérage des décors, choix des protagonistes, tournage, puis montage final. L’ensemble de ces décisions sera pris de manière collective, favorisant la confrontation des idées et la co-construction du projet.

Prise en compte de l’égalité Femmes-Hommes au sein du parcours (sous quelle forme, avec quels outils… ?)

La thématique de l'égalité femmes-hommes est-elle abordée au sein du parcours? De quelle(s) façon(s) la méthodologie de travail permet-elle de prendre en compte les enjeux de l'égalité femmes-hommes ?
  • Lors de la réalisation du court-métrage, les élèves seront amené·es à questionner les représentations et les discours qui peuvent peser sur certains groupes de personnes et sur certains individus. Ce questionnement ira au-delà des stéréotypes liés aux classes SEGPA, pour aborder également les stéréotypes de genre et les inégalités femmes-hommes. Dans ce cadre, des temps de débat seront consacrés aux questions de genre, afin de réfléchir ensemble aux stéréotypes et aux rôles traditionnellement assignés aux femmes et aux hommes. L’objectif de ces échanges est de déconstruire ces représentations et d’ouvrir un dialogue sur les relations entre les individus, ainsi que sur la place de chacun·e dans la société. De plus, sur le plateau de tournage, les élèves s’essaieront tour à tour, et sans restriction, à tous les métiers de la création cinématographique, loin des discours genrés qui associent certaines professions aux « hommes » ou aux « femmes ».

Intégration de mesures liées à la transition écologique

Avez-vous mis en place, dans votre structure ou dans la mise en œuvre de vos projets des mesures spécifiques liées à la transition écologique ? Et comptez-vous mettre en place des mesures spécifiques dans le cadre du parcours déposé ?.
  • Dans le cadre du parcours proposé, un travail de sensibilisation aux enjeux de la transition écologique sera mené. Tout au long de la réalisation du film, et à travers les échanges avec l’enseignante et les intervenant·es, les élèves seront amené·es à mener une enquête, d’abord sur les questions de représentation liées à la classe SEGPA, mais aussi sur des sujets et enjeux de leur vie actuelle, parmi lesquels figurent les questions de transition écologique. Ils·elles seront ainsi amené·es à s’intéresser aux discours concernant leur environnement de vie, l’écologie et l’avenir. Ce travail collectif favorisera une prise de conscience ainsi qu’un engagement autour des défis environnementaux contemporains. Par ailleurs, le parcours sera conçu selon une démarche écoresponsable, incluant : la réduction des consommables, l’utilisation de matériaux réutilisables, la mobilité collective lors des sorties, ainsi que la sensibilisation à l’impact environnemental dans les pratiques artistiques.

Implication active de la famille dans le parcours

Les parents sont conviés à un temps de présentation et / ou aux temps forts du parcours (sorties, restitution…).
  • Les parents seront conviés à un temps de présentation et aux temps forts du parcours (sorties, restitution…). Comme traditionnellement, Cinémas 93 incitera les enseignant.es et les élèves à communiquer explicitement aux parents les informations principales liées au projet dès le lancement du parcours. Il sera présenté aux familles par l’équipe pédagogique à l’occasion de la première rencontre parents-professeurs de l’année. Ce sera l’occasion de répondre à leurs questions et de fédérer la classe autour d’un projet commun pluridisciplinaire.
Le parcours propose des modalités innovantes visant à favoriser l’implication et la participation des familles.
  • Les parents d’élèves seront régulièrement informés sur le projet par le biais du module “Actualités” de l’ENT de l’établissement. De plus, le projet va amener les élèves à avoir des correspondances filmés, et à avoir des moments d’interviews avec différents public. Dans ce cadre, les élèves qui en auront envie pourront interroger leurs proches et leurs familles sur les thématiques abordés par le film, notamment sur la question des clichés entourant les élèves de classe SEGPA. Ces temps d’échange entre les élèves et leurs familles à travers des correspondances filmés ou sonores permettent d’impliquer activement les familles dans le processus de création du film, et de mélanger une pluralité du point de vue.

3. Co-construction du parcours

Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel ou de son volet lié à la citoyenneté. Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, liens avec d'autres projets, chantiers d'étape ...).
  • Ce projet s’inscrit pleinement dans le projet d’établissement du collège Rosa Luxemburg en contribuant à plusieurs axes prioritaires mis en avant. En effet, dans cet établissement, le constat est que les élèves de SEGPA sont souvent mis à l'écart par leurs camarades des classes générales. Ils subissent des moqueries et des préjugés qui fragilisent leur confiance en eux et leur rapport à l'école. Ce projet part de cette réalité et cherche à y répondre concrètement. Ce projet nourrira l’axe 2 du projet d’établissement “Valorisation des élèves” : en effet, en donnant aux élèves la possibilité de réaliser un film sur leur propre expérience, on leur propose des espaces pour s'exprimer, être entendus et montrer ce qu'ils et elles sont capables de faire. C'est une façon de les valoriser autrement qu'à travers les notes, grâce à l’expression artistique et sensible. De plus, les deux temps de restitutions, au niveau régional et local, permettent aux élèves de présenter leurs films à différents publics, et dans différents lieux. Ces temps de restitution seront des moments forts de la valorisation des productions des élèves.En lien avec l’Axe 5 du projet d’établissement “Favoriser les décloisonnements”, la réalisation de ce film par les élèves permettra aussi de créer des occasions de rencontres entre les élèves de SEGPA et ceux des autres classes, notamment à travers les interviews menées dans l'établissement. Ces échanges permettent de casser les idées reçues des deux côtés et de créer du lien entre des élèves qui ne se parlent pas beaucoup au quotidien. Cela contribue à améliorer le climat scolaire, en dépassant les cloisonnements existants de façon plus ou moins consciente entre ces élèves. De plus, au sein de la classe, les élèves seront fédérés autour d’un projet commun, permettant, au travers de la coopération, de valoriser l’expression de leurs sensibilités et d'opinions, au sein de leur classe, de l’établissement et au-delà. Enfin, les sorties prévues s'inscrivent dans l'axe 6 du projet d'établissement “Favoriser l’accès à la culture et les pratiques culturelles”. Pour beaucoup de ces élèves, ce sera une première fois dans ces lieux. De plus, la réalisation du film, autant dans sa partie thématique que technique, sera l’occasion pour les élèves de découvrir toutes les étapes de création d’un film à la fois documentaire et fiction. Ce parcours donnera alors aux élèves l’occasion d'expérimenter une nouvelle pratique artistique et culturelle, en étant accompagné de professionnels du cinéma.
L’Espace Numérique de Travail du collège, est-il utilisé pour faciliter l’organisation du projet et/ou comme support de communication et de valorisation ?
  • L’ENT de l’établissement sera utilisé comme outil de communication entre enseignant.es et élèves dans le cadre de l’interdisciplinarité du projet, mais aussi comme support de valorisation des activités et productions des élèves. Le module « Actualités » de l’ENT sera mis à contribution pour rendre compte des activités de la classe. Les élèves seront ainsi amenés à acquérir et développer des compétences liées au numérique, tant sur le plan de la maîtrise des langages et de la créativité numérique (traitement de texte, logiciels de retouche des images, de montage…) que sur celui d’un usage responsable et éclairé du numérique et d’Internet, en réfléchissant à la question du partage des données personnelles en ligne notamment. En complément, un forum pourra être créé, permettant aux membres de la communauté scolaire de réagir face aux productions des élèves.
Les enseignant.es souhaitent-ils.elles s’investir dans les médias départementaux pour rendre compte des expériences et productions des élèves ?
  • NON
Liens du parcours avec les enseignements, les objectifs pédagogiques (par discipline)
  • Ce projet répond à différents objectifs pédagogiques présents dans les programmes des 5e SEGPA et donne du sens aux apprentissages en les ancrant dans une production concrète et collective. En français, ce projet permet de travailler les compétences suivantes : “Comprendre et s’exprimer à l’oral, lire, écrire, comprendre le fonctionnement de la langue, acquérir des éléments de la culture littéraire et artistique pour enrichir son expression personnelle”. En effet, les élèves préparent et rédigent les questions de leurs interviews, travaillent leur prise de parole à l'oral; analysent des extraits de films pour comprendre comment on raconte une histoire et enfin rédigent le scénario du film. Ils écrivent aussi les textes qui seront lus ou interprétés dans le film final. C'est un exercice d'écriture qui a une vraie finalité, ce qui les motive davantage. De plus, ce travail favorise l’expression collective et personnelle des élèves à travers la création artistique. En mathématiques, la réalisation du film amène naturellement à travailler le cadrage et les proportions, la gestion du temps lors du tournage, ou encore la représentation spatiale dans la construction du storyboard. Ces notions sont abordées de façon concrète, sans passer par des exercices abstraits. En SVT, la rencontre avec une spécialiste de la construction des stéréotypes et les discussions en classe sur les préjugés permettent de travailler sur le comportement humain et les relations entre individus au sein d'un groupe. Le lien avec les questions d'environnement et d'écologie, abordées également dans le parcours, peut aussi être rattaché aux programmes de SVT sur le développement durable. Les compétences de l’EMC seront également pleinement mises en œuvre, qu’il s’agisse de se sentir membre d’une communauté dans le respect des différences et le refus des discriminations, mais aussi d’identifier et exprimer ses émotions et sentiments. L’engagement moral sera aussi objet d’enseignement, au travers la création d'une charte de confiance en début de projet entre les enseignant.es, les intervenant.es et les élèves pour instaurer un climat propice aux échanges et à la création. Au-delà des matières, ce projet aide les élèves à gagner en autonomie, à travailler ensemble et à aller au bout d'un projet. Ce sont des compétences essentielles pour leur scolarité et pour la suite.

Application MICACO | Date : 01/07/2026