Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège

Edition | Année parcours : 2026

Informations sur le parcours à la date du : 01/07/2026

Myriorama

Coordonnées du collège
  • Collège affecté : Collège Georges Politzer
  • Ville : BAGNOLET
  • Classe : 3ème 
Coordonnées de la structure
  • Nom de la structure : Centre Tignous d'art contemporain
Coordonnées de la personne ressource
  • Identité : Monsieur Gillles Baudry

1. Articulation avec un processus de création :

Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir

Projets en cours ou à venir de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Alice Amoroso mène actuellement plusieurs projets en parallèle. Elle a été accueillie en résidence avec la Villa Swagatam et le Public Arts Trust of India à Jodhpur (Inde), où elle a conduit notamment des workshops autour du myriorama. Elle rejoindra prochainement la Fondation Boghossian à Bruxelles, dans le cadre de laquelle elle développera son projet principal intitulé Re(Ra)battre les cartes des territoires palestino-israéliens, une réinterprétation critique du myriorama abordant l'histoire du conflit palestino-israélien à travers la domination et l'organisation du paysage, en eau-forte, aquatinte sur cuivre et sérigraphie. Ce projet, accompagné par la curatrice Romane Tassel, doit aboutir courant 2027. C'est dans ce prolongement direct que s'inscrit le projet CAC au Collège Politzer (automne 2026 – printemps 2027).
Articulation du parcours avec les projets de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Le projet CAC s'articule de manière étroite avec le travail en cours d'Alice Amoroso autour du myriorama. Les élèves seront directement en contact avec la démarche artistique de l'intervenante à plusieurs niveaux. Sur le plan conceptuel, le projet prolonge sa réflexion sur le myriorama comme dispositif combinatoire et narratif, en la transposant dans un contexte local et contemporain. Comme dans son projet Re(Ra)battre les cartes des territoires palestino-israéliens, les élèves seront invités à interroger la notion de paysage, ses biais de représentation et les rapports de pouvoir qui le structurent — ici appliqués à leur propre territoire, Bagnolet, ville de périphérie en mutation. Sur le plan technique, les ateliers mobilisent les médiums de prédilection d'Alice Amoroso : la gravure en taille d'épargne (linogravure) et la sérigraphie, deux techniques au cœur de sa pratique d'Image Imprimée. Les élèves expérimenteront ainsi un processus complet, du dessin préparatoire à l'impression, en passant par la gravure de la matrice. Sur le plan méthodologique, le projet s'appuie sur l'expérience de l'artiste en médiation et en conduite de workshops collectifs, notamment celui mené à Jodhpur avec de jeunes mentors autour du fleuve Luni, qui constitue une référence directe dans la conception pédagogique du parcours. Quant à Clément Clausse, intervenant supplémentaire, son expertise en Image Imprimée, également acquise à l'École des Arts Décoratifs de Paris, sera mobilisée lors des séances d'impression à l'Atelier aux Lilas, garantissant un encadrement technique de qualité pendant la phase la plus complexe du processus.

2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)

Résumé en 4 lignes du parcours (thématique, contenu et objectifs du projet)
  • En s'appuyant sur le myriorama, dispositif combinatoire du XIXe siècle, les élèves de troisième du Collège Politzer produisent collectivement un jeu de cartes en linogravure représentant les lieux emblématiques de Bagnolet. Guidés par l'artiste Alice Amoroso, ils expérimentent l'ensemble du processus créatif, de la recherche en archives jusqu'à l'impression en atelier, en interrogeant les notions de périphérie et de mutation urbaine. Le projet aboutit au printemps 2027 à une restitution publique au Centre Tignous d'art contemporain.

Accompagnement des enseignant.es

Co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques : méthodologie (préparation, groupe de travail, présentation des intervenant.es, ressources mises à disposition des professeur.e.s)
  • Le parcours est le fruit d'une co-construction étroite entre Alice Amoroso, Johanna Grivaux, professeure d'arts plastiques au Collège Politzer, et le Centre Tignous d'art contemporain. Cette collaboration a débuté en amont de l'année scolaire, lors de plusieurs échanges permettant d'articuler la démarche artistique de l'intervenante avec les objectifs pédagogiques de l'équipe enseignante et la programmation du centre d'art. Le chargé des publics et de la médiation du Centre Tignous joue un rôle central de coordinateur tout au long du processus : il accompagne la conception du projet, participe à l'élaboration du calendrier des séances et facilite les liens entre les différents partenaires impliqués, l'établissement scolaire, l'artiste, l'Atelier aux Lilas, les archives départementales et le Bureau de l'Urbanisme de Bagnolet. La pluralité des savoirs est également au cœur de la méthodologie du projet : au-delà de Johanna Grivaux, d'autres enseignant·e·s de l'établissement sont associé·e·s au parcours, notamment les professeurs d'histoire-géographie et la professeure documentaliste, garantissant une approche véritablement interdisciplinaire et cohérente avec les programmes scolaires.
L’intervenant.e (ou les intervenant.es) a/ont t-il.s/t-elle.s déjà mené un parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel.s collège.s, la/les ville.s et ce qui motive le renouvellement de sa/de leur candidature.
  • Alice Amoroso n'a pas encore mené de parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes. Il s'agit de sa première candidature à ce dispositif. Ce qui motive cette candidature est l'adéquation forte entre son travail en cours autour du myriorama et les valeurs portées par le programme CAC : ancrer une pratique artistique exigeante dans un territoire, donner à des adolescent·e·s les outils pour regarder et représenter leur propre environnement, et produire collectivement un objet à la fois artistique et porteur de sens. Le Collège Politzer, situé à Bagnolet, et le partenariat avec le Centre Tignous d'art contemporain offrent un cadre idéal pour cette première expérience en milieu scolaire, en lien direct avec la programmation du centre et avec le territoire de la Seine-Saint-Denis.

L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures

Les ateliers (environ 20h) doivent être détaillés et le nombre d’heures, pour chacun d’eux, indiqué. Merci de préciser la répartition horaire par intervenant.e lorsqu'il y en a deux.
  • Première phase : Introduction et découverte du myriorama (2h) Introduction du projet, présentation du travail d'Alice Amoroso et du myriorama, en présence de l'historien Mathew Staunton et de la curatrice Romane Tassel. Moment de jeu et de découverte par petits groupes, restitution collective (2h) - Alice Amoroso, Mathew Staunton, Romane Tassel. Deuxième phase : Dessin préparatoire des cartes (6h) Première séance de dessin : choix du lieu représenté par chaque élève, traçage du gabarit sur calque, utilisation des photos comme références (3h) - Alice Amoroso, Johanna Griveau. Deuxième séance de dessin : travail sur la perspective, regroupement des cartes pour vérifier la continuité visuelle, début de la phase au marqueur noir (3h) - Alice Amoroso, Johanna Griveau. Troisième phase : Gravure et impression des cartes (10h) Première séance de gravure : report des dessins inversés sur lino, prise en main de la gouge, début de la gravure des matrices (2h) - Alice Amoroso, Johanna Griveau. Deuxième séance de gravure des matrices (2h) - Alice Amoroso, Johanna Griveau. Première séance d'impression à l'Atelier aux Lilas : division de la classe en trois groupes, organisation en pôles, impression des cartes (4h) - Alice Amoroso, Johanna Griveau, Clément Clausse. Deuxième séance à l'Atelier aux Lilas : finalisation des tirages, impression en sérigraphie du titre et de la couverture, contre-collage des cartes (2h) - Alice Amoroso, Johanna Griveau, Clément Clausse. Quatrième phase : Préparation de la restitution (2h) Accrochage collectif de la restitution au Centre Tignous d'art contemporain, installation des cartels et d'une table de recherche (2h) - Alice Amoroso, Johanna Griveau, Gilles Baudry, chargé des publics et de la médiation du Centre Tignous d'art contemporain.

Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique

Les sorties (environ 10 heures) sont en lien direct avec le projet et permettent d’enrichir le contenu. Elles développent et mettent en perspective l’univers professionnel de l’intervenant.e et sa pratique.
  • Le parcours comprend dix heures de sorties, toutes en lien direct avec les enjeux artistiques, historiques et territoriaux du projet. Visite de l'exposition Béton Ruban au Centre Tignous d'art contemporain (2h) En ouverture du parcours, cette visite commentée introduit les élèves à la création en art contemporain autour des espaces urbains de périphérie. Elle fait directement écho à la démarche d'Alice Amoroso et à la thématique du projet, en offrant aux élèves un premier regard sur la façon dont des artistes contemporains représentent et interrogent la ville. Visite du fonds d'archives au Château de l'Étang de Bagnolet (2h) Rencontre avec un·e archiviste et consultation des cartes postales et photographies anciennes de Bagnolet présélectionnées par les élèves. Cette sortie nourrit directement la phase de recherche iconographique et ancre le projet dans l'histoire du territoire. Visite commentée de la ville de Bagnolet (3h) Accompagnés d'un·e représentant·e du Bureau de l'Urbanisme, les élèves explorent leur ville en portant un regard sur l'évolution du bâti, les traces du passé industriel et les mutations en cours. Chaque élève prend des photos in situ du lieu qu'il·elle souhaite représenter dans sa carte. Visite de la BnF site Richelieu (3h) En lien direct avec la pratique d'Alice Amoroso, cette visite introduit les élèves à l'histoire de la gravure en taille d'épargne à travers les collections rares de la BnF, avec un·e conservateur·ice. Elle permet d'ancrer la technique pratiquée dans une histoire de l'art plus large et d'enrichir la culture visuelle des élèves. Total : 10h

L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet

Les temps de réflexion / débats sont animés par les intervenant.e.s et les enseignant.e.s. Ils permettent aux élèves de développer leurs connaissances et d’approfondir une thématique. Ils offrent un espace de débat et de réflexivité sur le projet en cours. Des intervenant.e.s ponctuel.le.s peuvent également animer certaines séances.
  • Le parcours intègre dix heures de temps de réflexion et de débat, répartis tout au long de l'année pour accompagner chaque étape du projet. Introduction au myriorama (1h) Une séance animée par Alice Amoroso, l'historien Mathew Staunton et la curatrice Romane Tassel permet aux élèves de découvrir l'histoire du dispositif et ses enjeux narratifs et politiques. Un moment de jeu en petits groupes est suivi d'une restitution collective des réflexions. Échange après la visite de l'exposition Béton Ruban (1h) Un temps de discussion animé par Alice Amoroso et le·la chargé·e de médiation du Centre Tignous invite les élèves à exprimer les résonances personnelles suscitées par les œuvres et à amorcer une réflexion sur leur propre rapport à la ville. Brainstorming collectif sur Bagnolet (1h) Au CDI, avec Alice Amoroso, Griveau et la professeure documentaliste Amélie Pialla, les élèves suggèrent les lieux emblématiques de leur ville et s'initient à la notion de mutations urbaines. Points collectifs lors des séances de création (3h) Tout au long des phases de dessin et de gravure, des regroupements réguliers permettent aux élèves de confronter leurs choix visuels et de réfléchir à la cohérence du myriorama collectif, animés conjointement par Alice Amoroso et Johanna Griveau. Écriture collective de la notice (2h) Avec la professeure documentaliste Amélie Pialla, les élèves réfléchissent aux façons de présenter et de rendre accessible leur objet au public, dans un moment de réflexivité sur l'ensemble du projet. Échanges lors des visites (2h) Les rencontres avec l'archiviste et le·la représentant·e du Bureau de l'Urbanisme constituent des temps de mise en perspective, où les élèves sont invités à prendre la parole et à croiser leur regard avec celui des intervenant·e·s. Total : 10h

La restitution, temps de cloture du projet

Un temps de restitution/valorisation et un temps de clôture/bilan du parcours permettent de mettre en partage le travail mené et d'encourager la réflexivité.
  • Restitution publique au Centre Tignous d'art contemporain Au printemps 2027, les élèves investissent le Centre Tignous d'art contemporain pour une restitution publique de leur travail. Après avoir participé collectivement à l'accrochage et à l'installation d'une table de recherche et des cartels, chaque élève endosse le rôle de médiateur·rice du projet, accueillant et accompagnant le public dans la découverte du myriorama collectif. Ce moment fort constitue une expérience inédite de prise de parole en public et de valorisation du travail accompli tout au long de l'année. Temps de clôture et de bilan À l'issue de la restitution, un temps de bilan collectif réunissant les élèves, Johanna Grivaux, Alice Amoroso et le·la chargé·e de médiation du Centre Tignous permet de revenir sur l'ensemble du parcours. Chaque élève repart avec son exemplaire du myriorama, objet tangible et personnel de la création collective. Ce moment de clôture est l'occasion pour chacun·e de mesurer le chemin parcouru, d'exprimer ce que le projet a transformé dans son regard sur la ville et sur la pratique artistique.

Implication active des collégien.nes dans le processus (dimensions participative et inclusive)

Dimensions participative et inclusive (contenu du parcours et méthodologie)
  • La dimension participative est au cœur du projet, à chaque étape du parcours. Dès la phase d'introduction, les élèves ne sont pas placés en position de récepteurs passifs mais sont invités à jouer, à expérimenter et à restituer leurs propres réflexions nées de la manipulation du myriorama. Le brainstorming collectif sur les lieux emblématiques de Bagnolet place d'emblée chaque élève en position d'expert·e de son propre territoire : c'est leur regard, leur connaissance intime de la ville qui constituent la matière première du projet. Tout au long de la phase de création, chaque élève est l'auteur·rice d'une carte unique du jeu, pour laquelle il·elle effectue ses propres choix de lieu, de composition et de mise en image. Cette autonomie individuelle s'inscrit dans une dynamique collective forte : les cartes ne prennent sens qu'assemblées les unes aux autres, ce qui implique des ajustements permanents, des regards croisés et une attention constante au travail des autres. La dimension inclusive est également pensée dans l'organisation même des séances d'impression à l'Atelier aux Lilas, où chaque élève se voit attribuer un rôle précis — encreur·se, transporteur·se de matrices, gestionnaire du papier, rouleur·se de presse, accrocheur·se de tirages — garantissant ainsi une implication active de tou·te·s, quels que soient les niveaux et les aisances plastiques. Enfin, la restitution publique au Centre Tignous constitue le point culminant de cette implication : en devenant médiateur·rice du projet devant un public, chaque élève prend pleinement possession de l'œuvre collective et de la démarche intellectuelle et artistique qui l'a portée.

Prise en compte de l’égalité Femmes-Hommes au sein du parcours (sous quelle forme, avec quels outils… ?)

La thématique de l'égalité femmes-hommes est-elle abordée au sein du parcours? De quelle(s) façon(s) la méthodologie de travail permet-elle de prendre en compte les enjeux de l'égalité femmes-hommes ?
  • La question de l'égalité femmes-hommes traverse le projet à plusieurs niveaux. Sur le plan de la représentation, le parcours place délibérément des femmes en position de référentes artistiques et intellectuelles : Alice Amoroso, artiste intervenante principale, et Romane Tassel, curatrice, incarnent des modèles de parcours professionnels féminins dans le monde de l'art contemporain, secteur encore largement dominé par les hommes. Cette visibilité, face à un public d'adolescent·e·s en construction identitaire, constitue en elle-même un geste significatif. Sur le plan de la langue, l'ensemble du projet fait un usage systématique de l'écriture inclusive, tant dans les documents produits que dans la communication autour du projet. Cette pratique, portée par Alice Amoroso et Johanna Griveau, est l'occasion d'une sensibilisation naturelle des élèves aux enjeux de représentation dans le langage. Sur le plan du contenu, le projet invite les élèves à porter un regard critique sur leur territoire et sur les rapports sociaux qui le structurent, ouvrant ainsi un espace de réflexion sur les inégalités de genre dans l'espace urbain et public : question qui peut être abordée aussi bien lors des temps de débat que dans les choix iconographiques des cartes. Enfin, l'organisation des séances en petits groupes aux rôles tournants lors des impressions à l'Atelier aux Lilas garantit une participation équitable de tou·te·s les élèves, sans distinction de genre.

Intégration de mesures liées à la transition écologique

Avez-vous mis en place, dans votre structure ou dans la mise en œuvre de vos projets des mesures spécifiques liées à la transition écologique ? Et comptez-vous mettre en place des mesures spécifiques dans le cadre du parcours déposé ?.
  • La transition écologique est intégrée au projet à plusieurs niveaux. Sur le plan des matériaux et des techniques, la linogravure et la sérigraphie sont des techniques d'impression à faible impact environnemental. Le projet privilégie des encres à base aqueuse, moins nocives que les encres à solvants, et travaille sur du papier de qualité afin de limiter les déchets liés aux mauvais tirages. Les matrices en linoléum, matériau naturel, sont réutilisables et biodégradables. Sur le plan des déplacements, le projet s'appuie autant que possible sur des lieux à proximité du collège — les archives de Bagnolet, la ville elle-même — limitant ainsi les transports. Les sorties plus lointaines, notamment à l'Atelier aux Lilas et à la BnF, sont effectuées en transports en commun. Sur le plan du contenu, la thématique du projet ouvre naturellement des espaces de réflexion sur les enjeux écologiques liés à l'urbanisme et à la ville de périphérie : artificialisation des sols, place de la nature en ville, impact des infrastructures routières comme l'échangeur de l'A3. Ces questions peuvent être abordées lors des temps de débat et nourrir les choix iconographiques des élèves dans la représentation de leur territoire.

Implication active de la famille dans le parcours

Les parents sont conviés à un temps de présentation et / ou aux temps forts du parcours (sorties, restitution…).
  • L'implication des familles est envisagée principalement autour de la restitution publique au Centre Tignous d'art contemporain au printemps 2027. Moment fort et visible du parcours, cette restitution constitue une invitation naturelle faite aux familles de venir découvrir le travail accompli par leurs enfants tout au long de l'année. En endossant le rôle de médiateur·rice du projet, chaque élève aura l'occasion de présenter sa carte, d'expliquer ses choix et de partager sa réflexion sur la ville de Bagnolet devant ses proches, transformant ainsi la restitution en un moment de fierté et de reconnaissance. Par ailleurs, l'objet produit — le myriorama tiré à une trentaine d'exemplaires — dont chaque élève repart avec un exemplaire personnel, constitue un support tangible de médiation au sein même des familles, prolongeant ainsi le projet au-delà du cadre scolaire.
Le parcours propose des modalités innovantes visant à favoriser l’implication et la participation des familles.
  • Plusieurs modalités innovantes pourraient être mises en place pour favoriser l'implication et la participation des familles tout au long du parcours. La page dédiée aux projets CAC que le Centre Tignous mettra prochainement en place sur ses réseaux sociaux constituera un outil de suivi accessible à tou·te·s, permettant aux familles de suivre les différentes étapes du projet au fil de l'année, même sans pouvoir se déplacer. Le myriorama lui-même, en tant qu'objet ludique et combinatoire, offre une modalité originale d'implication des familles : chaque élève pourrait être invité·e à présenter une première combinaison de cartes à ses proches en amont de la restitution, faisant ainsi entrer le projet dans l'espace domestique et suscitant des échanges intergénérationnels autour de la représentation de Bagnolet. Enfin, la restitution publique au Centre Tignous, où chaque élève endosse le rôle de médiateur·rice, place les familles dans une position inhabituelle : non pas simples spectateurs d'une exposition scolaire, mais public accompagné et guidé par leur enfant dans la découverte d'une œuvre collective.

3. Co-construction du parcours

Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel ou de son volet lié à la citoyenneté. Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, liens avec d'autres projets, chantiers d'étape ...).
  • Le projet s'inscrit en cohérence avec plusieurs axes du projet d'établissement du Collège Politzer, notamment avec l'axe 3 "Promouvoir l’ouverture culturelle, développer l’esprit créatif, l’esprit critique". Sur le plan culturel, il prolonge et enrichit le travail mené en cours d'arts plastiques par Johanna Griveau, en ouvrant les élèves à des pratiques artistiques comme la linogravure et la sérigraphie, qu'ils n'auraient pas l'occasion de découvrir dans le cadre scolaire habituel. La rencontre avec une artiste professionnelle en activité, dont le parcours est reconnu par des institutions nationales et internationales, constitue en elle-même une expérience culturelle structurante. Sur le plan de la citoyenneté, le projet invite les élèves à porter un regard critique et personnel sur leur territoire, à s'en emparer comme d'un objet de réflexion collective, et à le restituer publiquement. Plus largement ce projet s'inscrit aussi dans le programme de l'enseignement moral et civique, à travers la thématique de "l'engagement ou les engagement" et ses différentes formes ainsi que dans sa mise en oeuvre (individuel ou collectif). En faisant de chaque élève un·e médiateur·rice lors de la restitution au Centre Tignous d'art contemporain, le projet développe des compétences d'expression, d'écoute et d'engagement civique. Cette expérience pourra aussi nourrir les élèves lors de lors oral de brevet à travers le parcours artistique et culturel. Le parcours a également vocation à rayonner au-delà de la classe de troisième impliquée. La restitution publique au Centre Tignous d'art contemporain au printemps 2027, ainsi que la production d'un objet collectif tiré à une trentaine d'exemplaires, constituent des points d'ouverture naturels vers l'ensemble de l'établissement, d'autres classes pourront découvrir le myriorama produit, s'en emparer, et engager à leur tour une réflexion sur leur environnement urbain.
L’Espace Numérique de Travail du collège, est-il utilisé pour faciliter l’organisation du projet et/ou comme support de communication et de valorisation ?
  • Plusieurs outils numériques sont mobilisés tout au long du projet. Un drive commun est mis en place dès la phase de recherche iconographique : les élèves y déposent leurs photographies prises lors de la visite de Bagnolet, constituant ainsi une ressource partagée accessible à l'ensemble de la classe pour la phase de dessin préparatoire. Ce drive joue le rôle d'un espace de travail collaboratif et de mémoire collective du projet. Par ailleurs, le Centre Tignous d'art contemporain assure la valorisation du projet via ses réseaux sociaux, et mettra prochainement en place une page dédiée aux projets CAC, permettant de garder une trace vivante des différentes étapes du parcours et de le rendre visible auprès d'un public plus large
Les enseignant.es souhaitent-ils.elles s’investir dans les médias départementaux pour rendre compte des expériences et productions des élèves ?
  • OUI
Liens du parcours avec les enseignements, les objectifs pédagogiques (par discipline)
  • Le projet s'articule avec plusieurs disciplines et leurs objectifs pédagogiques respectifs. En arts plastiques, discipline portante du projet, les élèves travaillent en lien direct avec la thématique "la représentation; images, réalité et fiction" dans le programme de l'enseignement des arts plastiques en cycle 4, notamment à travers la question du "rapport au réel et de la valeur expressive de l'écart en art" ainsi que celle de la représentation de l'espace en 2 dimensions. Les élèves réfléchiront à la composition et la construction d'une image en noir et blanc, l'équilibre des contrastes et la maîtrise du trait. Ils découvrent et pratiquent la linogravure et la sérigraphie, en expérimentant collectivement l'ensemble du processus, du dessin préparatoire à l'impression finale du jeu de cartes. Le projet aborde des notions fondamentales telles que la perspective, le cadrage, la continuité visuelle et la narration par l'image, enrichies d'une réflexion en histoire de l'art et d'un questionnement sociologique sur la représentation du paysage urbain et les rapports sociaux qui le structurent. En histoire-géographie, le parcours s'appuie sur deux thèmes , le 1er consacré aux dynamiques territoriales de la France contemporaine, notamment sa partie sur les aires urbaines, espaces que les élèves habitent au quotidien; le le 2nd thème " Pourquoi et comment aménager le territoire? " et la questions des inégalités présentes sur le territoire. La visite commentée de Bagnolet avec un·e représentant·e du Bureau de l'Urbanisme constitue une mise en pratique concrète de ces notions, ancrant les apprentissages du programme dans leur propre expérience du territoire. En lien avec la professeure documentaliste, les élèves mènent des recherches iconographiques dans le fonds d'archives numérisé de Bagnolet et s'appuient sur une sélection d'ouvrages autour de l'urbanisme, de l'architecture et de la sociologie urbaine. Ils apprennent à sélectionner, analyser et mobiliser des sources visuelles pour nourrir leur création. En français, l'écriture collective de la notice et de l'introduction du myriorama mobilise des compétences rédactionnelles essentielles : structurer un propos, adapter son discours à un public et rendre l'objet accessible à tou·te·s. C'est aussi l'occasion pour chaque élève de mettre en mots son regard sur la ville où il·elle vit, en affirmant une voix singulière au sein d'une œuvre collective.

Application MICACO | Date : 01/07/2026