Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège

Edition | Année parcours : 2026

Informations sur le parcours à la date du : 01/07/2026

Cartographies de nos mémoires

Coordonnées du collège
  • Collège affecté : Collège Colonel Fabien
  • Ville : SAINT-DENIS
  • Classe : 4ème 
Coordonnées de la structure
  • Nom de la structure : Citoyenneté Jeunesse
Coordonnées de la personne ressource
  • Identité : Madame Chiara Dacco

1. Articulation avec un processus de création :

Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir

Projets en cours ou à venir de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Maymouna Baradji est une artiste franco-malienne dont le travail explore les enjeux de mémoire, d’archives et de transmission à partir de son histoire personnelle et familiale. Sa pratique, à la croisée du dessin, de l’écriture poétique, de l’installation et de la performance, s’attache à faire émerger des récits fragmentés, à restaurer des souvenirs et à combler des absences, notamment celles liées aux images manquantes ou aux visages oubliés et invisibilisés. À travers ses œuvres, elle développe une recherche autour des représentations et des héritages diasporiques, en s’intéressant autant aux histoires que l’on transmet qu’à celles que l’on reconstruit. En reprenant notamment la technique du suwer sénégalais,une pratique de reproduction d’images photographiques par la peinture sous verre, souvent utilisée pour recréer des portraits à partir de photos ou de mémoire, elle détourne la fonction documentaire de l’image : les visages disparaissent, ne laissant que des silhouettes, comme autant de présences à réactiver. Par le dessin, l’encre ou les crayons de couleur, elle recompose alors des scènes issues d’albums familiaux, créant des images à la fois intimes et ouvertes, où chacun peut projeter ses propres souvenirs. Son travail s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique articulant création, diffusion et transmission. En 2024, elle initie la performance Et, j’ai entendu ta voix, un projet de réactivation d’archives mêlant écriture, dessin, musique et danse. Ce travail performatif se prolonge en 2025 par plusieurs lectures publiques, notamment dans le cadre d’Interférences à la Boule Noire (Paris), où elle développe une approche de la lecture comme espace d’incarnation des récits. Parallèlement, son travail visuel est présenté dans différents contextes d’exposition, notamment à la Villette dans le cadre de 100% L’Expo (2025), affirmant son inscription dans une scène artistique contemporaine attentive aux questions de mémoire, de narration et de formes hybrides. Son activité de transmission occupe également une place centrale. Depuis 2025, elle développe plusieurs cycles d’ateliers autour de la mémoire et des archives, notamment à Marseille avec l’association MOST – Mon Œil sur Terre, ainsi qu’à La Courneuve en partenariat avec le Programme de Réussite Éducative (PRE), autour des archives familiales et des récits de vie. Elle intervient également dans des espaces indépendants comme la bibliothèque Transplantation (Paris), où elle anime des ateliers d’écriture et des temps de lecture collective. Au printemps 2026, elle présente sa première exposition personnelle à l’Institut des Cultures d’Islam, De tes jours aux nôtres, fruit d’une enquête menée dans le quartier de la Goutte d’Or sur les traces de l’arrivée de sa mère en France. Ce projet, entre mémoire intime et histoire collective, donne lieu à une installation mêlant dessins, peintures sous verre, archives visuelles et sonores, ainsi que des éléments liés aux cultures maliennes. L’exposition propose une réflexion sensible sur les trajectoires migratoires, les héritages familiaux et les formes de réconfort que l’on construit dans les espaces de déracinement. En 2027, Maymouna Baradji poursuit cette recherche dans le cadre d’une exposition collective à La Compagnie, à Marseille. Ce nouveau projet prolonge son travail autour des archives, de l’oralité et des récits fragmentés, en explorant la manière dont les images absentes ou incomplètes peuvent devenir des espaces de création, dans une démarche visant à faire émerger de nouvelles formes narratives à partir de ce qui manque, de ce qui a été oublié ou invisibilisé. https://drive.google.com/drive/folders/1j-PlIsb140-JCeVSRqWiDyVpDkpXcZQG
Articulation du parcours avec les projets de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Le projet proposé à la classe de 4ème du collège Fabien à Saint-Denis consiste en la création d’une frise collective construite à partir des récits, des imaginaires et des expériences des élèves. Pensée comme une « frise des individus de la classe », elle vise à s’émanciper des chronologies et hiérarchisations classiques pour faire émerger une narration commune, faite de fragments, de circulations et de croisements entre les histoires. Ce parcours s’inscrit en continuité directe avec la démarche artistique de Maymouna Baradji, qui explore les liens entre mémoire intime et collective, archives, récit et imaginaire. Dans son travail, notamment à travers l’exposition De tes jours aux nôtres à l’Institut des Cultures d’Islam ou ses ateliers de réactivation d’archives familiales, elle développe des formes qui s’éloignent des récits linéaires pour faire apparaître des voix multiples et des images recomposées. Les élèves seront amené·es à expérimenter plusieurs dimensions centrales de cette pratique. À travers des temps d’interviews en binôme, ils et elles apprendront à recueillir la parole de l’autre, à la reformuler et à la transformer en matière narrative. Ce travail d’écoute et de transmission, inspiré des méthodes documentaires de l’artiste, permettra de faire émerger des récits situés, nourris de souvenirs, de sensations et de projections. Parallèlement, un travail autour des archives sera engagé, à partir des albums de famille réels ou imaginés. Les élèves interrogeront ce qui compose une mémoire : ce qui est visible, ce qui manque, ce qui est transmis ou transformé. Ils produiront ensuite des formes visuelles, dessins, collages, écritures, en écho à ces récits, dans une logique de fragmentation et de recomposition propre à la pratique de l’artiste. La dimension collective sera centrale : chaque production individuelle viendra s’inscrire dans une composition d’ensemble, la frise, pensée comme une constellation d’histoires. Les élèves travailleront ainsi à articuler leur récit singulier avec celui des autres, en construisant des liens, des continuités ou des ruptures. Enfin, le projet intègre une dimension performative, avec un travail de lecture chorale et d’enregistrement. Les élèves seront invités à mettre en voix leurs textes, à expérimenter le rythme, la respiration et la présence, prolongeant ainsi le travail de l’artiste autour de l’oralité et de l’incarnation des récits.

2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)

Résumé en 4 lignes du parcours (thématique, contenu et objectifs du projet)
  • Le projet propose à une classe de 4e du collège Fabien de Saint-Denis de créer une frise collective à partir de leurs récits, souvenirs et imaginaires, en croisant écriture, dessin et travail sonore. À travers des interviews, des ateliers d’archives et des expérimentations plastiques, les élèves explorent leurs héritages et ceux des autres. Le parcours vise à développer l’écoute, l’expression personnelle et la création collective. Il aboutit à une œuvre mêlant textes, images et voix, reflet des identités multiples de la classe.

Accompagnement des enseignant.es

Co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques : méthodologie (préparation, groupe de travail, présentation des intervenant.es, ressources mises à disposition des professeur.e.s)
  • La co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques repose sur une approche collaborative favorisant la rencontre et l'interaction entre les acteur.ices du monde de l'éducation, de l'art et des médias. Cette démarche vise à créer un projet unique et adapté aux besoins spécifiques de chaque équipe éducative et groupe classe, en intégrant les savoirs, les expériences et les compétences variées de chaque participant·e. 1. Rencontre et partage d'expériences : Le projet est le fruit de la rencontre entre les différent.es acteur.ices (enseignant.e.s, chargé.e de projets, journaliste ou artiste) du projet. La rencontre est une étape initiale durant laquelle ils.elles partagent leurs envies, objectifs et compétences pour construire un projet commun. Cette approche respecte les savoir-faire et les identités de chacun·e, favorisant ainsi la créativité, la confiance et l'engagement au sein de l'équipe projet. 2. Association des équipes pédagogiques : Les équipes pédagogiques sont impliquées à toutes les étapes du projet, de sa conception à son évaluation. En année N-1, les enseignant·e·s partagent leurs objectifs généraux avec les chargé.es de projet de l’association, qui leur proposent de notes d’intention et des démarches portées par des artistes ou des journalistes qui puissent leur correspondre. Des rencontres et des échanges permettent d'affiner le projet et d'ajuster sa progression. 3. Présentation et réajustement : En septembre une réunion - organisée par le.la charge.é de projets au collège avec les enseignant.e.s et l’intervenant.e.- permet de préciser les attendus, spécifier les contraintes, visualiser les espaces, échanger sur les conditions matérielles et établir un premier calendrier des ateliers. À chaque étape du projet, des temps de présentation de séances, de séquences et de sorties sont organisés et le choix final des sorties est discuté avec les enseigant.es. Des moments de briefing/debriefing sont également prévus après chaque séance pour que les objectifs de chacun·e soient respectés et pour garantir l'appropriation du projet par les jeunes. 4. Accompagnement par le.la chargé.e de projets : Si besoin le projet et son objectifs sont réajustés en discutant en collectif pour coller à la réalité et progression réelle sur le terrain. Le.la chargé.e de projets de CJ propose des intervenant.es qualifié.es et/ou des ressources telles que des dossiers pédagogiques, des sites internet ou des ouvrages qui permettent de nourrir le projet et de relier les expériences et les savoirs.
L’intervenant.e (ou les intervenant.es) a/ont t-il.s/t-elle.s déjà mené un parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel.s collège.s, la/les ville.s et ce qui motive le renouvellement de sa/de leur candidature.
  • C'est la première fois que l'artiste Maymouna Baradji réalise un parcours dans le cadre du dispositif Culture et Art au Collège du département de la Seine-Saint-Denis.

L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures

Les ateliers (environ 20h) doivent être détaillés et le nombre d’heures, pour chacun d’eux, indiqué. Merci de préciser la répartition horaire par intervenant.e lorsqu'il y en a deux.
  • Le projet se déploie en deux temps de travail distincts, organisés en deux semaines de 5 séances chacune. Il articule collecte de récits, écriture, pratiques plastiques et restitution orale, en vue de la création d’une frise collective mêlant textes, images et voix. Séance 1 (2h) – Présentation et entrée dans le projet Présentation du travail de Maymouna Baradji et de la démarche de création. Introduction au projet de frise collective et premiers échanges avec les élèves autour des notions de récit de soi, de mémoire et d’imaginaire. Séance 2 (2h) – Récolter des récits : travail d’interview en binôme Initiation à la collecte de récits de vie. Les élèves travaillent en binôme et se présentent à travers un échange guidé : envies, rêves, projections, couleurs ou odeurs associées à leur histoire. Ce temps permet de constituer une première matière narrative. Séance 3 (2h) – Traduire le récit en image À partir des éléments racontés par leur camarade, les élèves sélectionnent des fragments narratifs et les traduisent en dessins. Un travail d’échange et d’ajustement est mené en binôme pour définir formes, couleurs et intentions. Séance 4 (2h) – Autoportrait indirect Les élèves explorent une forme d’autoportrait qui ne passe pas par le visage, mais par des signes, objets, symboles ou éléments narratifs. Il s’agit de réfléchir à d’autres manières de se représenter. Séance 5 (2h) – Archives Réflexion autour des albums de famille, réels ou imaginés : composition, figures présentes, géographies, formes. Les élèves sont invités à interroger leurs propres archives et à sélectionner des images ou éléments qu’ils souhaitent intégrer à la frise. Séance 6 (2h) – Écriture des récits Les élèves développent une histoire à partir des éléments construits précédemment. Ils imaginent le passé, le présent ou le futur de leur personnage, et tissent des liens avec les récits des autres. Des formes d’écriture collective (type cadavre exquis) peuvent être expérimentées. Séance 7 et 8 (4h) – Mise en forme plastique À partir des textes produits, les élèves réalisent dessins, collages, peintures ou compositions écrites. Un travail de sélection collective s’engage pour organiser les éléments en vue de la frise. Séance 9 (2h) – Début de la frise collective Transposition des éléments sur le support final. Les élèves commencent à structurer la composition collective : placement des formes, organisation des récits, premières interactions entre les productions. Séance 10 (2h) – finalisation frise et Lecture chorale et enregistrement Poursuite du travail de composition : ajout de couleurs, intégration des textes, ajustements et finitions. La frise prend sa forme finale comme œuvre collective. Parallèlement Travail de mise en voix des textes. Les élèves expérimentent la lecture collective et enregistrent une version sonore à partir de fragments écrits au cours des ateliers, recomposés en une narration commune.

Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique

Les sorties (environ 10 heures) sont en lien direct avec le projet et permettent d’enrichir le contenu. Elles développent et mettent en perspective l’univers professionnel de l’intervenant.e et sa pratique.
  • Nos partenaires culturels franciliens ne sont présentement pas tous en mesure de communiquer une programmation définitive à l’heure de déposer le présent dossier. Voici les principales directions, intentions, retenues dans la construction du parcours : - Visite guidée de l’exposition « HASSAN HAJJAJ + ACID ARAB » à la Philharmonie de Paris : « Le Musée de la musique accueille le panthéon musical du photographe, styliste et plasticien Hassan Hajjaj dans une installation qui célèbre la diversité de ses influences culturelles et la liberté de création. En écho, le groupe Acid Arab plonge le visiteur dans une alchimie musicale, avec une création électro, mêlant sons traditionnels du monde arabe, basses électroniques et pulsations globales. » L’exposition, mêlant photographie et musique, permettra de développer le regard et l’écoute des élèves. - Visite guidée de l’exposition « Une histoire photographique des émotions » au Jeu de Paume, afin de travailler sur les émotions et leur représentation sans le langage. - Musée national de l’histoire de l’immigration : L'exposition permanente du Musée retrace trois siècles d’histoire de l’immigration en France. Documents d’archives, peintures, sculptures, photographies, créations contemporaines et parcours individuels : près de 600 œuvres et objets écrivent une autre histoire de France, une histoire intimement liée aux échanges et circulations de population de 1685 à aujourd’hui. - Un spectacle jeune public autour de la construction de l’identité pourra être proposé selon la programmation francilienne de nos partenaires.

L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet

Les temps de réflexion / débats sont animés par les intervenant.e.s et les enseignant.e.s. Ils permettent aux élèves de développer leurs connaissances et d’approfondir une thématique. Ils offrent un espace de débat et de réflexivité sur le projet en cours. Des intervenant.e.s ponctuel.le.s peuvent également animer certaines séances.
  • Ces temps permettent aux élèves de prendre du recul sur leur projet et de faire apparaître les liens existants entre les ateliers et les différents éléments du parcours culturel, ils seront consacrés à : - La présentation du projet en classe, avec la chargée de projets de Citoyenneté Jeunesse. - La création du lien entre les différentes étapes du projet (temps d’ateliers, sorties, rencontres… Des temps d’échange avec l’intervenant.e pour permettre à chacun d’exprimer ses «ressentis» sur l’atelier pratique. - La création d’un carnet de bord individuel compilant les expériences liées au projet et les photographies des élèves. Chacun.e s’en servira comme un moyen pour s’exprimer, formaliser sa pensée et collecter des informations utiles à la démarche du projet. - Un bilan en fin de projet - D’autres temps forts en classe seront mis en place pour enrichir l’atelier : - Intervention de l’historienne de l’art Charlotte Nadelmann pour découvrir différente façon de faire le récit de soi dans l’histoire de l’art. - Un atelier en classe avec les archives départementales de la Seine-Saint-Denis. À travers la découverte de documents originaux (correspondances, photographies, affiches...), les élèves exploreront la manière dont le passé se conserve, se classe et peut être réinterprété graphiquement. L’atelier proposera un travail d’observation, de reproduction ou de réécriture graphique à partir de documents choisis. - Atelier en classe avec une plasticienne et une philosophe de l’association Philomoos pour répondre à la question : qu’est-ce que l’art transforme ? L’atelier est pensé en deux étapes mêlant débat philosophique et création plastique. PHILO : L’art et la figuration sont communs à toutes les cultures. Manifestation de l’empreinte de l’humain dans son environnement, l’art transforme le monde. Cette réflexion entremêle l’art aux fondements des sociétés humaines. CRÉATION : Création d’une affiche portant un “message”. L’art engagé est une des facettes des fonctions de l’art explorée lors de cet atelier créatif

La restitution, temps de cloture du projet

Un temps de restitution/valorisation et un temps de clôture/bilan du parcours permettent de mettre en partage le travail mené et d'encourager la réflexivité.
  • La restitution prendra la forme d’un vernissage pour présenter l’installation aux familles, membre de la communauté éducative et autres élèves du collège. Ça sera un temps convivial permettant de valoriser le processus de travail des élèves à travers une présentation réalisée par elles et eux. Nous pourrions également l’imaginer sous la forme d’un atelier ouvert invitant les visiteur.seuses à expérimenter une des techniques plastiques de l’artiste pour compléter la fresque réalisée par les élèves grâce à d’autres récits qui s’y associent. Cela pourra être discuté au moment de la mise en place du projet dans l’établissement pour identifier sa faisabilité.

Implication active des collégien.nes dans le processus (dimensions participative et inclusive)

Dimensions participative et inclusive (contenu du parcours et méthodologie)
  • Dans notre approche pédagogique, fortement influencée par les principes de l'éducation populaire et des droits culturels, nous plaçons l'implication active des élèves au cœur du processus éducatif. Les projets de CJ les encouragent à devenir de véritables acteur.ices du projet, favorisant ainsi une appropriation authentique et stimulant leur esprit critique. Construction d'un environnement collaboratif et ouvert : Nous offrons aux élèves un espace libre et collaboratif où ils peuvent exprimer leurs idées, émotions et questions, devenant ainsi des contributeurs essentiels à la création en cours. Chaque étape est co-conçue avec eux, ce qui favorise leur liberté d'expression, d'appropriation et de responsabilisation. Des discussions préliminaires sur les thèmes de la citoyenneté et de la participation les préparent à s'investir pleinement dans le projet. Développement des compétences d'écoute active et de co-création : Dès sa conception, l'atelier valorise la parole individuelle au sein du collectif représenté par la classe et stimule la créativité des élèves. Il s'adapte aux problématiques émergentes du débat, du dialogue, du travail de groupe et de la création. Le·la chargé·e de projets accompagne l’artiste ou le·la journaliste pour que chaque proposition se transforme en une expérience vécue, où chacun·e voit sa parole prise en compte et partage ses savoirs. Apprendre en pratiquant : Dans les ateliers CAC, ils permettent aux élèves de se familiariser avec les outils techniques de création (écriture, arts visuels, design textile, théâtre ….) et d’exprimer leur créativité. Dans le cadre de ce projet, cette approche participative prend une forme particulièrement concrète. Chaque élève est tour à tour enquêteur·rice, narrateur·rice et créateur·rice : il ou elle recueille la parole d’un·e camarade par l’interview, la traduit en images (dessin, collage) puis contribue à l’écriture et à la composition d’un récit commun. Le travail sur les archives, réelles ou imaginées, permet également d’inclure des histoires familiales, culturelles ou sensibles, dans un cadre sécurisé et choisi par les élèves. La frise finale, construite collectivement, devient ainsi un espace de représentation partagé, où les singularités coexistent sans être hiérarchisées. Enfin, la lecture chorale et l’enregistrement des textes renforcent cette dimension inclusive en donnant à entendre une pluralité de voix, dans une mise en commun qui valorise chaque contribution au sein du groupe.

Prise en compte de l’égalité Femmes-Hommes au sein du parcours (sous quelle forme, avec quels outils… ?)

La thématique de l'égalité femmes-hommes est-elle abordée au sein du parcours? De quelle(s) façon(s) la méthodologie de travail permet-elle de prendre en compte les enjeux de l'égalité femmes-hommes ?
  • Dans tous les parcours initiés par Citoyenneté Jeunesse, l'égalité femmes-hommes est une priorité dès la phase de conception. L'association s'efforce de combattre les stéréotypes de genre et les traitements différenciés à chaque étape du projet, en veillant à ce que les contenus, les thématiques de travail et la répartition des rôles ne soient pas déterminés par le genre. Encadrement inclusif par les chargé·e·s de projets : Les chargé.e.s de projets de l’association sont sensibilisé.es à la prise en compte de cette problématique. Ils.Elles veillent à adopter, dans leurs échanges avec les élèves, un vocabulaire inclusif par la féminisation des noms : « les citoyens et les citoyennes », veillent à une répartition équitable de la parole… Sensibilisation et engagement des intervenant·e·s artistiques et journalistiques : Les artistes et journalistes intervenant.es sont selectionné.es en prenant en compte question de l'égalité femmes-hommes. Ils.Elles intègrent cette perspective dans leur pratique artistique ou journalistique, ainsi que dans leur démarche de transmission, contribuant ainsi à sensibiliser les participant.e.s à ces enjeux. Un paragraphe de notre convention avec elleux spécifie les obligations en termes de vigilance et dénonciation des violences sexistes et sexuelles. Intégration de temps dédiés à la réflexion sur l'égalité femmes-hommes : Autant que possible, cette thématique peut être abordée à travers la rencontre avec des intervenant.e.s extérieur.e.s, intégrée dans la thématique même du projet, ou encore discutée durant les ateliers et/ou le parcours culturel. Ainsi, les participant.e.s sont encouragé.e.s à réfléchir aux enjeux de l'égalité femmes-hommes et à explorer les moyens de les intégrer dans leur pratique artistique ou journalistique. Ainsi, l’association veille à proposer une mixité d’intervenant.es pour donner à voir une pluralité de modèle et de présentation. Elle valorise également des parcours de femmes et d’hommes dans des secteurs où ils.elles sont sous-représenté.es.

Intégration de mesures liées à la transition écologique

Avez-vous mis en place, dans votre structure ou dans la mise en œuvre de vos projets des mesures spécifiques liées à la transition écologique ? Et comptez-vous mettre en place des mesures spécifiques dans le cadre du parcours déposé ?.
  • La préoccupation environnementale est intégrée de manière transversale dans les actions de Citoyenneté Jeunesse, dans la mise en œuvre des projets, et parfois dans les contenus pédagogiques. Dans la mise en œuvre et les actions, l’association veille à limiter son impact environnemental à travers des pratiques concrètes : réduction des impressions (recto-verso, papier recyclé), attention portée à la sobriété numérique, mutualisation et réemploi du matériel, limitation des achats jetables. Une réflexion est également menée sur les temps de convivialité, en privilégiant des alternatives aux produits industriels et en réduisant les emballages plastiques. Les déplacements professionnels privilégient les transports en commun et les mobilités douces. Dans le cadre des projets, les équipes encouragent également les établissements partenaires à recourir à ces modes de transport pour les sorties culturelles. Par ailleurs, plusieurs membres de l’équipe ont été sensibilisés à la Fresque du climat, renforçant la compréhension des enjeux environnementaux et la capacité de l’association à les intégrer dans ses actions. L’association porte également une attention particulière à la maîtrise de ses consommations énergétiques (chauffage, électricité), avec un objectif de réduction progressive de son empreinte. Dans ses locaux, cela se traduit notamment par une gestion raisonnée des espaces chauffés et des usages énergétiques. Sur le plan des contenus, les enjeux écologiques et d’éco-citoyenneté sont régulièrement abordés avec les jeunes, soit comme thématique centrale (rapport au territoire, au vivant, aux ressources), soit de manière transversale dans les projets artistiques et d’éducation aux médias. La majeure partie des déplacements se feront en transport en commun en prenant toujours le soin d’expliquer aux élèves les raisons de ce choix pour les sensibiliser à cette démarche.

Implication active de la famille dans le parcours

Les parents sont conviés à un temps de présentation et / ou aux temps forts du parcours (sorties, restitution…).
  • Les questions liées à la parentalité et au lien familial sont une des préoccupations de Citoyenneté Jeunesse (CJ) et de ses partenaires institutionnels, associatifs et culturels. Cette prise de conscience nécessite des échanges et une réflexion continue pour mettre en œuvre les bonnes pratiques identifiées lors de ces échanges. Pour favoriser l'implication des familles dans les projets, la co-éducation, CJ s'efforce de les informer et de les inclure, leur permettant ainsi de découvrir l'école autrement que par le biais des traditionnelles remises de bulletin ou convocations. L'objectif est double : • Permettre aux parents de considérer les pratiques artistiques et culturelles comme des leviers de développement pour leurs enfants, contribuant ainsi à leur épanouissement et leur réussite. • Renforcer le lien entre la famille et l'école, favorisant ainsi la collaboration au sein de l'équipe éducative. • Possibilité d’imaginer des ateliers de pratique partagés entre les élèves et leurs parents en présence des intervenant.es, d’inclure les parents comme personnes expertes ou de les solliciter pour des entretiens. D'autres initiatives pourront être envisagées en fonction de l'évolution du projet, de la dynamique de la classe et des compétences particulières des parents, comme des ateliers ouverts ou l'appel à leur participation pour des activités spécifiques. Concrètement, plusieurs actions sont prévues ou déjà mises en place : • Inclusion dans le document de demande de droit à l’image d’une présentation du projet et de l’association et volonté de créer un QR code pour mettre à disposition une version orale de ce texte pour les parents qui auraient des difficultés de lecture. • Information des parents par le biais d'une lettre/info sur le projet et la démarche de l'association, ainsi que leur invitation à suivre les projets de CJ sur les réseaux sociaux. • Invitation de quelques parents à participer aux sorties organisées dans le cadre du projet (2 à 3 parents par sortie). • Mise en place d'un point projet lors de la remise des bulletins au fil de l'année. Souvent ce sont les enseignant.es qui présentent le projet dans les réunions avec les parents ou lors des remises des bulletins. • Inviter les parents aux restitutions (en tenant compte de leurs contraintes horaires et en imaginant des restitutions sur le territoire)
Le parcours propose des modalités innovantes visant à favoriser l’implication et la participation des familles.
  • Dans le cadre du projet mené avec la classe de 4e du collège Fabien de Saint-Denis, l’implication des familles est pensée en lien direct avec le travail autour des récits, des archives et des mémoires. Les élèves sont invité·es, s’ils et elles le souhaitent, à échanger avec leurs proches autour de souvenirs, d’histoires familiales, de photographies ou d’objets significatifs pouvant nourrir la création de la frise collective. Cette démarche permet d’ouvrir un espace de dialogue intergénérationnel, où les familles deviennent des ressources actives du projet, sans être mises en difficulté ni contraintes. Certaines traces (récits, images, fragments) pourront ainsi être intégrées au travail des élèves, dans le respect de ce que chacun·e souhaite partager. Par ailleurs, les familles seront conviées à la restitution finale, moment de valorisation du travail mené, comprenant la présentation de la frise et une mise en voix collective des textes. Ce temps permet de rendre visible le processus de création et de renforcer le lien entre l’établissement, les élèves et leurs environnements familiaux, en reconnaissant la richesse des héritages et des récits portés par chacun·e.

3. Co-construction du parcours

Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel ou de son volet lié à la citoyenneté. Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, liens avec d'autres projets, chantiers d'étape ...).
  • Le parcours s’inscrit dans les axes du projet d’établissement du collège Fabien, notamment en matière d’ouverture culturelle, de maîtrise de l’oral et de réussite de tous les élèves. Il répond concrètement à l’objectif de développer la confiance et l’expression des élèves, en particulier à travers des situations d’apprentissage variées : interviews en binôme, écriture de récits personnels, mise en voix collective et restitution publique. Ces dispositifs permettent de travailler des compétences souvent fragiles chez les élèves (prise de parole, structuration de la pensée, écoute de l’autre). Le projet contribue également à renforcer la cohésion de la classe. En faisant circuler les récits entre élèves (chacun travaillant à partir de l’histoire d’un autre), il favorise l’écoute, la coopération et la reconnaissance des singularités au sein du groupe. Il participe enfin à l’ouverture culturelle des élèves, en les mettant en contact direct avec une artiste contemporaine et des lieux culturels, et en les engageant dans une pratique artistique exigeante, valorisée par une restitution au sein du collège. Cette restitution pourra être présentée à d’autres classes et à la communauté éducative, afin de diffuser le projet à l’échelle de l’établissement.
L’Espace Numérique de Travail du collège, est-il utilisé pour faciliter l’organisation du projet et/ou comme support de communication et de valorisation ?
  • Les outils numériques pourront être mobilisés comme supports de suivi et de valorisation du projet. Les élèves pourront utiliser l’ENT pour conserver une trace de leur travail (photographies des productions, textes écrits, enregistrements sonores). Un carnet de bord numérique pourra également être envisagé afin de documenter les différentes étapes du projet. Par ailleurs, les productions finales (frise, enregistrements sonores) pourront faire l’objet d’une valorisation via les outils numériques de l’établissement (site du collège, ENT), dans le respect du droit à l’image. Le projet pourra également s’appuyer sur la classe média de l’établissement afin de réaliser un podcast à partir des lectures chorales et des récits produits par les élèves. Ce travail permettra d’aborder les enjeux de l’expression orale, de la mise en voix et de la diffusion médiatique, tout en initiant les élèves aux pratiques de l’éducation aux médias et à l’information (EMI).
Les enseignant.es souhaitent-ils.elles s’investir dans les médias départementaux pour rendre compte des expériences et productions des élèves ?
  • OUI
Liens du parcours avec les enseignements, les objectifs pédagogiques (par discipline)
  • Le parcours s’inscrit dans les attendus des programmes d’arts plastiques du cycle 4 : « expérimenter, produire, créer » et « mettre en œuvre un projet artistique ». Les élèves réalisent des productions plastiques variées (dessin, collage, composition collective) à partir de récits recueillis en classe, et participent à la création d’une œuvre commune (frise). En français, le projet mobilise des compétences liées à « l’expression orale » et à « l’écriture de création » : les élèves mènent des interviews, rédigent des textes et participent à une lecture chorale enregistrée, ce qui renforce leur capacité à structurer et partager une parole. Des liens sont établis avec l’histoire-géographie et l’EMC à travers les notions de mémoire, d’identité et de diversité des parcours. Le projet contribue également à l’acquisition de compétences du socle commun, en particulier : • Domaine 1 : « les langages pour penser et communiquer » (écriture, oral, langage artistique) • Domaine 3 : « la formation de la personne et du citoyen » (écoute, respect de l’autre, expression de soi) • Domaine 5 : « les représentations du monde et l’activité humaine » (récits de vie, mémoire, culture) Les élèves développent ainsi des compétences concrètes : coopérer, écouter, produire, s’exprimer et construire une réflexion personnelle au sein d’un projet collectif. Le projet mobilise pleinement les trois piliers de l’EAC : la rencontre avec une artiste, la pratique artistique et l’acquisition de connaissances.

Application MICACO | Date : 01/07/2026