Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège
Edition | Année parcours : 2026
Informations sur le parcours à la date du : 01/07/2026
Le roman-photo sur scène
Coordonnées du collège
- Collège affecté : Collège Georges Politzer
- Ville : MONTREUIL
- Classe : autre
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Coordonnées de la structure
- Nom de la structure : Citoyenneté Jeunesse
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Coordonnées de la personne ressource
- Identité : Madame Chiara Dacco
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1. Articulation avec un processus de création :
Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir
Projets en cours ou à venir de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
- Esther Moreira est autrice, metteuse en scène et comédienne, formée en Études Théâtrales à la
Sorbonne-Nouvelle, au conservatoire Jacques Ibert et titulaire d’un Master professionnel Mise en scène et Dramaturgie de Université Paris Nanterre. Elle créée en 2020 sa Compagnie « Écraser des mouches » pour monter son premier spectacle, « Montrer les dents ».
Son travail mêle écriture contemporaine et recherche dramaturgique, avec une attention particulière aux récits intimes et politiques. Elle écrit et met ainsi en scène « Montrer ses Dents » (Festival Fragments #10, Théâtre des Déchargeurs) puis « Trop d’amour », présenté au Festival du Nouveau Théâtre de l’Atalante et en tournée nationale. La pièce, en tournée pour la deuxième année en 2025-2026, aborde la question de la transmission : elle met sur scène un mashup d’histoires de sa propre grand-mère, bilingue franco-portugaise, dans un spectacle musical fêtant le récit comme une célébration et dressant un portrait de cette femme, de sa langue, de l’Histoire de la diaspora.
Elle collabore également comme assistante à la mise en scène auprès de Léo Cohen-Paperman, autour de sa série Huit Rois - Nos présidents. En parallèle, elle développe un important travail de transmission à travers des ateliers d’écriture et de jeu auprès de lycéens, de publics seniors et de structures sociales.
Elle travaille actuellement à la production et l’écriture de son prochain spectacle, « Soigner », qui sortira de création à l’automne 2027. Se forme fictionnelle, il portera sur le quotidien des soignants à l’hôpital public, s’appuyant cependant sur une multitude de rencontres et d’entretiens menés par Esther Moreira. La pièce mêlera ainsi les trajectoires, les regards subjectifs, dressant un portrait intime de l’hôpital et du rapport des soignant.es à leur métier.
L’intime et le témoignage, tant dans « Trop d’amour » que dans « Soigner », prennent une place prépondérante chez Ether Moreira. Les paroles subjectives recueillies lors d’entretiens sont un matériau sur lequel elle s’appuie pour proposer des spectacles fictionnels touchant l’intime, l’émotion et le récit personnel, qui créent finalement un lien avec le politique ou la Grande Histoire.
Articulation du parcours avec les projets de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
- Esther Moreira propose de créer avec les élèves UPE2A du collège Maï et Georges Politzer de Montreuil une forme théâtrale inspirée du « roman-photo », adaptée à un public allophone en partant de l’image, du corps et de la musique pour amener progressivement les élèves à la parole et à l’écriture. L’objectif est d’amener les élèves, à partir d’images et de musiques qu’ils.elles auront apporté, à inventer des histoires et à les présenter dans des suites d’images vivantes et dialoguées.
« Ce projet utilise le théâtre comme outil d’expression, de communication et d’intégration. À travers un travail progressif, les élèves développent leur confiance, leur créativité et leur rapport à la langue française, en partant d’abord du corps et des émotions avant d’aller vers la parole ».
Le travail est ainsi pensé en 3 phases : une première sera dédiée à une initiation au théâtre par divers exercices ludiques permettant de travailler le corps, les expressions et émotions, et introduisant au fur et à mesure le langage ; une seconde phase de conception s’attardera à récolter des histoires, vraies ou fausses, à partir d’images et de chansons proposés par les élèves pour créer un roman-photo théâtral ; enfin, la dernière étape du projet sera consacrée à la mise en forme et aux répétitions de la présentation finale.
Ce travail fait écho à au processus de création de la metteuse en scène, qui s’appuie dans la construction de ses pièces sur la récolte de paroles subjectives pour construire des formes allant vers la fiction tout en s’ancrant dans des vécus, des émotions, de l’intime. Elle adapte ici cette démarche aux élèves allophones, en proposant qu’ils.elles créent leur roman-photo théâtral en s’appuyant sur des images et musiques (et non des entretiens) pour raconter des histoires, réelles ou inventées.
Les élèves seront accompagné.es par Esther Moreira tout au long de ce parcours pour s’approprier au maximum la création théâtrale. Elle mobilisera durant les ateliers différents outils pour que chacun.e puisse se sentir à l’aise avec le jeu et entre dans l’expression sans dépendre de uniquement de la langue : échauffements corporels, jeux d’improvisation, travail sur les émotions, construction de tableaux, exploration de la voix. Son « rôle consiste à créer un cadre à la fois exigeant et bienveillant, qui permet aux élèves d’oser, d’expérimenter et de développer une expression personnelle, tout en participant à une œuvre collective ». Elle accompagnera les élèves sans la formulation et la structuration de la matière artistique afin d’assurer une cohérence tout en veillant à ce que les idées de chacun.e soient intégrées. Selon les contenus musicaux et images qui seront proposés par les élèves et les histoires qu’ils.elles souhaiteront mettre en avant, différentes thématiques pourront ainsi être abordées : « à travers les situations jouées, les émotions exprimées et les récits construits, les élèves sont amenés à explorer des thèmes comme l’altérité, le regard de l’autre, l’injustice ou encore le sentiment d’appartenance. »
2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)
Résumé en 4 lignes du parcours (thématique, contenu et objectifs du projet)
- Esther Moreira propose de mener avec les UPE2A un atelier de théâtre qui part de l’image, du corps et de la musique pour amener progressivement à la parole et à l’écriture. Le travail commence par des exercices de jeux théâtraux, puis les élèves inventent des histoires à partir d’images et de chansons qu’ils.elles auront apporté. Ces matériaux deviennent une forme théâtrale construite, proche d’un « roman-photo » vivant, avec images, musique et scènes dialoguées.
Accompagnement des enseignant.es
Co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques : méthodologie (préparation, groupe de travail, présentation des intervenant.es, ressources mises à disposition des professeur.e.s)
- La co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques repose sur une approche collaborative favorisant la rencontre et l'interaction entre les acteur.ices du monde de l'éducation, de l'art et des médias. Cette démarche vise à créer un projet unique et adapté aux besoins spécifiques de chaque équipe éducative et groupe classe, en intégrant les savoirs, les expériences et les compétences variées de chaque participant·e.
1. Rencontre et partage d'expériences : Le projet est le fruit de la rencontre entre les différent.es acteur.ices (enseignant.e.s, chargé.e de projets, journaliste ou artiste) du projet. La rencontre est une étape initiale durant laquelle ils.elles partagent leurs envies, objectifs et compétences pour construire un projet commun. Cette approche respecte les savoir-faire et les identités de chacun·e, favorisant ainsi la créativité, la confiance et l'engagement au sein de l'équipe projet.
2. Association des équipes pédagogiques : Les équipes pédagogiques sont impliquées à toutes les étapes du projet, de sa conception à son évaluation. En année N-1, les enseignant·e·s partagent leurs objectifs généraux avec les chargé.es de projet de l’association, qui leur proposent de notes d’intention et des démarches portées par des artistes ou des journalistes qui puissent leur correspondre. Des rencontres et des échanges permettent d'affiner le projet et d'ajuster sa progression.
3. Présentation et réajustement : En septembre une réunion - organisée par le.la charge.é de projets au collège avec les enseignant.e.s et l’intervenant.e.- permet de préciser les attendus, spécifier les contraintes, visualiser les espaces, échanger sur les conditions matérielles et établir un premier calendrier des ateliers. À chaque étape du projet, des temps de présentation de séances, de séquences et de sorties sont organisés et le choix final des sorties est discuté avec les enseigant.es. Des moments de briefing/debriefing sont également prévus après chaque séance pour que les objectifs de chacun·e soient respectés et pour garantir l'appropriation du projet par les jeunes.
4. Accompagnement par le.la chargé.e de projets : Si besoin le projet et son objectifs sont réajustés en discutant en collectif pour coller à la réalité et progression réelle sur le terrain. Le.la chargé.e de projets de CJ propose des intervenant.es qualifié.es et/ou des ressources telles que des dossiers pédagogiques, des sites internet ou des ouvrages qui permettent de nourrir le projet et de relier les expériences et les savoirs.
Dans le cadre du travail avec les élèves d’UPE2A, cette approche collaborative se matérialisera d’autant plus dans le dialogue avec la professeure de français de la classe, pour proposer des contenus permettant à la fois de travailler la langue avec les élèves tout en adaptant les propositions au niveau réel et/ou attendu de chacun.e en français.
L’intervenant.e (ou les intervenant.es) a/ont t-il.s/t-elle.s déjà mené un parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel.s collège.s, la/les ville.s et ce qui motive le renouvellement de sa/de leur candidature.
- L’intervenante n’a jamais mené de parcours CAC avec Citoyenneté jeunesse. Elle sera accompagnée dans la mise en place du parcours selon les modalités précisées plus haut.
L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures
Les ateliers (environ 20h) doivent être détaillés et le nombre d’heures, pour chacun d’eux, indiqué. Merci de préciser la répartition horaire par intervenant.e lorsqu'il y en a deux.
- PHASE 1 : Rencontre et initiation au théâtre
Séance 1 (2h) : Présentation de l’intervenante et du groupe. Puis, Initiation au théâtre : échauffement, jeux, exercices de choralité et d’écoute. Premier travail autour de tableaux et d’émotions de façon ludique et joyeuse, dans l’objectif de faire comprendre que l’histoire peut passer par le corps et l’expressivité, pas par les mots.
Séance 2 (2h) : Imiter et s’approprier. Travail d’imitation à partir d’audio ou de vidéo. Les élèves retiennent les mouvements, imitent la langue, les intonations, les émotions. Le but n’est pas d’être le plus réaliste mais de s’approprier le contenu, d’en présenter une version personnelle.
Séance 3 (2h): Aller vers le théâtre parlé.
Esther ramène des supports picturaux de jeu et de récit : photos, livres d’images... Les élèves s’appuient sur cette matière pour aller vers un théâtre parlé, sans utiliser le français : en grommelot ou dans la première langue des participants.
PHASE 2 : Concevoir le projet
Séance 4 (2h) : Tirer des histoires des images. Les élèves ramènent eux même des supports, de la matière sur laquelle travailler. Ils.elles Racontent ensuite en improvisant, (peu importe le niveau de langue) des histoires vraies ou fausses autour de ces images. Esther prend notes des histoires pour avoir une trace.
Séance 5 (2h): Tirer des histoires des chansons. Les élèves ramènent des chansons et font un travail d’improvisation en les écoutant : « Pour moi, qu’est-ce que raconte cette chanson ? » Esther prend note des histoires pour avoir une trace.
Séance 6 (2h): Le « roman-photo »
Travailler « un roman-photo » théâtral : une suite d’images vivantes, de tableaux musicaux, formés par les élèves, à partir des histoires tirées des images et des chansons.
PHASE 3 : Aller vers la forme finale
Séance 8 (2h): Improviser des dialogues.
Retravail du « roman-photo ». Choix des scènes à travailler en scènes théâtrales avec dialogues. Esther prend notes des improvisations.
Séance 9 (2h) : Écrire. Reprise du « roman-photo » en y intégrant les improvisations de la dernière séance. Écriture de petits textes sur les chansons et images choisies.
Séance 10 (2h) : S’approprier la forme finale. Esther revient avec une forme finale écrite, qui y insère les petits textes de la dernière séance. Répétitions afin de faire une présentation publique de cette forme théâtrale.
Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique
Les sorties (environ 10 heures) sont en lien direct avec le projet et permettent d’enrichir le contenu. Elles développent et mettent en perspective l’univers professionnel de l’intervenant.e et sa pratique.
- Les sorties proposées dans le cadre de ce projet auront à la fois pour objectif de constituer un parcours de spectateur valorisant différentes formes d’expressions, qui permettent de raconter des histoires par le langage du corps, par l’émotion, par la musique et par l’image :
- Spectacle « Dimanche », théâtre du Rond-Point : « D’une poésie folle, ce spectacle est un enchantement visuel, foisonnant d’inventions scéniques, qui mélange marionnettes, manipulation d’objets, théâtre gestuel et cinéma muet. Cette création insolite tend un miroir déformé jusqu’à l’absurde à nos aveuglements entêtés et nos stratégies de déni face au dérèglement climatique. » Le spectacle permettra aux élèves de découvrir une forme narrative théâtrale muette, qui raconte pourtant une histoire complexe.
- Visite guidée de l’exposition « Une histoire photographique des émotions » au Jeu de Paume, afin de travailler sur les émotions et leur représentation sans le langage.
- Visite guidée de l’exposition « HASSAN HAJJAJ + ACID ARAB » à la Philharmonie de Paris : « Le Musée de la musique accueille le panthéon musical du photographe, styliste et plasticien Hassan Hajjaj dans une installation qui célèbre la diversité de ses influences culturelles et la liberté de création. En écho, le groupe Acid Arab plonge le visiteur dans une alchimie musicale, avec une création électro, mêlant sons traditionnels du monde arabe, basses électroniques et pulsations globales. » L’exposition, mêlant photographie et musique, permettra de développer le regard et l’écoute des élèves sur ces deux disciplines présentes au sein de leur projet.
- Selon les programmations des théâtres en 2026-2027, un autre spectacle sera proposé pour découvrir des formes de spectacle vivant, en danse, en marionnette ou en cirque par exemple. Le théâtre Le Mouffetard, dédié aux arts de la marionnette, est particulièrement pressenti (en lien avec l’intervention en classe d’un.e artiste associé au Théâtre).
L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet
Les temps de réflexion / débats sont animés par les intervenant.e.s et les enseignant.e.s. Ils permettent aux élèves de développer leurs connaissances et d’approfondir une thématique. Ils offrent un espace de débat et de réflexivité sur le projet en cours. Des intervenant.e.s ponctuel.le.s peuvent également animer certaines séances.
- Les temps de réflexion proposés dans le cadre de ce parcours auront tout d’abord comme objectif de favoriser une meilleure compréhension des enjeux et étapes du projet pour les élèves :
- Une présentation de projet par la chargée de projets Citoyenneté Jeunesse pour expliciter les enjeux et le cadre dans lequel s’inscrit ce projet
- Des temps de discussion réguliers durant les ateliers et en dehors pour expliciter la démarche, préparer les sorties et échanger sur la thématique du projet au fil des découvertes.
- En classe, des temps de focus sur un aspect de la thématique en lien avec les matières enseignées et le programme.
- Un temps de bilan à la fin du projet pour recueillir les retours des élèves, récapituler l’ensemble du parcours, échanger et débattre autour du sujet au regard des connaissances acquises.
D’autres temps pourront être organisés pour échanger et élargir la réflexion avec les élèves, selon le niveau des élèves en français et en concertation avec l’équipe pédagogique :
- Intervention-débat en philosophie avec Anna Touatti, adapté à un public allophone : qu’est-ce que l’art ? Est-il essentiel ? Peut-il nous permettre de nous exprimer autrement ?
- Intervention en classe du théâtre Le Mouffetard à partir la « Valise formes et marionnettes » : « Un sac de voyage noir, tentaculaire (et manipulable !) abrite une marionnette portée de taille humaine qui elle-même recèle en son ventre sept formes colorées, comme des « doudous » abstraits. Mis en jeu, ils permettent de comprendre comment un même objet peut servir à créer différents personnages, selon la position, le regard et le mouvement. » L’intervention, durant laquelle les élèves manipulent également les marionnettes, permettra de faire découvrir une autre forme de théâtre et de travailler sur le regard et les jeux de positions.
La restitution, temps de cloture du projet
Un temps de restitution/valorisation et un temps de clôture/bilan du parcours permettent de mettre en partage le travail mené et d'encourager la réflexivité.
- La restitution prendra la forme d’une représentation du spectacle des élèves en présence de la communauté éducative, des parents et des camarades invité.e.s. Elle pourra avoir lieu dans un lieu partenaire ou au sein du collège, et sera précédée d’un temps de présentation de leur projet et de ses étapes par les élèves. Enfin, élèves et public partageront un pot durant lequel chacun.e aura le temps d’échanger, à partir de photos du projet et de ses étapes disposées dans l’espace.
Implication active des collégien.nes dans le processus (dimensions participative et inclusive)
Dimensions participative et inclusive (contenu du parcours et méthodologie)
- Dans notre approche pédagogique, fortement influencée par les principes de l'éducation populaire et des droits culturels, nous plaçons l'implication active des élèves au cœur du processus éducatif. Les projets de CJ les encouragent à devenir de véritables acteur.ices du projet, favorisant ainsi une appropriation authentique et stimulant leur esprit critique.
Construction d'un environnement collaboratif et ouvert : Nous offrons aux élèves un espace libre et collaboratif où ils peuvent exprimer leurs idées, émotions et questions, devenant ainsi des contributeurs essentiels à la création en cours. Chaque étape est co-conçue avec eux, ce qui favorise leur liberté d'expression, d'appropriation et de responsabilisation. Des discussions préliminaires sur les thèmes de la citoyenneté et de la participation les préparent à s'investir pleinement dans le projet.
Développement des compétences d'écoute active et de co-création : Dès sa conception, l'atelier valorise la parole individuelle au sein du collectif représenté par la classe et stimule la créativité des élèves. Il s'adapte aux problématiques émergentes du débat, du dialogue, du travail de groupe et de la création. Le·la chargé·e de projets accompagne l’artiste ou le·la journaliste pour que chaque proposition se transforme en une expérience vécue, où chacun·e voit sa parole prise en compte et partage ses savoirs.
Apprendre en pratiquant : Dans les ateliers CAC, ils permettent aux élèves de se familiariser avec les outils techniques de création (écriture, arts visuels, design textile, théâtre ….) et d’exprimer leur créativité.
Bilan partagé : En fin d’année le, la chargé.e de projet de l’association propose un bilan partagé avec les élèves au cours duquel ils.elles pourront exprimer leur perception du parcours, partager leurs acquis, exprimer leurs ressentis et discuter de leur capacité à agir sur le monde.
Ici, l’ensemble du parcours est pensé pour être adapté à un public allophone, en proposant des supports, exercices, découvertes culturelles favorisant la créativité et l’expression sans rendre la langue indispensable : « La démarche est pensée pour rendre les élèves pleinement acteurs et valoriser leurs apports tout au long du projet. Dès le départ, leurs langues, leurs références culturelles et leurs expériences personnelles sont reconnues comme des ressources. »
Prise en compte de l’égalité Femmes-Hommes au sein du parcours (sous quelle forme, avec quels outils… ?)
La thématique de l'égalité femmes-hommes est-elle abordée au sein du parcours? De quelle(s) façon(s) la méthodologie de travail permet-elle de prendre en compte les enjeux de l'égalité femmes-hommes ?
- Dans tous les parcours initiés par Citoyenneté Jeunesse, l'égalité femmes-hommes est une priorité dès la phase de conception. L'association s'efforce de combattre les stéréotypes de genre et les traitements différenciés à chaque étape du projet, en veillant à ce que les contenus, les thématiques de travail et la répartition des rôles ne soient pas déterminés par le genre.
Encadrement inclusif par les chargé·e·s de projets : Les chargé.e.s de projets de l’association sont sensibilisé.es à la prise en compte de cette problématique. Ils.Elles veillent à adopter, dans leurs échanges avec les élèves, un vocabulaire inclusif par la féminisation des noms : « les citoyens et les citoyennes », veillent à une répartition équitable de la parole…
Sensibilisation et engagement des intervenant·e·s artistiques et journalistiques : Les artistes et journalistes intervenant.es sont selectionné.es en prenant en compte question de l'égalité femmes-hommes. Ils.Elles intègrent cette perspective dans leur pratique artistique ou journalistique, ainsi que dans leur démarche de transmission, contribuant ainsi à sensibiliser les participant.e.s à ces enjeux. Un paragraphe de notre convention avec elleux spécifie les obligations en termes de vigilance et dénonciation des violences sexistes et sexuelles.
Intégration de temps dédiés à la réflexion sur l'égalité femmes-hommes : Autant que possible, cette thématique peut être abordée à travers la rencontre avec des intervenant.e.s extérieur.e.s, intégrée dans la thématique même du projet, ou encore discutée durant les ateliers et/ou le parcours culturel. Ainsi, les participant.e.s sont encouragé.e.s à réfléchir aux enjeux de l'égalité femmes-hommes et à explorer les moyens de les intégrer dans leur pratique artistique ou journalistique.
Ainsi, l’association veille à proposer une mixité d’intervenant.es pour donner à voir une pluralité de modèle et de présentation. Elle valorise également des parcours de femmes et d’hommes dans des secteurs où ils.elles sont sous-représenté.es.
Si l’égalité hommes-femmes ne sera pas ici une thématique de travail apportée par l’intervenante, cette dernière intègre la thématique comme une façon de penser l’organisation des ateliers : « Je suis très attentive aux dynamiques genrées qui peuvent se mettre en place dans la pratique théâtrale, et modeler le groupe de façon excluante. Je veille à ce que chacun ait la possibilité de s’exprimer, de prendre sa place, sans se faire écraser ou intimider. »
Intégration de mesures liées à la transition écologique
Avez-vous mis en place, dans votre structure ou dans la mise en œuvre de vos projets des mesures spécifiques liées à la transition écologique ? Et comptez-vous mettre en place des mesures spécifiques dans le cadre du parcours déposé ?.
- La préoccupation environnementale est intégrée de manière transversale dans les actions de Citoyenneté Jeunesse, dans la mise en œuvre des projets, et parfois dans les contenus pédagogiques.
Dans la mise en œuvre et les actions, l’association veille à limiter son impact environnemental à travers des pratiques concrètes : réduction des impressions (recto-verso, papier recyclé), attention portée à la sobriété numérique, mutualisation et réemploi du matériel, limitation des achats jetables. Une réflexion est également menée sur les temps de convivialité, en privilégiant des alternatives aux produits industriels et en réduisant les emballages plastiques.
Les déplacements professionnels privilégient les transports en commun et les mobilités douces. Dans le cadre des projets, les équipes encouragent également les établissements partenaires à recourir à ces modes de transport pour les sorties culturelles.
Par ailleurs, plusieurs membres de l’équipe ont été sensibilisés à la Fresque du climat, renforçant la compréhension des enjeux environnementaux et la capacité de l’association à les intégrer dans ses actions.
L’association porte également une attention particulière à la maîtrise de ses consommations énergétiques (chauffage, électricité), avec un objectif de réduction progressive de son empreinte. Dans ses locaux, cela se traduit notamment par une gestion raisonnée des espaces chauffés et des usages énergétiques.
Sur le plan des contenus, les enjeux écologiques et d’éco-citoyenneté sont régulièrement abordés avec les jeunes, soit comme thématique centrale (rapport au territoire, au vivant, aux ressources), soit de manière transversale dans les projets artistiques et d’éducation aux médias.
Si le parcours avec Esther Moreira ne présente pas de mesures spécifiques en lien avec la transition écologique, le spectacle « Dimanche » aborde la thématique du réchauffement climatique, sensibilisant ainsi les élèves.
Implication active de la famille dans le parcours
Les parents sont conviés à un temps de présentation et / ou aux temps forts du parcours (sorties, restitution…).
- Concrètement, plusieurs actions sont prévues ou déjà mises en place :
• Inclusion dans le document de demande de droit à l’image d’une présentation du projet et de l’association et volonté de créer un QR code pour mettre à disposition une version orale de ce texte pour les parents qui auraient des difficultés de lecture.
• Information des parents par le biais d'une lettre/info sur le projet et la démarche de l'association, ainsi que leur invitation à suivre les projets de CJ sur les réseaux sociaux.
• Invitation de quelques parents à participer aux sorties organisées dans le cadre du projet (2 à 3 parents par sortie).
• Mise en place d'un point projet lors de la remise des bulletins au fil de l'année. Souvent ce sont les enseignant.es qui présentent le projet dans les réunions avec les parents ou lors des remises des bulletins.
• Inviter les parents aux restitutions (en tenant compte de leurs contraintes horaires et en imaginant des restitutions sur le territoire)
Le parcours propose des modalités innovantes visant à favoriser l’implication et la participation des familles.
- Les questions liées à la parentalité et au lien familial sont une des préoccupations de Citoyenneté Jeunesse (CJ) et de ses partenaires institutionnels, associatifs et culturels. Cette prise de conscience nécessite des échanges et une réflexion continue pour mettre en œuvre les bonnes pratiques identifiées lors de ces échanges.
Pour favoriser l'implication des familles dans les projets, la co-éducation, CJ s'efforce de les informer et de les inclure, leur permettant ainsi de découvrir l'école autrement que par le biais des traditionnelles remises de bulletin ou convocations. L'objectif est double :
• Permettre aux parents de considérer les pratiques artistiques et culturelles comme des leviers de développement pour leurs enfants, contribuant ainsi à leur épanouissement et leur réussite.
• Renforcer le lien entre la famille et l'école, favorisant ainsi la collaboration au sein de l'équipe éducative.
• Possibilité d’imaginer des ateliers de pratique partagés entre les élèves et leurs parents en présence des intervenant.es, d’inclure les parents comme personnes expertes ou de les solliciter pour des entretiens.
D'autres initiatives pourront être envisagées en fonction de l'évolution du projet, de la dynamique de la classe et des compétences particulières des parents, comme des ateliers ouverts ou l'appel à leur participation pour des activités spécifiques.
3. Co-construction du parcours
Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel ou de son volet lié à la citoyenneté. Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, liens avec d'autres projets, chantiers d'étape ...).
- Le parcours proposé s’inscrit dans plusieurs axes du projet d’établissement. Dans un premier temps, il vient permettre de mobiliser les élèves autour d’un projet commun, dans un esprit de bienveillance et de rencontre des différences au sein du groupe. En cela il est la mise en application de l’axe du collège engagé dans une citoyenneté bienveillante. Cette approche a pour but de mettre en place un climat scolaire serein et propice aux apprentissages. En outre, l’approche proposée est particulièrement vigilante dans sa proposition aux différentes formes de discriminations dont peuvent être victime les élèves (glottophobies, violences de genre). Le projet propose un espace pour aborder ces sujets et les prévenir, proposer des clés de lecture et des outils pour se défendre. En cela, il entre dans un autre des axes de l’établissement, orienté vers l’égalité et la lutte contre les violences de genre au collège. Enfin, la pratique artistique et notamment du théâtre au collège Politzer a une place toute particulière puisque le collège est engagé depuis une dizaine d’année dans la mise en place de classes théâtre. Impliquer les élèves d’UPE2A dans ce projet de l’établissement est un enjeu très important, d’inclusion et de rayonnement. En effet, les élèves allophones et les élèves des classes théâtre se rencontreront autour de cette pratique commune, les élèves seront par exemple invités à assister à des répétitions et seront les spectateurs et spectatrices des uns et des autres. Enfin, le projet implique les familles à différents niveaux, grâce à un padlet pour communiquer sur les différentes sorties et les différents travaux menés durant le projet, et grâce à la restitution au collège. Ceci s’inscrit dans l’axe lié à la co-éducation qui est un axe majeur du collège.
L’Espace Numérique de Travail du collège, est-il utilisé pour faciliter l’organisation du projet et/ou comme support de communication et de valorisation ?
- Un cahier de spectateur et de pratiques artistiques est mis en place dès le début de l’année : il est à la fois support pour les sorties (préparation en amont des spectacles et des expositions mais aussi restitution). Il est aussi un support d’écriture libre (par exemple dans la langue première de l’élève) et support d’écriture plateau, ou de textes, de croquis, préparatoires. Ce carnet pourra être conservé tout au long de la scolarité au collège de l’élève et présenté à l’oral du DNB pour mettre en avant l’engagement de l’élève dans sa scolarité. Nous mettrons en place un padlet pour déposer les textes littéraires étudiés, les photographies des événements, les calendriers, les références des spectacles vus. L’idée sera que les élèves soient les animateurs de ce padlet qu’ils pourront enrichir de leurs textes et de leurs propres photographies.
De plus, les réseaux sociaux et blog de l’association pourront être mobilisés pour relayer certaines étapes du travail des élèves et leur production finale.
Les enseignant.es souhaitent-ils.elles s’investir dans les médias départementaux pour rendre compte des expériences et productions des élèves ?
Liens du parcours avec les enseignements, les objectifs pédagogiques (par discipline)
- En classe de français dans le cadre du dispositif UPE2A, les élèves ont entre 11 ans et 16 ans. Ils et elles sont donc concernées par les objets d’études de toutes les classes du collège et ont un niveau de français hétérogènes. Un projet tel que celui-ci permet de faire des regroupements et d’appréhender les compétences attendues au collège (cycle 3 et 4) par différentes entrées. Ainsi, partir de du corps, des émotions ressenties à travers une musique, des images, pour aller vers la fiction, l’écriture, permettra à chacun·e d’entrer à son rythme vers l’imaginaire. Les élèves pourront alors choisir d’élaborer des récits proches de leur quotidien – et d’investir ainsi le vocabulaire attendu chez les débutant·es en français – et, ou, d’aller vers des récits plus complexes. Ici, en fonction des propositions, en classe de français, la professeure pourra apporter d’autres récits pour trouver des similitudes et par exemple introduire du vocabulaire attendu dans l’analyse des textes littéraires au collège et des procédés littéraires. En outre, prendre le temps de l’écoute, s’appuyer essentiellement sur un sens, puis construire des histoires, ceci permettra de dévoiler les fils, les mécanismes qui sous-tendent nos imaginaires. Le format roman-photo est particulièrement intéressant car il est de prime abord assez simple et s’appuie même parfois sur des stéréotypes. Il s’agira alors de pouvoir les repérer, les nommer, en jouer pour les déjouer ou les assumer. Ceci permettra d’aborder dans le cadre du programme EVARS la question des relations dans leur diversité (amicales, amoureuses, familiales, professionnelles) et de ce qui peut relever des stéréotypes de genre par exemple.
Dans le cadre de la maîtrise de la langue, les élèves seront par exemple amené·es à élaborer progressivement par la relation aux autres sur le plateau, dans le jeu théâtral. La pratique du grommelot, le jeu corporel viendra progressivement servir l’improvisation. Il sera possible de pendre en compte l’hétérogénéité du groupe pour permettre à tous et toutes de progresser en allant vers l’écriture-plateau. En outre, il s’agira de prendre spontanément la parole dans le cadre d’échanges, de donner son avis. Outre la capacité d’écoute, la capacité à interagir avec bienveillance, il s’agira aussi, pour les élèves allophones, de prendre confiance dans leurs capacités à se faire comprendre, chacun·e à son rythme et dans un cadre bienveillant.
Application MICACO | Date : 01/07/2026