Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège
Edition | Année parcours : 2026
Informations sur le parcours à la date du : 01/07/2026
Ma ville idéale - Bobigny
Coordonnées du collège
- Collège affecté : Collège Auguste Delaune
- Ville : BOBIGNY
- Classe : autre
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Coordonnées de la structure
- Nom de la structure : Tasvu- Université Populaire du Cinéma (TASVU-UPCINÉMA)
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Coordonnées de la personne ressource
- Identité : Madame Salomé Bazin
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1. Articulation avec un processus de création :
Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir
Projets en cours ou à venir de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
- Fondée en 2004 à Saint-Denis, l’association TASVU – Université Populaire du Cinéma développe des projets de création cinématographique et d’éducation à l’image en Seine-Saint-Denis, en lien avec différents partenaires culturels du territoire, parmi lesquels Cinémas 93, Le 6B et Cinéma L'Écran. L’association accompagne des publics variés dans des pratiques de création audiovisuelle, amateure et participative. En juillet 2026, elle organisera la première édition du festival Autres Vues, consacré à la pluralité des cinématographies du territoire de la Seine-Saint-Denis.
Le parcours « Ma ville idéale » s’inscrit dans les recherches artistiques menées par les intervenant·es autour des représentations de la ville, des récits de migration et des manières d’habiter les territoires urbains.
Fabien Guillermont est réalisateur de films documentaires, artiste plasticien et intervenant en ateliers de création depuis plus de quinze ans. Son travail documentaire intègre co-création et formes plastiques (animation, maquettes, installations), qu’il utilise comme des prolongements poétiques du réel et comme des outils permettant d’ouvrir les imaginaires. Il a réalisé plusieurs films auprès de réfugiés, (EXODOS, Les statues de Fortaleza) et mené de nombreux ateliers et projets de co-création avec des publics allophones, réfugiés, mineurs non accompagnés et classes UPE2A, (dont Botanique Sabari, Petit Prince). Cette expérience lui a permis de développer des méthodes de transmission adaptées aux spécificités linguistiques et culturelles de ces publics, où la pratique de l’image, du son et de la création collective devient également un support de prise de parole et d’affirmation de soi.
Le parcours mené à Bobigny sera porté par Fabien Guillermont. Salomé Bazin, vidéaste et réalisatrice de documentaires, accompagne avec lui la conception générale du dispositif artistique et pédagogique ainsi que la coordination transversale des parcours développés au sein de TASVU dans plusieurs villes du département. Son travail autour de la déambulation, du field recording, de la photographie urbaine et des cartographies sensibles nourrit les méthodologies d’exploration du territoire mises en œuvre dans ces projets. En parallèle du parcours de Bobigny, elle mènera un autre projet « Ma ville idéale » à Villemomble. Les différents parcours sont conçus collectivement mais chaque intervenant y développe une approche sensible et une écriture propres.
Le projet « Ma ville idéale », initié en 2025 avec une classe UPE2A du collège Jean Moulin à Aubervilliers, proposait aux élèves d’explorer leur ville à travers des déambulations, des prises de vues, des captations sonores et des rencontres avec les habitant·es, avant d’imaginer collectivement une ville transformée à travers des réalisations filmiques et plastiques. La reconduction de ces parcours dans plusieurs villes de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers, Bobigny, Villemomble, Stains…) permet aujourd’hui de mettre en dialogue différentes expériences de la ville et différents regards d’élèves sur leur environnement quotidien. Les restitutions croisées entre les classes feront circuler ces récits, images et représentations d’un territoire à l’autre, afin de composer une lecture sensible et plurielle des villes du département. À travers ces différents parcours CAC, le projet “Ma ville idéale” déploie une démarche artistique commune de cartographie sensible de la ville, élaborée collectivement avec les classes UPE2A. Il est ainsi devenu, pour les deux réalisateurs, un terrain d'exploration sur la mémoire de lieux en transformation et les processus de co-création avec des enfant allophones, un projet artistique en soi qui s’alimentera des multiples expériences créées au fil des ans et des parcours, des élèves rencontrés, et des terrains sillonnés, pour porter un témoignage sur les mutations urbaines et humaines en cours en Seine-Saint-Denis.
Articulation du parcours avec les projets de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
- Le parcours « Ma ville idéale » s’inscrit dans un dispositif mené en 2026-2027 en Seine-Saint-Denis, associant trois territoires (Stains, Villemomble et Bobigny) autour d’une même démarche de création audiovisuelle et plastique. Pensé comme un espace de travail partagé entre les intervenant·es, ce dispositif met en relation des expériences situées de la ville et des regards d’élèves UPE2A issus de contextes différents.
Ce dispositif est conçu conjointement par Fabien Guillermont et Salomé Bazin, dont les pratiques complémentaires (documentaire et arts visuels) structurent l’ensemble des parcours. Fabien Guillermont interviendra directement auprès de la classe UPE2A-NSA du collège de Bobigny. Salomé Bazin assure la co-conception artistique et méthodologique du dispositif global et la coordination transversale des parcours, sans intervention directe à Bobigny.
Les parcours de Stains et Villemomble seront menés au premier trimestre, celui de Bobigny au troisième. Une restitution commune en fin d’année permettra de croiser les productions et les expériences des élèves à l’échelle du territoire.
À Bobigny, le parcours déplace le regard : Fabien proposera aux élèves d’observer les transformations urbaines et de les mettre en relation avec leurs trajectoires et les histoires migratoires qui traversent la ville.
Ville de migrations et de circulations, Bobigny est marquée par des arrivées successives de populations venues de différents horizons. Cette histoire s’inscrit dans ses quartiers, ses équipements et les strates institutionnelles et sociales qui composent la ville.
L’hôpital Avicenne, le cimetière musulman, l’ancienne gare de déportation ou la Préfecture de Seine-Saint-Denis constituent autant de points d’ancrage qui témoignent des modalités d’accueil et d’inscription des minorités sur ce territoire.
À cette mémoire institutionnelle s’ajoute celle des quartiers habités, notamment la cité de l’Abreuvoir, ensemble emblématique du logement social du XXe siècle, où se sont installées des familles venues de multiples horizons. L’association Femmes Relais, implantée de longue date sur le quartier, permettra d’accéder à des récits d’habitant·es et à une mémoire vivante des transformations urbaines.
Aujourd’hui, le secteur du collège Delaune est lui-même traversé par des mutations, notamment autour de l’avenue Vaillant Couturier, où se transforment progressivement les formes d’habitat, d’anciens pavillons détruits pour la construction de logements neufs.
Les élèves UPE2A-NSA s’inscrivent dans cette continuité de déplacements et d’ancrages. Leurs récits entrent en résonance avec ceux du territoire, entre expériences d’installation, mémoires de l’accueil et trajectoires migratoires. À travers observations, rencontres et récits croisés, ils et elles explorent leur environnement quotidien comme un espace où se superposent histoire collective et histoires individuelles.
Le parcours engage ainsi une exploration sensible de la ville à partir de leurs expériences, en articulant images, sons et récits. La construction de la ville idéale ouvre un espace de projection où les formes urbaines deviennent support d’imaginaire et de récit partagé.
La restitution finale mettra en relation les productions des différents territoires (Stains, Villemomble, Bobigny, Aubervilliers), afin de faire apparaître une pluralité de regards sur les dynamiques urbaines et sociales du département.
2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)
Résumé en 4 lignes du parcours (thématique, contenu et objectifs du projet)
- Par la réalisation d’un film documentaire, les élèves UPE2A-NSA exploreront leur environnement quotidien à Bobigny, ville marquée par des histoires de migrations et de transformations urbaines. Les déambulations et rencontres viendront nourrir la création d’une cartographie sensible d'une ville idéale, mettre en relation leurs propres trajectoires avec l’histoire du territoire, et réfléchir à la manière dont une ville peut accueillir des récits, des langues et des expériences multiples.
Accompagnement des enseignant.es
Co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques : méthodologie (préparation, groupe de travail, présentation des intervenant.es, ressources mises à disposition des professeur.e.s)
- Le projet est construit en co-conception avec l’équipe pédagogique du collège, dans une logique de préparation progressive, d’ajustement continu et de suivi partagé tout au long de l’année.
Fabien Guillermont et Salomé Bazin ont rencontré la professeure référente du parcours dès avril 2025 afin d’identifier ensemble les grandes lignes du projet, les enjeux du territoire de Bobigny et les pistes d’exploration liées aux transformations urbaines du quartier. De nouvelles rencontres auront lieu à la rentrée afin de préciser les lieux, les interlocuteurs, les sorties et le calendrier des séances (octobre 2026 – avril 2027).
Avant le début des ateliers, des ressources artistiques et pédagogiques sont transmises à l’enseignante (films, textes, images, extraits sonores), afin de lui permettre d’anticiper les enjeux du parcours et d’accompagner les élèves dans leur appropriation du projet. L’enseignante présentera le dispositif aux élèves et aux familles en début d’année.
Pendant toute la durée du parcours, des échanges réguliers entre l’enseignante et les intervenant·es permettront d’ajuster les séances en fonction de la progression des élèves, notamment dans une classe UPE2A-NSA où les niveaux de langue sont hétérogènes et évolutifs.
En parallèle, TASVU assure la coordination globale du projet : suivi du calendrier, organisation des sorties, gestion du matériel et accompagnement logistique et administratif du parcours.
Exemples de ressources artistiques mobilisées :
Les références transmises à l’équipe pédagogique et mobilisées dans le cadre du projet constituent des appuis pour penser la ville comme espace sensible, vécu et représenté.
Elles croisent plusieurs axes :
-Marcher / cartographier l’espace urbain :
(ex : Karen O’Rourke — Walking and Mapping: Artists as Cartographers, Francesco Careri — Walkscapes: Walking as an Aesthetic Practice, Michel de Certeau — L’invention du quotidien, David Le Breton — Éloge de la marche)
-Écouter et enregistrer les environnements sonores :
(ex : R. Murray Schafer — The Soundscape: Our Sonic Environment and the Tuning of the World, Valeria Luiselli — Desierto sonoro)
-Regarder la ville comme récit et matière filmique :
(ex : Chantal Akerman — News from Home, Chris Marker — Sans Soleil, Jean Rouch et Edgar Morin — Chronique d’un été, Dziga Vertov — L’Homme à la caméra, Raymond Depardon — Paris)
Ces références nourrissent les outils utilisés en atelier (déambulation, prise de vue, enregistrement sonore, cartographie sensible) sans constituer un corpus théorique à transmettre en tant que tel aux élèves.
L’intervenant.e (ou les intervenant.es) a/ont t-il.s/t-elle.s déjà mené un parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel.s collège.s, la/les ville.s et ce qui motive le renouvellement de sa/de leur candidature.
- Fabien Guillermont et Salomé Bazin ont développé depuis plusieurs années des ateliers de création en binôme, mêlant cinéma documentaire, arts visuels et pratiques de co-création avec des publics variés, notamment des classes UPE2A. En 2024-2025, ils ont mené ensemble un premier parcours CAC « Ma ville idéale » au collège Jean Moulin à Aubervilliers, dont l’enjeu était de permettre aux élèves d’expérimenter une lecture sensible de leur environnement à travers l’image, le son et le déplacement dans l’espace urbain.
Cette expérience a montré comment les pratiques de déambulation, de prise de vue et de captation sonore renforcent la perception de l’espace chez les élèves, tout en soutenant leur apprentissage du français et leur capacité à nommer et décrire leur environnement. Elles participent également à un processus de réappropriation subjective du territoire, notamment à travers la création d’une maquette de leur ville idéale. Ce travail permet aux élèves de reconstruire un rapport personnel et sensible à leur nouveau lieu de vie. Le travail collectif a abouti à une installation associant film et maquette, faisant de la ville un espace à la fois vécu, représenté et réinventé.
À la suite de ce premier projet, plusieurs équipes pédagogiques de Seine-Saint-Denis ont souhaité déployer ce dispositif dans leurs établissements. Fabien et Salomé poursuivent ainsi cette démarche en l’adaptant aux spécificités de chaque territoire, tout en maintenant un même cadre méthodologique fondé sur l’exploration, la collecte et la transformation des expériences de terrain.
Les parcours menés à Bobigny, Stains et Villemomble sont conçus comme des expériences distinctes mais mises en résonance. Les échanges réguliers entre les intervenant·es permettent d’ajuster les démarches en cours et de croiser les approches. Une restitution commune réunira les classes participantes afin de partager les films et les maquettes réalisés, et de faire émerger une lecture sensible et plurielle des transformations urbaines en Seine-Saint-Denis.
L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures
Les ateliers (environ 20h) doivent être détaillés et le nombre d’heures, pour chacun d’eux, indiqué. Merci de préciser la répartition horaire par intervenant.e lorsqu'il y en a deux.
- Séance 1 (2h)
Présentation du projet et des outils de tournage (caméra, micro, prise de son). Les élèves réalisent des interviews filmées entre eux autour de la question des origines et des déplacements, à partir d’une carte du monde. Chacun situe son parcours et apprend à se présenter face caméra.
Séance 2 (2h)
Travail à partir d’une carte centrée sur le collège et son environnement. Les élèves retracent leur trajet quotidien, puis le documentent par des prises de parole filmées, des dessins et des annotations. Cette étape introduit une lecture sensible de l’espace vécu et des mobilités quotidiennes.
Séance 3 (2h)
Initiation à l’écoute et au field recording (écologie sonore, captation d’ambiances urbaines). Les élèves découvrent différents types de sons et s’initient à l’enregistrement sonore. Découverte des différents quartiers de Bobigny sur une carte. Préparation des futures déambulations et des interviews de terrain.
Séance 4 (2h)
Intervention d’une urbaniste en classe. Elle présente son métier et les enjeux de transformation urbaine. Les élèves travaillent à partir de ses apports pour préparer leurs futures observations et structurer leurs questions d’enquête.
Séance 5 (2h)
Première déambulation dans la cité de l’Abreuvoir. Les élèves réalisent des prises de vue et de son sur le terrain. Une rencontre est organisée avec des habitant·es via l’association Femmes Relais, autour de leur expérience du quartier, de ses transformations et de ses usages actuels.
Séance 6 (2h)
Seconde déambulation à l’hôpital Avicenne. Les élèves explorent le lieu par l’image et le son, puis réalisent des interviews de membres du centre Babel, autour de son histoire, de son architecture et des enjeux d’accueil, de langues et de circulation des populations.
Séance 7 (2h)
Séance de synthèse des matériaux collectés (images, sons, récits). Les élèves identifient les éléments marquants des enquêtes et construisent collectivement les premières bases d’une ville idéale sous forme de plan.
Séance 8 (2h)
Conception de la maquette (1). Chaque élève réalise un élément de la ville idéale (bâtiment, infrastructure, espace public). Travail sur le passage du dessin au volume.
Séance 9 (2h)
Conception de la maquette (2). Assemblage collectif de la ville : organisation des espaces, circulations, liens entre les différents éléments construits.
Séance 10 (2h)
Finalisation de la maquette et mise en récit. Les élèves filment leur ville idéale et enregistrent des voix (dont plusieurs langues) à partir d’un texte collectif. L’ensemble des matériaux est préparé pour le montage du film final.
Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique
Les sorties (environ 10 heures) sont en lien direct avec le projet et permettent d’enrichir le contenu. Elles développent et mettent en perspective l’univers professionnel de l’intervenant.e et sa pratique.
- Les sorties viennent prolonger le travail mené en classe et s’organisent en trois temps complémentaires, en alternance avec les séances d’ateliers.
Elles permettent d’abord une exploration du terrain, au plus près de Bobigny et de ses transformations. La visite de la ferme urbaine de la Prairie du Canal inscrit les élèves dans une lecture concrète du territoire et de ses usages contemporains, en lien avec les mutations urbaines et les formes d’agriculture en ville. D’autres sorties à Bobigny entrent directement en résonance avec les terrains filmés durant les déambulations : le cimetière musulman, l’ancienne gare de déportation et la Préfecture permettent d’aborder concrètement les histoires migratoires et les politiques d’accueil. Ces lieux, situés à différentes échelles du territoire, éclairent les transformations urbaines du quartier de l’Abreuvoir et des abords du collège.
Enfin, un troisième temps de sorties ouvre la réflexion sur les formes de représentation et de fabrication de la ville. La visite de la Cité de l’architecture et du patrimoine, accompagnée d’un atelier de construction de maquettes, permet aux élèves de comprendre comment une ville se conçoit, se représente et se transforme. Des visites d’expositions au Musée national de l’histoire de l’immigration ou au Musée d’Art moderne de Paris (selon la programmation annuelle) viendront compléter ce travail en ouvrant des perspectives sur les représentations artistiques des territoires, des migrations et des identités.
L’ensemble de ces sorties nourrit directement les séances de création en classe : elles alimentent les prises de vue, les captations sonores, les récits des élèves et la construction progressive de leur ville idéale.
L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet
Les temps de réflexion / débats sont animés par les intervenant.e.s et les enseignant.e.s. Ils permettent aux élèves de développer leurs connaissances et d’approfondir une thématique. Ils offrent un espace de débat et de réflexivité sur le projet en cours. Des intervenant.e.s ponctuel.le.s peuvent également animer certaines séances.
- Les temps de réflexion et de débat accompagnent les étapes du projet en classe. Ils permettent de revenir sur les images, sons et matériaux collectés lors des sorties afin de mettre en mots la démarche en cours et de construire progressivement leur compréhension du projet. Ils sont organisés sur des temps dédiés et animés par l’enseignante référente.
En amont des ateliers pratiques, une première phase d’initiation permet aux élèves de découvrir des œuvres et des films proposés par l’intervenant, travaillant les notions de paysage, d’espace et de ville. À partir d’extraits de films, photographies, cartographies et créations sonores, les élèves sont introduits aux bases du langage cinématographique : cadre, plan, point de vue, rapport son/image, champ et hors-champ, ainsi qu’aux différentes formes de restitution du réel entre documentaire et fiction.
Entre chaque déambulation, des temps de retour en classe permettent d’analyser collectivement les images et les sons enregistrés ainsi que les entretiens réalisés avec les habitant·es. Ces temps jouent un rôle essentiel dans une classe UPE2A-NSA : ils permettent de rendre accessibles les contenus entendus et filmés, de reformuler ensemble les échanges, et d’ancrer progressivement la compréhension du français à partir de situations vécues. Les matériaux collectés deviennent ainsi des supports concrets d’apprentissage du langage, favorisant l’acquisition de vocabulaire lié à la ville, aux usages et aux récits des habitants.
Ces retours nourrissent des échanges en classe et de courts écrits de restitution. Une liste collective des éléments importants de la ville est progressivement constituée à partir des observations et des discussions. Elle sera ensuite réutilisée lors de la phase de création de la ville idéale.
En fin de parcours, un travail spécifique sur le plurilinguisme, à partir des recherches de Ruedi et Vera Baur, conduit enfin à la création d’un poème collectif multilingue, intégré au film final.
La restitution, temps de cloture du projet
Un temps de restitution/valorisation et un temps de clôture/bilan du parcours permettent de mettre en partage le travail mené et d'encourager la réflexivité.
- Le projet donnera lieu à une restitution sous forme d’installation réunissant cartographies sensibles et idéales, images, sons, maquettes et film documentaire réalisés par les élèves. Cette production collective retracera l’ensemble du parcours (déambulations, rencontres et ateliers) et sera présentée au collège lors d’un temps de valorisation, en présence des familles et des élèves de l’établissement.
Une seconde restitution sera organisée dans un cinéma partenaire, en présence des trois classes impliquées dans le dispositif (Bobigny, Villemomble et Stains). Les films et maquettes seront présentés dans une même séance collective, permettant une mise en regard directe des récits produits dans chaque ville.
Ce temps de projection croisée constitue un moment central du projet : il met en relation des expériences situées de la Seine-Saint-Denis, issues de contextes urbains différents, mais traversées par des problématiques communes (transformations urbaines, migrations, mémoire des lieux, usages de la ville). Les élèves découvrent ainsi d’autres façons de raconter un même territoire élargi, à partir de leur propre expérience.
Cette confrontation des productions ouvre un espace d’échange entre classes : les élèves comparent leurs perceptions de la ville, les formes prises par leurs récits, et la manière dont chacun·e s’est emparé du même outil de création pour construire une lecture singulière de son environnement.
Implication active des collégien.nes dans le processus (dimensions participative et inclusive)
Dimensions participative et inclusive (contenu du parcours et méthodologie)
- Les élèves de la classe seront partie prenante et acteurs collectifs du processus de création à l’œuvre, mobilisant leurs imaginaires collectif et individuel et les compétences acquises dans le cadre des enseignements disciplinaires. Des temps de discussion seront aussi prévus pour échanger en classe entière et en petits groupes, afin d'amener les élèves à réfléchir à leur rapport au collectif.
L'ensemble du projet repose sur leur participation active et leur envie de découvrir les différents médiums abordés et le paysage qui les entoure. Ils seront à la fois réalisateurs et acteurs, dessinateurs et urbanistes, maquettistes et bruiteurs, cartographes et rêveurs.
Les enjeux d'inclusivité sont inhérents au dispositif UPE2A-NSA. Les élèves ont besoin de se rencontrer les uns les autres, et d'apprendre à parler une langue commune. Par la pratique et le faire ensemble, ils vont former un groupe, dans lequel vont se rejouer tous les questionnements de l'intégration et du vivre ensemble. La dimension inclusive s'inscrit dans la conception même des dispositifs d’ateliers, pensés comme autant de modules créatifs permettant à chaque élève de trouver une place et un moyen d’expression. Le projet implique que chaque élève puisse s’exprimer en fonction de ses envies et de sa sensibilité artistique.
Prise en compte de l’égalité Femmes-Hommes au sein du parcours (sous quelle forme, avec quels outils… ?)
La thématique de l'égalité femmes-hommes est-elle abordée au sein du parcours? De quelle(s) façon(s) la méthodologie de travail permet-elle de prendre en compte les enjeux de l'égalité femmes-hommes ?
- La cartographie sensible consiste en la restitution subjective des perceptions des lieux de la ville traversés avec les élèves. Nous aborderons les ateliers de cartographie sensible en travaillant notamment avec une approche genrée. Nous éveillerons les élèves à cette problématique de l'espace genré dans la ville lorsque nous aborderons des trajets domicile-collège (espaces publics, transports…) et pour la création de leur ville idéale. La rencontre avec l’association Femmes-Relais du quartier de l’Abreuvoir sera un point d’entrée important pour aborder cette question avec les élèves. Nous leur proposerons ensuite de réfléchir à l’expérience de la ville entant que femme et en tant qu’homme pour identifier les différences et réfléchir à des solutions qui seront proposées dans leur maquette.
Intégration de mesures liées à la transition écologique
Avez-vous mis en place, dans votre structure ou dans la mise en œuvre de vos projets des mesures spécifiques liées à la transition écologique ? Et comptez-vous mettre en place des mesures spécifiques dans le cadre du parcours déposé ?.
- Nous proposerons également aux élèves de réfléchir sur la place de la nature et du vivant en ville. Cet axe sera également central dans le parcours, et renforcé par la visite de parcs, jardins, espaces naturels dans la ville ainsi que de la ferme urbaine La Prairie du Canal. Elle nourrira la réflexion sur les transformations urbaines de la ville au cours de son histoire et sur la façon d’intégrer la nature dans la ville aujourd'hui.
Par ailleurs, une sensibilisation sera menée sur l’impact des pratiques de production (réduction des matériaux consommables, réemploi de cartons et matériaux recyclés pour la maquette, mutualisation du matériel technique). Les déplacements et sorties seront effectués autant que possible à pied ou en transport collectif. L’ensemble du projet s’inscrit ainsi dans une démarche de création attentive aux enjeux environnementaux contemporains.
Implication active de la famille dans le parcours
Les parents sont conviés à un temps de présentation et / ou aux temps forts du parcours (sorties, restitution…).
- Les parents sont invités à une présentation du projet au début du programme ainsi qu'à participer aux moments clés du parcours (sorties, restitutions, etc.). Tasvu-UPCinéma encouragera les enseignant·es et les élèves à transmettre aux familles les informations essentielles concernant le projet dès la première réunion avec les parents d’élèves. Ce rendez-vous permettra de répondre à leurs interrogations et de mobiliser la classe autour d’un projet commun et pluridisciplinaire. En fin de parcours, les familles seront conviées à une restitution au Collège pour découvrir l’installation réalisée collectivement, ainsi qu’à la restitution croisée avec les autres classes qui comprendra un temps d’échange avec le public.
Le parcours propose des modalités innovantes visant à favoriser l’implication et la participation des familles.
- Le projet de la ville idéale à Bobigny s’axera particulièrement sur les enjeux de mixité culturelle dans la ville. Pour aborder cette notion, nous proposerons aux élèves de rendre visible cette diversité à travers une approche plurilingue de la ville, chacun mobilisant sa langue d’origine durant le parcours de création collective de la ville idéale.
La reconnaissance des langues d’origine des élèves et de leurs familles est reconnu par la recherche et les rapports institutionnels et parlementaires comme un levier de réussite scolaire: les élèves sont rassurés de savoir que leurs langues d’origine ne sont pas niées ou refusées, et cela leur permet d’aller plus volontiers vers la langue cible du pays d’accueil. Les familles se sentent également plus investies, osent davantage investir le lieu de l’école, et s’impliquent davantage dans le suivi de la scolarité de leur enfant car ils se sentent légitimés dans leur rôle de parents. En questionnant la place des langues dans l’espace urbain, et en invitant les élèves et les parents à visiter ensemble différents lieux, et à réfléchir ensemble à la façon dont la ville idéale pourrait intégrer le plurilinguisme, ce projet se veut le lieu d’une participation accrue des familles par le biais d’un authentique accueil linguistique. Une rencontre avec les porteurs d’un projet associatif favorisant la visibilité du plurilinguisme sera organisée et un atelier proposé aux élèves et à leurs parents à cette occasion.
3. Co-construction du parcours
Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel ou de son volet lié à la citoyenneté. Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, liens avec d'autres projets, chantiers d'étape ...).
- Le projet répond à la priorité 1 du projet d'établissement "ouvrir l'accès à tous les apprentissages par les savoirs fondamentaux".
L'objectif 1 qui est de renforcer la maîtrise des savoirs fondamentaux en cycle 3 et de consolider et construire les compétences en cycle 4, est développé pendant le projet en améliorant les apprentissages par la motivation et l'action des élèves. Ce projet répond tout à fait à l'objectif 3 de la 2ème priorité qui est de faire progresser les élèves et diminuer les écarts en favorisant l'école inclusive en adaptant le suivi aux besoins des élèves. Lors du projet ils approfondiront leur connaissance d’une ville qu’ils n’habitent que depuis un temps très récent ce qui leur permettra de partager des connaissances communes avec les élèves natifs de France.
L’Espace Numérique de Travail du collège, est-il utilisé pour faciliter l’organisation du projet et/ou comme support de communication et de valorisation ?
- Le passage par l’ENT du collège (sous forme de blog) et la communication avec les familles et les autres élèves du collège sera le lieu d’une mise en mots, et constituera le lien permanent entre le travail en classe et le projet. Les élèves prendront des photos à chaque étape du projet et pourront ensuite, en classe, s’appuyer sur ces photos pour formuler et rédiger le récit des sorties, les explications, les descriptions et les questionnements liés au projet. Ils entreront ainsi dans le langage et la mise à l’écrit avec une grande motivation liée à l’exigence de pouvoir être lus par leurs familles et leurs pairs.
Les enseignant.es souhaitent-ils.elles s’investir dans les médias départementaux pour rendre compte des expériences et productions des élèves ?
Liens du parcours avec les enseignements, les objectifs pédagogiques (par discipline)
- Au cours de ce projet les élèves seront amenés à mobiliser leur sens pour décrypter leur environnement et imaginer ensuite un lieu de vie idéal. Pour les rendre acteurs de leur territoires et les amener à la conception d’une cartographie sensible nous nous fixerons de nombreux objectifs interdisciplinaires.
En Français :
- construire un lexique spécifique sur la ville;
- formuler et rédiger (directement à l’écrit ou en dictée à l’adulte) des récits, descriptions, explications accompagnant les photos prises tout au long des étapes du projet;
- réinvestir le vocabulaire et les structures pour écrire sur ses lieux familiers (lieux de vie actuel, lieu de vie dans le pays d’origine) et raconter ses habitudes;
- Préparer des questions pour les différents acteurs culturels et habitants du territoire.
- Apprendre à restituer un travail collectif, se l’approprier, le reformuler et présenter son travail à l’oral devant un public.
En Histoire-Géographie :
- développer sa compréhension de l’espace;
- découvrir les différents moyens de représenter l’espace, les conventions et les contraintes liées à la représentation de l’espace (échelle, légende…);
- articuler une approche spontanée de la géographie avec les concepts que l’on apprend en classe et construire les concepts de base de la géographie;
- découvrir l’évolution d’un espace au fil du temps et croiser cette évolution avec des éléments historiques, économiques, sociaux;
- à travers la découverte de plusieurs éléments d’architecture, découvrir le métissage culturel et son histoire;
Arts-plastiques et audiovisuel :
- Fixer ses sensations par l’intermédiaire d’une représentation visuelle : dessin, plan, croquis, maquette.
- Fixer ses sensations par l’intermédiaire d’une captation sonore et numérique et apprendre à utiliser les outils nécessaires : caméra, enregistreur, appareil photo.
- Libérer sa créativité et donner corps à l’imaginaire d’un lieu. - Collecter des matériaux lors des différentes visites et déambulations.
- Découvrir le genre du documentaire au cinéma.
Application MICACO | Date : 01/07/2026