Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège
Edition | Année parcours : 2026
Informations sur le parcours à la date du : 02/07/2026
Des gestes comme des mots: ce que le corps peut nous faire écrire
Coordonnées du collège
- Collège affecté : Collège Paul Painlevé
- Ville : SEVRAN
- Classe : 6ème
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Coordonnées de la structure
- Nom de la structure : Citoyenneté Jeunesse
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Coordonnées de la personne ressource
- Identité : Madame Chiara Dacco
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1. Articulation avec un processus de création :
Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir
Projets en cours ou à venir de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
- Myriam Rabah-Konaté est documentariste sonore, danseuse, autrice et traductrice. Son travail se déploie dans une multitude d’espaces géographiques et diasporiques. Autrice de documentaires pour France Culture (Écouter La Muette, l'histoire des mémoires d'une cité de Drancy, Ce qui disparaît. Cartographie d’une nostalgie du 93, Maryse Condé en sororité. Au fil des pages, des gestes, des Invisibles, Maryse Condé (1934-2024), écrire la vie, sans fards), elle collabore avec les chorégraphes marocains Radouan Mriziga et Nezha Rhondali. Elle a co-traduit le livre Non-noyées. Leçons féministes Noires apprises auprès des mammifères marines d’Alexis Pauline Gumbs et co-écrit le livre jeunesse Le Nil, fleuve des pharaons.
Cette année, elle entame plusieurs projets parallèles dans les diverses disciplines qu’elle pratique. Cette pluridisciplinarité revendiquée, à laquelle s’ajoute un volet de transmission, lui permet d’enrichir sa création en se nourrissant perpétuellement des rencontres, techniques et espaces explorés. Myriam prépare actuellement une nouvelle série radio sur l’égalité des chances, où elle part sur les traces de personnes issues des quartiers populaires et ayant accédé aux « Grandes écoles ». En quoi leur trajectoire leur a-t-elle permis ou pas de dépasser les préjugés liés à leur origine ? D’autre part, elle traduit actuellement le livre Dub : Finding Ceremony d’Alexis Pauline Gumbs avec Mabeuko Oberty, pour une parution prévue fin 2027. Du côté de la danse, elle développe avec Nezha Rhondali, entre Rabat et Marseille, le projet « Khayti », qui consiste en une performance chorégraphique et un dispositif participatif s’inspirant des gestes de l’artisanat marocain féminin autour de la laine et du tissage ; en vue de la création, plusieurs résidences de recherche sont programmées à Sousse (Tunisie) en juin 2026 et à Honolulu (Nantes) début 2027.
Enfin, Myriam Rabah-Konate s’engage dans l’écriture de son premier roman, Sous mes paupières je cherche ton visage (titre provisoire). Ce projet est né d’une nécessité intime et littéraire, d’une disparition et d’une apparition : Modibo, son demi-frère mort tragiquement il y a dix ans, est réapparu dans la vie de Myriam il y a quelques mois, au cours d’un rêve…
Articulation du parcours avec les projets de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
- Tout comme elle l’intègre dans sa pratique artistique, pluridisciplinaire et située, Myriam Rabah-Konate proposera à une 6ème du collège Painlevé, Sevran, de faire tout au long de l’atelier des va-et-vient entre la mémoire, l’imaginaire, l’écriture, le corps, les archives, etc. En alliant enquête documentaire, conscience corporelle et sensible et écriture, les élèves seront invités à réfléchir comment les éléments constitutifs de leur identité se lisent sur le papier, par les mots qu’elle les invitera à déposer, mais aussi dans leurs gestes. Ainsi, elles et ils pourront construire, en conscience, une performance qui regroupera les pensées nées de ces dix séances. C’est son propre chemin de création que Myriam souhaite partager et interroger avec une classe : « Comment écrire à partir de notre corps, de ses gestes, de ses souvenirs, de ce que raconte nos mouvements et nos chorégraphies quotidiennes ? Comment investiguer nos mémoires à partir de nos sensations, à partir d’odeurs, d’images, d’archives ? Comment définir les contours de nos paysages imaginaires, de ce que nos ancêtres et nos familles nous ont légués ?
Ces questions, à la fois vastes et vertigineuses, sont au cœur des outils et des réflexions qui traversent l’écriture de mon premier roman, Sous mes paupières je cherche ton visage. Je souhaite ainsi partager aux élèves la façon dont on peut écrire à partir de réminiscences, à partir de fragments et d’incertitudes. Comment l’écriture peut nous mettre en mouvement, nous déplacer et nous amener à enquêter sur nos filiations, nos héritages. »
2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)
Résumé en 4 lignes du parcours (thématique, contenu et objectifs du projet)
- Myriam Rabah-Konate propose à une classe de 6ème d’observer, écrire et performer un chemin de représentation du souvenir et de l’imaginaire qui se dessinera au long des ateliers, avec les mots et les gestes qui émergeront à partir de différents exercices corporels et d’écriture. Le parcours culturel emmènera les élèves à la rencontre de lieux et d’œuvres ou les mots, les objets et les corps définissent les contours d’identités complexes et en construction.
Accompagnement des enseignant.es
Co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques : méthodologie (préparation, groupe de travail, présentation des intervenant.es, ressources mises à disposition des professeur.e.s)
- La co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques repose sur une approche collaborative favorisant la rencontre et l'interaction entre les acteur.ices du monde de l'éducation, de l'art et des médias. Cette démarche vise à créer un projet unique et adapté aux besoins spécifiques de chaque équipe éducative et groupe classe, en intégrant les savoirs, les expériences et les compétences variées de chaque participant·e.
1. Rencontre et partage d'expériences : Le projet est le fruit de la rencontre entre les différent.es acteur.ices (enseignant.e.s, chargé.e de projets, journaliste ou artiste) du projet. La rencontre est une étape initiale durant laquelle ils.elles partagent leurs envies, objectifs et compétences pour construire un projet commun. Cette approche respecte les savoir-faire et les identités de chacun·e, favorisant ainsi la créativité, la confiance et l'engagement au sein de l'équipe projet.
2. Association des équipes pédagogiques : Les équipes pédagogiques sont impliquées à toutes les étapes du projet, de sa conception à son évaluation. En année N-1, les enseignant·e·s partagent leurs objectifs généraux avec les chargé.es de projet de l’association, qui leur proposent de notes d’intention et des démarches portées par des artistes ou des journalistes qui puissent leur correspondre. Des rencontres et des échanges permettent d'affiner le projet et d'ajuster sa progression.
3. Présentation et réajustement : En septembre une réunion - organisée par le.la charge.é de projets au collège avec les enseignant.e.s et l’intervenant.e.- permet de préciser les attendus, spécifier les contraintes, visualiser les espaces, échanger sur les conditions matérielles et établir un premier calendrier des ateliers. À chaque étape du projet, des temps de présentation de séances, de séquences et de sorties sont organisés et le choix final des sorties est discuté avec les enseigant.es. Des moments de briefing/debriefing sont également prévus après chaque séance pour que les objectifs de chacun·e soient respectés et pour garantir l'appropriation du projet par les jeunes.
4. Accompagnement par le.la chargé.e de projets : Si besoin le projet et son objectifs sont réajustés en discutant en collectif pour coller à la réalité et progression réelle sur le terrain. Le.la chargé.e de projets de CJ propose des intervenant.es qualifié.es et/ou des ressources telles que des dossiers pédagogiques, des sites internet ou des ouvrages qui permettent de nourrir le projet et de relier les expériences et les savoirs.
L’intervenant.e (ou les intervenant.es) a/ont t-il.s/t-elle.s déjà mené un parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel.s collège.s, la/les ville.s et ce qui motive le renouvellement de sa/de leur candidature.
- C’est la première fois que Myriam Rabah-Konate mène un parcours CAC en partenariat avec Citoyenneté Jeunesse. Le parcours a été conçu en fonction de l’actualité de l’artiste et des objectifs de l’équipe pédagogique.
L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures
Les ateliers (environ 20h) doivent être détaillés et le nombre d’heures, pour chacun d’eux, indiqué. Merci de préciser la répartition horaire par intervenant.e lorsqu'il y en a deux.
- L’atelier sera structuré en trois temps, répartis sur une dizaine de séances de 2h :
1ère partie – Se souvenir pour écrire
Atelier n°1 – Présentation du projet, échanges, lectures : discussion l’enquête littéraire que chaque élève mènera dans son écriture, des archives et médiums qu’ils et elles pourront mobiliser, de la façon dont le corps peut nous accompagner dans ce travail
Atelier n°2 – A partir de nos traces : atelier d’écriture autour d’une cicatrice, d’un grain de beauté, de quelque chose de notre corps qui porte une histoire et une mémoire à révéler
Atelier n°3 – Retrouver son corps d’enfant : atelier autour de souvenirs, de sensations, d’odeurs qui nous ont marqué dans notre enfance
Atelier n°4 – L’endroit qui nous a vu naître : atelier d’écriture autour du lieu où l’on est né
2ème partie – Enquêter pour écrire
Atelier n°5 – Décrire, chercher le détail : atelier à partir d’une image, d’un objet qui porte un secret de notre vie, qu’on l’on essaye de scruter, de regarder sous un autre angle
Atelier n°6 – Écrire la mère : atelier d’écriture où nous formulerons des questions que l’on souhaiterait poser à sa mère, à une figure maternelle, à quelqu’un qui nous accompagné, bercé, vu grandir
Atelier n°7 – Chercher un ancêtre : atelier autour des filiations qui traversent siècles et géographies, jusqu’où pouvons-nous remonter dans nos arbres généalogiques ?
3ème partie – Incarner ses textes, par le corps et par la voix
Atelier n°8 – Composition et relecture : que choisir de tout ce qui a été écrit, comment faire un passer de l’écrit à l’oral ? lecture à voix haute, ajustement & modification
Atelier n°9 – Travail de corps et de voix : atelier autour de la présence corporelle et vocale, lecture des textes par les élèves, travail sur la respiration
Atelier n°10 – Les textes vivent déjà en nous : travail autour de la restitution, scénographie, articulation entre les différents textes, matières sonores, discussions & échanges sur la performance littéraire à venir
Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique
Les sorties (environ 10 heures) sont en lien direct avec le projet et permettent d’enrichir le contenu. Elles développent et mettent en perspective l’univers professionnel de l’intervenant.e et sa pratique.
- Le parcours culturel emmènera les élèves à la découverte d’œuvres et de lieux favorisant le dialogue entre les arts, afin de représenter la complexité du processus de composition des identités.
- Musée national de l’histoire de l’immigration : L'exposition permanente du Musée retrace trois siècles d’histoire de l’immigration en France. Documents d’archives, peintures, sculptures, photographies, créations contemporaines et parcours individuels : près de 600 œuvres et objets écrivent une autre histoire de France, une histoire intimement liée aux échanges et circulations de population de 1685 à aujourd’hui.
- Visite-atelier de Transplantation (Paris 19è), lieu d’art et de rencontres dédié aux imaginaires afro-diasporiques. Lors de l’atelier, les enfants positionnent ensemble sur une carte les lieux liés à leurs souvenirs et à leurs mythologies .
Un spectacle jeune public autour de la construction de l’identité, par exemple :
- Programmé en novembre au Théâtre public de Montreuil Olalaland esquisse le portrait d’un personnage un peu lunaire, curieux et décalé, plongé dans un univers qui se métamorphose sans cesse. Les dessins projetés, le travail musical et le jeu de Clémence Jeanguillaume, artiste protéiforme et inclassable, s’entrelacent savoureusement pour créer un spectacle d’une grande poésie où tout surgit sans crier gare. La scène devient ainsi un espace poreux et mouvant où le corps se glisse dans l’image pour ne faire qu’un. Inspiré par les arts graphiques et le cinéma muet - de Buster Keaton à Jacques Tati - cet ovni théâtral célèbre le pouvoir de l’imagination et invite petit·es et grand·es à une expérience sensible. Quel serait le lien entre les 234 rêves de Madame Olala, un peuple de souris et un requin volant ?
L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet
Les temps de réflexion / débats sont animés par les intervenant.e.s et les enseignant.e.s. Ils permettent aux élèves de développer leurs connaissances et d’approfondir une thématique. Ils offrent un espace de débat et de réflexivité sur le projet en cours. Des intervenant.e.s ponctuel.le.s peuvent également animer certaines séances.
- Ce temps permet aux élèves de prendre du recul sur leur projet et de faire apparaître les liens existants entre les ateliers et les différents éléments du parcours culturel, il est consacré :
- La présentation du projet en classe, avec le-a chargé-e de projets de Citoyenneté Jeunesse.
- La présentation des sorties et les retours en classe sur les différentes activités du parcours culturel. Dans la mesure du possible le-la chargé-e de projets de Citoyenneté Jeunesse organise une rencontre avec les équipes artistiques des spectacles concernés.
- La création du lien entre les différentes étapes du projet (temps d’ateliers, sorties, rencontres… Des temps d’échange avec l’intervenant pour permettre à chacun d’exprimer ses « ressentis » sur l’atelier pratique.
- La création d’un carnet de bord individuel où chaque élève pourra s’exprimer, formaliser sa pensée et collecter des informations utiles à la démarche du projet.
D’autres temps forts en classe pourront être mis en place pour enrichir l’atelier autour de ressources identifiées :
- Rencontre avec Jalalle Essalhi – Président du Tilia, café associatif des Tilleuls au Blanc-Mesnil. On pourra délocaliser un des premiers ateliers dans ce lieu, profondément ancré dans les réalités associatives de la Seine-Saint-Denis et attaché aux liens que nous pouvons tisser et conserver avec les ainés et avec la mémoire des quartiers populaires. Le temps d’échange avec Jalalle permettra d’appréhender les enjeux de la transmission dans la construction de l’imaginaire collectif.
- Module d’initiation à la démarche ethnologique sur le thème « le corps à travers les âges de la vie » Dans de nombreuses sociétés actuelles, il existe des marquages corporels délibérés à l’occasion de rituels. Ceux-ci peuvent modifier l’apparence corporelle de manière temporaire ou être inscrits dans la chair. Ces techniques sont utilisées par certaines sociétés pour marquer l’appartenance de l’individu au groupe et sa soumission à ses règles. En étudiant ces techniques et ces rituels, à travers le monde, l’ethnologie montre combien le corps de l’individu témoigne de sa place dans la société, de son appartenance à groupe (genre, âge, classe sociale, profession, etc.).
La restitution, temps de cloture du projet
Un temps de restitution/valorisation et un temps de clôture/bilan du parcours permettent de mettre en partage le travail mené et d'encourager la réflexivité.
- En fin d’atelier, les élèves présenteront au collège aux familles et à la communauté scolaire une performance littéraire où les textes produits en atelier seront lus et incarnés. Ce moment de transmission permettra de concrétiser la réflexion sur la conscience de soi et de ce qu’on donne à voir de soi au monde en gestes et en mots.
Dans la mesure du possible, ce temps de restitution sera organisé en commun avec l’UPEAA qui aura réalisé un court-métrage, transposition moderne du périple d’Ulysse.
Implication active des collégien.nes dans le processus (dimensions participative et inclusive)
Dimensions participative et inclusive (contenu du parcours et méthodologie)
- Dans notre approche pédagogique, fortement influencée par les principes de l'éducation populaire et des droits culturels, nous plaçons l'implication active des élèves au cœur du processus éducatif. Les projets de CJ les encouragent à devenir de véritables acteur.ices du projet, favorisant ainsi une appropriation authentique et stimulant leur esprit critique.
Construction d'un environnement collaboratif et ouvert : Nous offrons aux élèves un espace libre et collaboratif où ils peuvent exprimer leurs idées, émotions et questions, devenant ainsi des contributeurs essentiels à la création en cours. Chaque étape est co-conçue avec eux, ce qui favorise leur liberté d'expression, d'appropriation et de responsabilisation. Des discussions préliminaires sur les thèmes de la citoyenneté et de la participation les préparent à s'investir pleinement dans le projet.
Développement des compétences d'écoute active et de co-création : Dès sa conception, l'atelier valorise la parole individuelle au sein du collectif représenté par la classe et stimule la créativité des élèves. Il s'adapte aux problématiques émergentes du débat, du dialogue, du travail de groupe et de la création. Le·la chargé·e de projets accompagne l’artiste ou le·la journaliste pour que chaque proposition se transforme en une expérience vécue, où chacun·e voit sa parole prise en compte et partage ses savoirs.
Apprendre en pratiquant :
Dans les ateliers CAC, ils permettent aux élèves de se familiariser avec les outils techniques de création (écriture, arts visuels, design textile, théâtre ….) et d’exprimer leur créativité.
Bilan partagé : En fin d’année le, la chargé.e de projet de l’association propose un bilan partagé avec les élèves au cours duquel ils.elles pourront exprimer leur perception du parcours, partager leurs acquis, exprimer leurs ressentis et discuter de leur capacité à agir sur le monde.
La démarche de transmission de Myriam Rabah-Konate, qu’elle intègre depuis le départ à son travail de création, ne peut prendre son sens que si les publics avec lesquels elle travaille éprouvent par eux-mêmes les liens entre le concept, le corps et le verbe. Elle a conçu pour cela des exercices qu’elle proposera comme des rituels en début d’atelier, destinés à éveiller la conscience et l’imaginaire : lecture, respiration, etc. seront convoquées pour créer un espace de création où chacun·e pourra se rendre disponible à son propre récit.
Prise en compte de l’égalité Femmes-Hommes au sein du parcours (sous quelle forme, avec quels outils… ?)
La thématique de l'égalité femmes-hommes est-elle abordée au sein du parcours? De quelle(s) façon(s) la méthodologie de travail permet-elle de prendre en compte les enjeux de l'égalité femmes-hommes ?
- Dans tous les parcours initiés par CJ, l'égalité F-H est une priorité dès la phase de conception. L'association s'efforce de combattre les stéréotypes de genre et les traitements différenciés à chaque étape du projet, en veillant à ce que les contenus, les thématiques de travail et la répartition des rôles ne soient pas déterminés par le genre.
Encadrement inclusif par les chargées de projets : Les chargées de projets de l’association sont sensibilisées à la prise en compte de cette problématique. Elles veillent à adopter, dans leurs échanges avec les élèves, un vocabulaire inclusif par la féminisation des noms : « les citoyens et les citoyennes », veillent à une répartition équitable de la parole…
Sensibilisation et engagement des intervenant·e·s artistiques et journalistiques : Les artistes et journalistes intervenant.es sont selectionné.es en prenant en compte question de l'égalité femmes-hommes. Ils.Elles intègrent cette perspective dans leur pratique artistique ou journalistique, ainsi que dans leur démarche de transmission, contribuant ainsi à sensibiliser les participant.e.s à ces enjeux. Un paragraphe de notre convention avec elleux spécifie les obligations en termes de vigilance et dénonciation des violences sexistes et sexuelles.
Intégration de temps dédiés à la réflexion sur l'égalité femmes-hommes : Autant que possible, cette thématique peut être abordée à travers la rencontre avec des intervenant.e.s extérieur.e.s, intégrée dans la thématique même du projet, ou encore discutée durant les ateliers et/ou le parcours culturel. Ainsi, les participant.e.s sont encouragé.e.s à réfléchir aux enjeux de l'égalité femmes-hommes et à explorer les moyens de les intégrer dans leur pratique artistique ou journalistique.
Ainsi, l’association veille à proposer une mixité d’intervenant.es pour donner à voir une pluralité de modèle et de présentation. Elle valorise également des parcours de femmes et d’hommes dans des secteurs où ils.elles sont sous-représenté.es.
En tant qu’artiste engagée, Myriam Rabah-Konate a co-traduit le livre Non Noyées, essai qui dépasse le féminisme intersectionnel, en ce qu’il s’appuie sur le lien au vivant, en s’inspirant des mammifères marines pour construire des outils de lutte pour la justice sociale. Le travail sur l’identité qu’elle propose ne peut s’affranchir d’une réflexion sur le genre qui sera distillée au travers des exercices proposées et des séances. Par exemple, la deuxième partie de l’atelier « enquêter pour écrire » vise à faire émerger des figures tutélaires féminines.
Intégration de mesures liées à la transition écologique
Avez-vous mis en place, dans votre structure ou dans la mise en œuvre de vos projets des mesures spécifiques liées à la transition écologique ? Et comptez-vous mettre en place des mesures spécifiques dans le cadre du parcours déposé ?.
- La préoccupation environnementale est intégrée de manière transversale dans les actions de Citoyenneté Jeunesse, dans la mise en œuvre des projets, et parfois dans les contenus pédagogiques.
Dans la mise en œuvre et les actions, l’association veille à limiter son impact environnemental à travers des pratiques concrètes : réduction des impressions (recto-verso, papier recyclé), attention portée à la sobriété numérique, mutualisation et réemploi du matériel, limitation des achats jetables. Une réflexion est également menée sur les temps de convivialité, en privilégiant des alternatives aux produits industriels et en réduisant les emballages plastiques.
Les déplacements professionnels privilégient les transports en commun et les mobilités douces. Dans le cadre des projets, les équipes encouragent également les établissements partenaires à recourir à ces modes de transport pour les sorties culturelles.
Par ailleurs, plusieurs membres de l’équipe ont été sensibilisés à la Fresque du climat, renforçant la compréhension des enjeux environnementaux et la capacité de l’association à les intégrer dans ses actions.
L’association porte également une attention particulière à la maîtrise de ses consommations énergétiques (chauffage, électricité), avec un objectif de réduction progressive de son empreinte. Dans ses locaux, cela se traduit notamment par une gestion raisonnée des espaces chauffés et des usages énergétiques.
Sur le plan des contenus, les enjeux écologiques et d’éco-citoyenneté sont régulièrement abordés avec les jeunes, soit comme thématique centrale (rapport au territoire, au vivant, aux ressources), soit de manière transversale dans les projets artistiques et d’éducation aux médias.
Implication active de la famille dans le parcours
Les parents sont conviés à un temps de présentation et / ou aux temps forts du parcours (sorties, restitution…).
- Les questions liées à la parentalité et au lien familial sont une des préoccupations de Citoyenneté Jeunesse (CJ) et de ses partenaires institutionnels, associatifs et culturels. Cette prise de conscience nécessite des échanges et une réflexion continue pour mettre en œuvre les bonnes pratiques identifiées lors de ces échanges.
Pour favoriser l'implication des familles dans les projets, la co-éducation, CJ s'efforce de les informer et de les inclure, leur permettant ainsi de découvrir l'école autrement que par le biais des traditionnelles remises de bulletin ou convocations. L'objectif est double :
• Permettre aux parents de considérer les pratiques artistiques et culturelles comme des leviers de développement pour leurs enfants, contribuant ainsi à leur épanouissement et leur réussite.
• Renforcer le lien entre la famille et l'école, favorisant ainsi la collaboration au sein de l'équipe éducative.
• Possibilité d’imaginer des ateliers de pratique partagés entre les élèves et leurs parents en présence des intervenant.es, d’inclure les parents comme personnes expertes ou de les solliciter pour des entretiens.
D'autres initiatives pourront être envisagées en fonction de l'évolution du projet, de la dynamique de la classe et des compétences particulières des parents, comme des ateliers ouverts ou l'appel à leur participation pour des activités spécifiques.
Le parcours propose des modalités innovantes visant à favoriser l’implication et la participation des familles.
- Concrètement, plusieurs actions sont prévues ou déjà mises en place :
• Inclusion dans le document de demande de droit à l’image d’une présentation du projet et de l’association et volonté de créer un QR code pour mettre à disposition une version orale de ce texte pour les parents qui auraient des difficultés de lecture.
• Information des parents par le biais d'une lettre/info sur le projet et la démarche de l'association, ainsi que leur invitation à suivre les projets de CJ sur les réseaux sociaux.
• Invitation de quelques parents à participer aux sorties organisées dans le cadre du projet (2 à 3 parents par sortie).
• Mise en place d'un point projet lors de la remise des bulletins au fil de l'année. Souvent ce sont les enseignant.es qui présentent le projet dans les réunions avec les parents ou lors des remises des bulletins.
• Inviter les parents aux restitutions (en tenant compte de leurs contraintes horaires et en imaginant des restitutions sur le territoire)
Dans la deuxième partie de l’atelier, les enfants seront invités à se rapprocher de leurs parents ou figures de référence pour en savoir plus sur elleux-même et créer du lien entre le souvenir, le corps, et un récit qui pourra être familial. Nous serons toutefois attentif à ce que la sensibilité et la réalité des élèves ne crée pas un espace de stigmatisation, des alternatives seront proposées en s’appuyant par exemple sur les mythologies ou les figures symboliques.
3. Co-construction du parcours
Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel ou de son volet lié à la citoyenneté. Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, liens avec d'autres projets, chantiers d'étape ...).
- Ce projet parce qu’il prévoit de mettre en place de nombreuses séances d’écriture s’inscrit d’emblée dans le premier axe du projet d’établissement du collège Paul Painlevé : « Maîtriser et partager les savoirs et le lire/écrire/parler » dont les priorités sont « Renforcer la maîtrise de la lecture et du vocabulaire » mais aussi de « S’entraîner à l’oralité ». La mise en voix des productions écrites des élèves sera l’occasion d’entraînements à la lecture à voix haute, ce qui permettra de perfectionner cette compétence. Ces lectures pourront être disponibles sous la forme de QR code auprès des parents d’élèves, en lien avec l’objectif « Informer et rendre accessible l’école à tous les parents » du projet d’établissement.
Le deuxième axe du projet d’établissement qui s’intitule « Développer l’entraide et la tolérance en formant des citoyens éclairés et solidaires » est en lien direct avec ce projet. En effet, à travers l’écriture, les élèves vont se questionner sur leur identité et leur lien à l’altérité (membres de la famille, éléments naturels, personnages mythologiques). Les interventions de Myriam Rabah-Konaté seront un moyen de les sensibiliser aux problématiques sociétales et aux responsabilités communes (égalité sociale, de genre, écologie). Une coopération avec des instances déjà existantes au collège comme le groupe d’éco-délégué.e.s ou des ambassadeurices de l’égalité pourra également se mettre en place. L’organisation des séances prévues par Myriam Rabah-Konaté permettra enfin aux élèves de développer leur esprit critique et leur capacité à se représenter comme acteurs et actrices d’un monde auquel elles et ils appartiennent et savoir l’exprimer.
Le troisième axe du projet d’établissement fait la part belle à l’ouverture culturelle, qui sera un des points forts ce projet, à travers l’organisation de plusieurs sorties dans des lieux culturels majeurs (comme le Musée National de l’Histoire de l’Immigration ou le Théâtre Public de Montreuil). De plus, Myriam Rabah-Konaté est une artiste pluridisciplinaire qui saura promouvoir et fondre la culture dans l’environnement des élèves.
L’Espace Numérique de Travail du collège, est-il utilisé pour faciliter l’organisation du projet et/ou comme support de communication et de valorisation ?
- Les élèves utiliseront un carnet de bord dès la première séance et ce tout au long du projet pour garder une trace de leurs écrits. Cela sera un outil de suivi essentiel.
L’équipe du collège Paul Painlevé utilise également Pearltrees, un outil numérique qui permet de conserver plusieurs types de documents (textes, enregistrements audios, etc.) et de les partager dans un réseau fermé qui peut être celui de la classe et des personnes participant au projet.
Enfin, les réalisations écrites et les enregistrements audios des élèves pourront être diffusés sur le site du collège pour mieux informer l’ensemble de la communauté éducative. Ils pourront parallèlement faire l’objet d’une exposition au CDI ou à la médiathéque l’@telier, qui se situe à proximité, pour faire rayonner hors les murs les créations des élèves.
Les enseignant.es souhaitent-ils.elles s’investir dans les médias départementaux pour rendre compte des expériences et productions des élèves ?
Liens du parcours avec les enseignements, les objectifs pédagogiques (par discipline)
- Ce projet tel qu’il a été conçu entre en lien direct avec deux axes majeurs du programme de français de la classe de sixième.
Tout d’abord, les ateliers d’écriture prévus par Myriam Rabah-Konaté vont conduire les élèves à s’interroger sur leurs origines et sur les récits que l’on peut en faire. C’est une référence directe à l’axe « Créer, recréer le monde : récits des origines », travaillé en classe en étudiants des textes mythologiques et à forte portée symbolique. Les élèves vont ainsi devenir elleux-mêmes les orateurs et oratrices de leur propre histoire. C’est également une manière de se familiariser avec la puissance des mots, capables de (se) réinventer. Les élèves pourront enfin entrevoir la force des récits collectifs au sein desquels iels peuvent inscrire leur propre vision, avec leurs productions écrites et créatives.
De plus, le travail de Myriam Rabah-Konaté se conçoit en lien avec la création poétique. Cela sera une manière d’approfondir un deuxième axe du programme, intitulé « Chanter et enchanter le monde : mots et merveilles ». En faisant pratiquer aux élèves l’écriture créative, l’enjeu est de leur faire manipuler les ressources de la langue et de faire en sorte qu’iels se familiarisent avec la magie du langage et qu’iels se l’approprient. Ces séances d’écriture pourront être prolongées en classe par une analyse plus fine des différents procédés poétiques et la maîtrise des différentes images.
Ce projet peut enfin être perçu comme une manière pertinente de mettre en œuvre le programme de l’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (EVARS). Pour la classe de sixième, les trois axes sont les suivants : se connaître, vivre et grandir dans son corps ; rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir ; trouver sa place dans la société, y être libre et responsable. Les séances d’expression écrite permettront aux élèves d’avoir un espace pour s’interroger sur ces sujets cruciaux en lien avec leur évolution personnelle et en lien avec leur environnement.
Application MICACO | Date : 02/07/2026