Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège

Edition | Année parcours : 2026

Informations sur le parcours à la date du : 02/07/2026

Chroniques fantômes

Coordonnées du collège
  • Collège affecté : Collège Louise Michel
  • Ville : CLICHY-SOUS-BOIS
  • Classe : 4ème 
Coordonnées de la structure
  • Nom de la structure : Zaola
Coordonnées de la personne ressource
  • Identité : Madame Salomé Hévin

1. Articulation avec un processus de création :

Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir

Projets en cours ou à venir de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Salomé Hévin est réalisatrice et photographe, principalement tournée vers le documentaire. Elle a notamment réalisé le long métrage *Younost, une jeunesse russe*, lauréat d'une étoile de la SCAM au festival Vrai de Vrai en novembre 2025. Le film a bénéficié du soutien du CNC et de la SCAM, a été diffusé sur France 2, et le sera prochainement sur Mediapart, Tënk et la VRT (Belgique). Son travail photographique a été exposé en France et à l'étranger. Sa série *Paradis* a remporté le prix de la Presse aux Zooms du Salon de la Photo 2023, et dans ce cadre a été exposée au salon CP+ à Yokohama (Japon). Elle explore les frontières entre les médiums, mêlant image fixe et son, ou image et texte. Son film photographique *Des frères*, qui associe photographie et création sonore, a été présenté dans plusieurs festivals dont les Rencontres d'Arles et les Nuits Photos, où il a été primé en 2022. À côté de sa pratique artistique, Salomé Hévin anime régulièrement des ateliers d'éducation aux médias avec des jeunes dans différents contextes. Parmi ses projets en cours, elle travaille en mai sur un film photographique co-créé avec des détenus de la maison d'arrêt de Villepinte. À l'été 2026, elle sera en résidence dans le cadre du programme Transat des Ateliers Médicis, où elle mênera une résidence de cocréation dans un foyer. À la rentrée prochaine, elle mènera au micro-lycée de Sénart un projet de réalisation collaborative avec des élèves décrocheurs, croisant éducation aux médias et fabrication d'un documentaire. Elle est aussi résidente à Artagon Pantin jusqu'à fin juin 2026. En parallèle, elle mène un projet photographique au long cours documentant le quotidien de la jeunesse ukrainienne en temps de guerre. Son travail photographique s'écarte progressivement du documentaire classique pour explorer des approches plus plastiques, jouant sur la manipulation de l'image.
Articulation du parcours avec les projets de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Ce parcours CAC propose aux élèves d'écrire des nouvelles fantastiques avec leurs enseignantes de français et d'anglais, puis travailler à les mettre en images. Dans ce cadre, les compétences de l'intervenante seront directement mobilisées. Pour commencer, son travail photographique : parce que les nouvelles illustrées appartiendront au genre fantastique, les participant·es seront amené·es à créer des atmosphères étranges à travers l’image, grace à différentes astuces de prise de vue. Les conseils de l’intervenante seront en lien direct avec l’évolution de sa pratique, qui s’oriente vers une dimension de plus en plus plastique, voire fictionnelle. Elle utilise régulièrement des manipulations de l'image pour créer un décalage avec le réel et s'écarter d’une photographie strictement descriptive. Ce travail pourra aussi se poursuivre en post-production et au moment du tirage. Les élèves expérimenteront notamment le cyanotype, une technique que l'intervenante explore actuellement. Les ateliers seront ainsi nourris de ses expérimentations les plus récentes. Ce projet sera aussi pour elle l'occasion d'explorer de nouvelles manières de manipuler l'image, qui pourront ensuite être intégrées à sa pratique. Son expérience cinématographique et ses compétences en narration seront également mobilisées. Diplômée en lettres modernes, puis en développement de scénario, elle a l’habitude de penser la construction d’un récit, que ce soit à l’écrit ou à l'image. Le roman photo permet justement de travailler cette idée de séquence d’images, proche du cinéma, et de réfléchir à la manière dont une histoire se construit visuellement. Ce travail sera mené en lien avec les professeures de français et d'anglais, afin de faire des ponts entre narration textuelle et narration par l’image.

2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)

Résumé en 4 lignes du parcours (thématique, contenu et objectifs du projet)
  • Guidé·es par la réalisatrice et photographe Salomé Hévin, les élèves écriront des nouvelles fantastiques puis travailleront à les mettre en images, créant des récits photo-texte mêlant photographie et écriture. Ils et elles expérimenteront le tirage en cyanotype et fabriqueront un livret. Le projet les amènera à questionner les codes du fantastique, s'initier à la narration par l'image et affirmer leur manière de voir et de raconter le monde.

Accompagnement des enseignant.es

Co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques : méthodologie (préparation, groupe de travail, présentation des intervenant.es, ressources mises à disposition des professeur.e.s)
  • Le parcours s’est co-construit avec l’équipe pédagogique à partir de plusieurs temps d’échanges en amont. Ces rencontres ont permis de définir le cadre du projet (niveau de la classe, nombre d’élèves, contraintes, objectifs pédagogiques), de croiser les attentes des enseignantes et les propositions de l’intervenante, et d’établir un calendrier, avec un démarrage prévu fin octobre, une période qui coïncide avec le mois de la photographie. À l’issue de ces échanges, des ressources pédagogiques ont été partagées par les enseignantes afin de permettre l’élaboration d’une proposition de parcours plus précise. Ce mode de fonctionnement sera maintenu afin d’assurer une continuité entre les cours et les séances menées avec l’intervenante. Le parcours repose sur une articulation entre les temps en classe et les ateliers. Les enseignantes mèneront des temps d’écriture de nouvelles fantastiques, en parallèle du travail réalisé en atelier. La mise en place d’un dossier partagé, réunissant les ressources (supports de cours et d’ateliers), permettra de faciliter le déroulement du projet. Ainsi, les enseignantes prépareront en classe la mise en place du parcours, tandis que l’intervenante fera régulièrement le lien entre les notions étudiées en français et en anglais et leur traduction en image. Par exemple, la question du point de vue sera abordée à la fois dans le récit et dans la construction d’une séquence d’images. Le choix a été fait d’entremêler les séances d’écriture et de travail visuel, afin que l’image ne constitue pas une simple illustration mais puisse nourrir l'écriture. Cette approche permettra aux élèves de penser simultanément la narration par le texte et par l'image. Le projet fonctionnera par blocs de travail de 3 à 4 heures, particulièrement adaptés aux sorties et aux temps de fabrication (prise de vue, tirages). Chaque séance alternera des temps de pratique et des temps de réflexion collective. Des moments de bilan permettront de formaliser ce qui a été appris et de préparer la séance suivante.
L’intervenant.e (ou les intervenant.es) a/ont t-il.s/t-elle.s déjà mené un parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel.s collège.s, la/les ville.s et ce qui motive le renouvellement de sa/de leur candidature.
  • Non, l'intervenante n'a pas mené de parcours CAC, ni de parcours AGORA, lors des éditions précédentes. Il s'agirait de sa première expérience avec ce dispositif.

L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures

Les ateliers (environ 20h) doivent être détaillés et le nombre d’heures, pour chacun d’eux, indiqué. Merci de préciser la répartition horaire par intervenant.e lorsqu'il y en a deux.
  • Séance 1 — Introduction au projet (2h). Présentation de l’intervenante et de son travail. Jeux brise-glace. Introduction aux codes du fantastique et à la manière dont ce genre peut se traduire par l’image : lumière, flou, cadrage, hors-champ. Présentation d’exemples d’effets visuels accessibles pouvant être réalisés avec peu de moyens. Temps de pratique : prise en main du matériel et expérimentations à partir de consignes simples. Mise en commun et échanges (qu'est-ce que cela évoque, raconte ?). L'objectif est que les élèves repartent des idées pour nourrir l'écriture de leurs nouvelles. Séance 2 — Comprendre comment se construit une séquence d'images (2h). Analyse collective d’images : point de vue, cadrage, ce qu’on montre et ce qu’on choisit de cacher. Réflexion autour du hors-champ : comment créer une sensation d’étrangeté ou de peur sans tout montrer ? Introduction aux notions de montage et de narration à partir du court métrage en stop motion adapté du *Horla*, déjà étudié en classe. Exercice pratique : créer une courte séquence d’images racontant une action, si possible en lien avec les nouvelles en cours d’écriture. Temps de mise en commun et visionnage des séquences réalisées. Séance 3 - Storyboard et préparation des prises de vue (3h). Suite à la visite du musée Méliès, échange autour de ce qu'il est possible de faire par le montage. Introduction au storyboard et au séquençage. En petits groupes, les élèves réfléchiront aux images qu’ils souhaitent produire, à leur articulation dans le récit, ainsi qu’aux moyens techniques nécessaires. Temps de discussion collective autour des projets de chaque groupe, puis préparation des séances de prise de vue : répartition des rôles, repérage des lieux, accessoires, costumes éventuels, etc. Séance 4 - Prise de vue 1 (6h, 2 séances). Chaque groupe réalisera les images de son récit en réfléchissant aux questions de lumière, de décor, de point de vue, de composition et d’effets visuels. Des temps de test permettront aux élèves d’expérimenter différentes solutions avant la réalisation finale des images. En fin de séance, retour collectif sur les photographies produites : les intentions narratives sont-elles compréhensibles ? L’atmosphère recherchée fonctionne-t-elle ? Quels ajustements prévoir pour la suite ? Séance 5 - Editing et préparation en amont des livrets (3h). Visionnage et sélection des images. Travail d’editing : choix des photographies, ordre des images, articulation entre texte et image, réflexion sur le rythme du récit. Préparation du chemin de fer et de la maquette des livrets. Séance 6 - Tirage et fabrication des livrets (4h). Introduction au cyanotype. Découverte d’autres manières de transformer ou d’altérer l’image en post-production, y compris à travers certains usages créatifs de l’intelligence artificielle. Réalisation des tirages, impression des textes, assemblage et reliure simple des livrets.

Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique

Les sorties (environ 10 heures) sont en lien direct avec le projet et permettent d’enrichir le contenu. Elles développent et mettent en perspective l’univers professionnel de l’intervenant.e et sa pratique.
  • Trois sorties seront organisées, et permettront de présenter aux élèves la richesse du médium photographique, mais aussi d'élargir vers le cinéma, pour faire le lien entre les séquences d'images qu'ils et elles auront à construire et la narration filmique. Ces propositions font écho à la pratique de l'intervenante, dont le travail se situe à la croisée du cinéma, de la photographie argentique et des procédés alternatifs de tirage. La première sortie se déroulera au musée Méliès, à la Cinémathèque française. Ce cinéaste a fait basculer le cinéma du monde réel vers le monde du rêve, une démarche particulièrement pertinente dans le cadre de ce parcours. Cette exposition sera l'occasion de réfléchir au langage des images, mais aussi de découvrir comment Mélies a créé du fantastique à partir de bricolages relativement accessibles : effets d'optique, surimpressions, effets de montage et de couleurs.. Autant d'outils qui pourront inspirer les élèves pour leurs propres histoires. Nous organiserons ensuite une ou deux sorties dans le cadre du mois de la photographie, en novembre 2026, une période qui coincide avec le calendrier du parcours, et qui sera d'autant plus riche que la photographie fête ses 200 ans en 2026. Plusieurs événements ont déjà été identifiés : le festival Photo Saint-Germain, les Photodays, les Rencontres Photographiques du 10e arrondissement, le salon Approche... Les Photodays organisent notamment des rencontres avec des photographes qui présentent leur travail. Ces événements étant regroupés au même moment au cœur de Paris, les élèves pourront visiter plusieurs expositions à la suite et comparer différentes approches photographiques. Nous serons attentif·ves à choisir des propositions qui donnent à voir la subjectivité du regard. Une attention particulière sera portée aux artistes travaillant avec le cyanotype ou explorant les limites plastiques de la photographie. Enfin, le salon Polycopies, dédié à l'édition photographique et organisé sur une péniche, propose souvent des événements autour du livre photo. Cette option est à étudier selon la programmation, mais pourrait être une bonne occasion de découvrir des ouvrages qui marient image et texte. Enfin, une exposition au Centre Photographique d'Île-de-France autour du thème "Réinventer la photographie", organisée dans le cadre du bicentenaire de la photographie, est également identifiée, mais nous attendons des précisions sur le calendrier de l'exposition. Nous déciderons des choix les plus pertinents une fois les programmations publiées, en concertation avec les enseignantes et les élèves.

L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet

Les temps de réflexion / débats sont animés par les intervenant.e.s et les enseignant.e.s. Ils permettent aux élèves de développer leurs connaissances et d’approfondir une thématique. Ils offrent un espace de débat et de réflexivité sur le projet en cours. Des intervenant.e.s ponctuel.le.s peuvent également animer certaines séances.
  • Pour plus de fluidité et de dynamisme dans le parcours, les temps de réflexion seront intégrés à chaque séance et articulés avec les sorties. Les moments clés du parcours (découverte d’artistes et d’œuvres lors des sorties, choix narratifs et visuels pendant les prises de vue…) donneront lieu à des échanges collectifs permettant aux élèves de mettre en mots ce qu’ils découvrent. Ces temps seront animés conjointement par l’intervenante et les enseignantes : l’intervenante se concentrera sur les questions liées à la photographie et à la narration par l’image, tandis que les enseignantes feront le lien avec littérature et écriture. Un premier temps de réflexion portera sur le fantastique et l’étrange. En lien direct avec les cours de français et d’anglais, les élèves seront amenés à réfléchir aux code de ce genre. Nous nous demanderons ce que le fantastique permet de raconter, pourquoi certains auteurs se sont détachés du réel, et comment cela leur a parfois permis de mieux le décrire. Lors des cours de français, les élèves auront travaillé sur comment le doute chez le lecteur ou le spectateur contribue à faire naître le fantastique. Pendant les séances avec l’intervenante, les élèves réfléchiront à la manière dont le genre fantastique se construit dans une image ou une séquence d’images, notamment à travers des références au cinéma. Pour préparer la création de leurs nouvelles illustrées, les élèves seront également initiés aux questions de montage, de storyboard et de séquençage (par exemple : comment raconter une action en deux ou trois plans/images). Nous utiliserons notamment un court métrage en stop motion adapté du "Horla", déjà étudié en cours de français, pour réfléchir aux manières de traduire un texte en séquences d’images. Les sorties seront systématiquement suivies d’un temps de réflexion en classe, afin de créer un lien entre ce que les élèves auront découvert et la manière dont ils et elles pourront s’en inspirer pour leurs propres projets. Les expositions du Mois de la photographie seront l’occasion de montrer comment certains photographes utilisent l’image non pas seulement pour documenter le réel, mais aussi pour l’interpréter et proposer un regard subjectif sur le monde. Le travail de l’intervenante en Ukraine sera présenté aux élèves, et mis en regard avec celui d’autres photographes ayant travaillé dans la même zone avec une approche différente. Les Photodays organisant également des rencontres avec des photographes, nous envisageons d’emmener les élèves assister à certaines d’entre elles.

La restitution, temps de cloture du projet

Un temps de restitution/valorisation et un temps de clôture/bilan du parcours permettent de mettre en partage le travail mené et d'encourager la réflexivité.
  • Avec l'équipe enseignante, nous organiserons une exposition pour mettre en valeur le travail des élèves, avec l'idée de présenter non seulement les objets finis (les livrets), mais aussi le processus de création : les brouillons raturés, les tirages ratés, les photos exclues... Autant de traces qui racontent l'histoire du projet et l'investissement des élèves. Nous aimerions impliquer les élèves dans le montage de l'exposition (choix des éléments présentés, mise en espace, etc). Cette exposition sera organisée dans le CDI et/ou dans les couloirs du collège, en assurant le bon respect du droit à l'image. Dans la mesure du possible, nous chercherons à faire circuler cette exposition au-delà du collège. La bibliothèque Cyrano de Bergerac (à Clichy-sous-Bois), partenaire de longue date du collège Louise Michel, serait une bonne option. La salle de spectacle "L'Espace 93" prête ponctuellement ses espaces au collège, et serait une autre bonne option. Nous souhaiterions organiser un moment convivial avec les élèves impliqué·es dans le projet et y convier parents et élèves d'autres classes. Ce moment sera l'occasion pour les élèves de célébrer leur travail et le chemin parcouru, de présenter leur livrets, et donc de mettre des mots sur les choix qu'ils et elles ont faits. Ce temps de bilan et de réflexivité sera organisé conjointement avec les enseignantes, pour y intégrer aussi bien la dimension artistique du projet que les apprentissages en lien avec les cours de français et d'anglais. Nous souhaiterions également valoriser le projet des élèves en rédigeant une publication sur le site de l'établissement, qui sera partagée aux familles. Les livres créés seront disponibles au CDI, et possiblement via un Calaméo sur le site du collège.

Implication active des collégien.nes dans le processus (dimensions participative et inclusive)

Dimensions participative et inclusive (contenu du parcours et méthodologie)
  • Le projet est entièrement participatif et réalisé par les élèves. L'idée est de leur présenter ce qui est possible, leur transmettre des compétences, les accompagner dans la création, mais les laisser prendre les décisions et les mettre en application. Ils seront invités à se questionner : "À travers le regard de quel personnage regarde-t-on le monde de mon récit, à qui va-t-on s'identifier ? Que racontera la lumière, la composition ? Quelles seront les thématiques de mon l'histoire ? Pour transmettre mes idées, qu'est-ce que je choisis de montrer, et de cacher ?" Ainsi, les élèves seront amenés à explorer leur regard singulier, à comprendre et embrasser leur manière de voir le monde. L'intervenante viendra sans idée préconçue de ce qui est beau ou non, et invitera les élèves à explorer ce médium librement, en se demandant ce qui les touche, quelle manière de raconter leur parle. Cette absence de hiérarchie entre les regards vise l'inclusivité : il n'y a pas de bonne réponse, ce qui place tou·tes les élèves sur un pied d'égalité, indépendamment de leur niveau scolaire. La nature transversale de ce projet, qui mêle écriture, photographie, tirage et fabrication d'un livret, a aussi pour but de permettre à chaque élève de trouver un domaine dans lequel s'épanouir et contribuer. Certain·es seront plus à l'aise avec les mots, d'autres avec l'image, d'autres encore avec le travail manuel du tirage. L'enjeu est que même les élèves les plus éloigné·es des apprentissages scolaires classiques puissent trouver du plaisir à raconter des histoires et se sentir capables de mener un projet à son terme. Le fait que le projet aboutisse à un objet concret est également important : tenir entre ses mains le résultat de son travail est très valorisant. Les élèves seront impliqué·es dans toutes les étapes du parcours et régulièrement consulté·es. Pour les sorties du mois de la photo, une présélection d'expositions sera faite avec les enseignant·es et proposée aux élèves, qui pourront faire part de leurs envies. Des petits exercices et défis leur seront donnés lors de chaque sortie : l'exposition Méliès pourra être préparée ou suivie de jeux de montage pour reproduire des effets du cinéaste ; lors des visites d'expositions photo, chaque élève sera invité·e à identifier une image qui lui parle particulièrement, et les choix de chacun·e seront discutés en classe. Enfin, des temps de débriefing seront organisés à la fin de chaque séance. Ces moments permettront aux élèves d'exprimer leurs difficultés, leurs envies et leurs propositions, et d'ajuster le projet en conséquence.

Prise en compte de l’égalité Femmes-Hommes au sein du parcours (sous quelle forme, avec quels outils… ?)

La thématique de l'égalité femmes-hommes est-elle abordée au sein du parcours? De quelle(s) façon(s) la méthodologie de travail permet-elle de prendre en compte les enjeux de l'égalité femmes-hommes ?
  • L'égalité femmes-hommes sera prise en compte dès le choix des artistes présentés aux élèves. Si les hommes ont été historiquement majoritaires dans le monde de la photographie, de grandes figures féminines ont marqué ce médium, souvent avec moins de reconnaissance publique. L'intervenante mettra particulièrement en avant ces photographes : Deborah Turbeville, Julia Margaret Cameron, Diane Arbus, Nan Goldin, Sarah Moon, Françoise Huguier ou encore Dolores Marat. Lors des sorties, une attention sera portée à présenter autant d'artistes femmes qu'hommes. L'intervenante, elle-même femme photographe et cinéaste, pourra partager son expérience propre, notamment dans des milieux très masculins. La question du genre des protagonistes et de son influence sur les imaginaires culturels sera abordée en classe. La majorité des récits fantastiques mettent en scène des protagonistes masculins : les enseignantes veilleront donc à proposer des exemples de protagonistes féminines, pour permettre aux jeunes filles de s'identifier, et nourrir ainsi les récits écrits par les élèves. Les discussions sur la narration seront élargies à la manière dont les histoires forgent les représentations : les élèves seront amené·es à réfléchir aux conséquences de l'absence de figures féminines, et à la façon dont la représentation des femmes influence leur manière de se penser et de se construire. Chacun·e sera invité·e à partager sa perception sur ces questions. Lors de l'introduction au séquençage, des exercices jouant sur le genre pourront être proposés : comment un personnage serait-il perçu différemment selon qu'il soit homme ou femme ? Plus généralement, les groupes seront mixtes et une attention particulière sera portée à ce que chacun·e puisse s'exprimer et contribuer pleinement. Une vigilance spécifique sera exercée sur la répartition spontanée des rôles, les filles ayant tendance à se retrouver davantage devant l'objectif et les garçons derrière. L'intervenante veillera à encourager chacun·e à expérimenter tous les rôles : photographe, sujet, tireur·euse, auteur·ice. Des rotations seront organisées pour que nul·le ne se cantonne à une position par défaut. Des exercices brise-glace et une atmosphère bienveillante favoriseront l'inclusion de chacun·e et un partage équitable de la parole.

Intégration de mesures liées à la transition écologique

Avez-vous mis en place, dans votre structure ou dans la mise en œuvre de vos projets des mesures spécifiques liées à la transition écologique ? Et comptez-vous mettre en place des mesures spécifiques dans le cadre du parcours déposé ?.
  • La photographie est une discipline souvent abordée sous l'angle de la technique, ce qui incite les aspirants photographes à être sans cesse en quête de matériel plus performant et récent. Le parcours soulignera l'importance de l'intention et du regard, en mettant en avant l'importance du savoir-faire visuel : la manière dont on interprète et capture la lumière, les choix de cadre, les intentions au moment de la prise de vue, etc. Travailler de manière écologique, c'est aussi travailler de manière minimaliste, utiliser ce qui est à notre portée, et faire avec le matériel existant. C'est cet état d'esprit qui sera transmis aux élèves. Ils et elles travailleront avec du matériel simple, partagé et disponible, appartenant à l'association. Ils seront aussi incités à expérimenter avec leurs téléphones et/ou les outils qu'ils possèdent déjà. Une fois les récits écrits et les images prises, les élèves matérialiseront leurs projets sous forme de petits livres reliés en classe. Les images seront tirées manuellement, en utilisant la technique du cyanotype. C'est une technique simple, non toxique, qui fonctionne à la lumière du soleil. L'intervenante envisage également d'introduire l'anthotype, l'un des procédés photographiques les plus écologiques qui soit : il consiste à créer des images à partir de pigments végétaux — épinards, pétales de fleurs, fruits — et de la lumière du soleil, sans aucun produit chimique. Cette technique ancienne, inventée au XIXe siècle, a la particularité de produire des images éphémères, qui disparaissent progressivement sous l'effet de la lumière. Si cette caractéristique en rend l'usage difficile comme technique de tirage définitif, elle sera présentée aux élèves, et proposée à celleux qui souhaiteraient intégrer la dimension éphémère de l'image à leur œuvre, comme un choix artistique à part entière. Pour la réalisation des livrets, nous privilégierons du papier recyclé ou de récupération, qui peut donner des rendus visuellement très intéressants. Certaines séances de prises de vue auront lieu en extérieur, notamment en forêt. Une attention particulière sera portée au respect des espaces naturels traversés : aucun déchet ne sera laissé sur place, et les éléments éventuellement disposés pour des mises en scène seront systématiquement retirés après usage. De manière générale, nous privilégions les achats dans les commerces de proximité et essayons de minimiser les impressions papier (impressions recto verso). Enfin, l'ensemble des déplacements (sorties vers Paris pour les expositions) sera effectué en transports en commun.

Implication active de la famille dans le parcours

Les parents sont conviés à un temps de présentation et / ou aux temps forts du parcours (sorties, restitution…).
  • Améliorer le dialogue avec les familles fait partie du projet d'établissement pour l'année 2026-2027. Garantir une fluidité de rencontre et de communication sera donc essentielle au parcours. La communication avec les parents se fera via PRONOTE. Cet outil sera utilisé pour les informer en amont du projet et lors des temps forts du parcours : organisation des sorties pédagogiques, suivi de l'avancée des récits et de la prise de vue, informations concernant la restitution à venir. Nous aimerions organiser une réunion d'information en amont du projet, qui permettra de leur présenter le projet et les objectifs pédagogiques. Les parents auront l'occasion de poser leurs questions et de rencontrer l'intervenante. Nous aborderons également les questions liées au droit à l'image et à l'usage qui sera fait des photographies. Les éléments discutés lors de cette réunion seront mis par écrit et transmis aux parents, pour rappel et pour informer celles et ceux qui n'auraient pas pu y assister. Certains parents seront invités à prendre part aux sorties, et tous seront conviés aux temps de restitution, au CDI et à l'extérieur du collège. Suite à ces moments conviviaux, pendant lesquels leurs enfants auront l'occasion de leur présenter le travail accompli, un message bilan incluant des images de la restitution leur sera transmis. Une communication sera également faite sur le site web du collège.
Le parcours propose des modalités innovantes visant à favoriser l’implication et la participation des familles.
  • Dès la première séance dédiée à la narration visuelle, les élèves seront invité·es à réaliser un exercice à la maison : créer une ambiance mystérieuse ou fantastique dans un cadre quotidien, en jouant avec la lumière ou la composition, à partir des techniques vues en séance. Pour la réalisation de cet exercice, les élèves seront invités à faire appel à leur famille. L'idée est que cet exercice émorce un échange autour du projet, et que les familles, ayant participé dès le début, restent curieuses de son évolution et en discutent avec leurs enfants par la suite. Ces images seront ensuite partagées et discutées en classe. Par ailleurs, pour la réalisation des prises de vue, les élèves pourraient avoir besoin de faire appel à des modèles extérieurs. Nous garderons ouverte la possibilité, pour celles et ceux qui le souhaitent, de faire appel à leurs proches pour participer en tant que modèles, notamment lors de la séance principale de prise de vue en extérieur.

3. Co-construction du parcours

Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel ou de son volet lié à la citoyenneté. Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, liens avec d'autres projets, chantiers d'étape ...).
  • Le parcours proposé s'inscrit dans plusieurs axes du projet d'établissement du collège, notamment autour de la maîtrise de la langue, de l'ouverture culturelle et de la valorisation du travail des élèves. Il fait écho à l’axe 1, « Développer et consolider la maîtrise des fondamentaux », qui met l’accent sur la maîtrise de la langue dans toutes les disciplines et la prise en compte de l’hétérogénéité des élèves. Avec les professeurs, les élèves seront amené·es à réfléchir aux mécanismes du récit, au point de vue et à l’énonciation. Ces notions trouvent des équivalents en photographie et en cinéma, et le passage du texte à l’image permet de les aborder autrement, à travers un médium parfois plus accessible pour certain·es élèves. Le parcours permettra d'inclure des élèves pouvant rencontrer des difficultés avec l'écrit. Certains·es seront plus à l'aise avec le texte, d'autres avec l'image. L'idée est que chacun·e puisse trouver une place dans le projet. Le travail en groupe, les temps d'échange collectifs et la restitution finale participeront à valoriser les productions des élèves. Le projet s'inscrit aussi dans l'axe 2, « Renforcer les partenariats pour améliorer la réussite des élèves », ainsi que dans l'axe 3, « Développer l'ouverture à travers les parcours », notamment artistiques et culturels. Les élèves découvriront le travail de photographes et d'artistes contemporains, notamment à travers des sorties. Ces temps permettront de les ouvrir à différentes manières de raconter et de représenter le réel, mais aussi de découvrir des lieux culturels et des pratiques artistiques auxquels ils et elles n'ont pas toujours accès. Enfin, le parcours a vocation à s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement. La restitution sera ouverte à d'autres classes, qui seront invitées à découvrir le travail réalisé et à échanger avec les élèves ayant participé au parcours. Dans la mesure du possible, nous aimerions également présenter ces travaux en fin d'année scolaire aux élèves de CM2 venant visiter le collège. Pour créer des liens entre les classes, les élèves seront invité·es, au moment du bilan, à imaginer des quiz destinés à leurs camarades, inspirés de ce qu'ils et elles auront appris pendant le projet. L'équipe enseignante envisage également la mise en place d'un petit concours photographique au sein du collège, où les élèves participant au parcours feraient office de jury et sélectionneraient les photographies gagnantes en argumentant à partir des notions abordées pendant les ateliers.
L’Espace Numérique de Travail du collège, est-il utilisé pour faciliter l’organisation du projet et/ou comme support de communication et de valorisation ?
  • Ce parcours s'inscrit dans une démarche interdisciplinaire portée conjointement par la professeure de français et la professeure d'anglais. Il repose sur une question centrale, commune aux deux disciplines et au travail photographique : comment amener le lecteur ou la spectatrice au doute, pour faire naître le fantastique ? En français, le projet s'inscrit dans le thème « Regarder des mondes, inventer des mondes » et le questionnement « La fiction pour interroger le réel ». Les élèves travailleront le schéma narratif dans le cadre de l'écriture de leurs nouvelles, en approfondissant les notions de point de vue, d'énonciation et de construction du récit. Le passage du texte à l'image les amènera à réfléchir à la manière d'adapter leur propos à un autre médium, et à trouver des équivalents visuels à des effets proprement littéraires. Le parcours sera l'occasion de questionner notre rapport au fantastique, et de montrer comment le surnaturel peut être un outil pour raconter le réel. En anglais, le projet s'inscrit dans les thèmes « Écrire et réagir à l'écrit » et « Connaissances culturelles et linguistiques ». Les histoires fantastiques se dérouleront dans un pays anglophone, et la langue anglaise sera présente dans les éléments visuels des images (journaux, panneaux, affiches) ancrant ainsi le travail photographique dans un univers culturel anglophone. Le projet permettra ainsi de développer des compétences langagières en français et en anglais, ainsi qu'une sensibilité à la narration visuelle grace à la photographie.
Les enseignant.es souhaitent-ils.elles s’investir dans les médias départementaux pour rendre compte des expériences et productions des élèves ?
  • NON
Liens du parcours avec les enseignements, les objectifs pédagogiques (par discipline)
  • En français, le projet s'inscrit dans le thème « Regarder des mondes, inventer des mondes » et le questionnement « La fiction pour interroger le réel ». Les élèves travailleront le schéma narratif dans le cadre de l'écriture de leurs nouvelles, en approfondissant les notions de point de vue, d'énonciation et de construction du récit. Le passage du texte à l'image les amènera à réfléchir à la manière d'adapter leur propos à un autre médium, et à trouver des équivalents visuels à des effets proprement littéraires. Le parcours sera l'occasion de questionner notre rapport au fantastique, et de montrer comment le surnaturel peut être un outil pour raconter le réel. En anglais, le projet s'inscrit dans les thèmes « Écrire et réagir à l'écrit » et « Connaissances culturelles et linguistiques ». Les histoires fantastiques se dérouleront dans un pays anglophone, et la langue anglaise sera présente dans les éléments visuels des images (journaux, panneaux, affiches) ancrant ainsi le travail photographique dans un univers culturel anglophone. Le projet permettra ainsi de développer des compétences langagières en français et en anglais, ainsi qu'une sensibilité à la narration visuelle grace à la photographie.

Application MICACO | Date : 02/07/2026