Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège

Edition | Année parcours : 2026

Informations sur le parcours à la date du : 01/07/2026

Bridging the gap

Coordonnées du collège
  • Collège affecté : Collège Joséphine Baker
  • Ville : SAINT-OUEN
  • Classe : 6ème 
Coordonnées de la structure
  • Nom de la structure : Espace 1789 - / CAFAC (Centre Audonien et Francilien d'Art et de Culture)
Coordonnées de la personne ressource
  • Identité : Madame Maude Defrain

1. Articulation avec un processus de création :

Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir

Projets en cours ou à venir de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Timothée « Timo » Lejolivet mène un travail de recherche autour des notions d’identité individuelle et collective, des origines de la culture hip-hop, ainsi que de la transversalité entre les pratiques de la danse, du corps et de l’image. Il inscrit cette réflexion dans le champ de la culture hip-hop, et plus particulièrement dans celui du breaking. Son processus de recherche s’inspire directement des principes fondateurs de ces cultures : le partage, la transmission, ainsi que la logique du Dig & Sample, qui consiste à expérimenter, emprunter et transformer pour s’approprier. Son travail de recherche s’articule autour de deux volets et bénéficie de l’accompagnement du Centre national de la danse (CND) ainsi que du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne – Collectif FAIR-E (CCNRB). Timothée Lejolivet poursuit actuellement le développement du projet Plus qu’un carnet de moves, qui comprend un fonds de ressources déposé au CND, une exposition photographique ainsi qu’une performance dansée en cours de diffusion. En parallèle, il initiera en mai 2026 le projet Des Acouphènes sur des Chemins Éblouis, une recherche portant sur l’importance des anecdotes et des légendes dans l’histoire des crews hip-hop. Sur scène, Timothée poursuit la tournée de Témoin, une pièce de Saïdo Lehlouh avec la compagnie Black Sheep. Par ailleurs, il entamera en juillet 2026 un projet chorégraphique personnel, Unidentified Selfie of a Jedi, à travers lequel il explorera les mécanismes de revendication et de fabrication de l’identité via le breaking et l’image. La première de ce trio, composé de deux danseur·ses et d’un·e artiste issu·e des arts visuels présent·e au plateau, est prévue pour novembre 2027 à Maison du Peuple.
Articulation du parcours avec les projets de l'intervenant.e et de l'intervenant.e supplémentaire
  • Le parcours Bridging the Gap est directement lié à plusieurs axes de recherche de Timothée Lejolivet, notamment les origines de la culture hip-hop ainsi que les notions d’identité individuelle et collective. Le projet comprend en effet un important volet consacré à l’histoire de la culture hip-hop et à la diffusion du breaking à travers le monde. Cette approche sera nourrie par un travail autour d’archives écrites, sonores et audiovisuelles. Les élèves seront amené·es à étudier, notamment en anglais, l’histoire du breaking et à aborder les mécanismes de traduction culturelle qui ont accompagné l’appropriation de cette pratique par la jeunesse de Seine-Saint-Denis au début des années 1980. Ils et elles découvriront également des figures majeures de la culture underground ainsi que des récits artistiques nés en marge des normes culturelles conventionnelles. Timothée développera cette transmission tout au long des ateliers de pratique, mais également en classe, à travers le visionnage de vidéos, l’écoute musicale et différents temps de réflexion et d’écriture. Chaque élève réalisera son propre « carnet de moves », en écho au projet Plus qu’un carnet de moves développé par Timothée Lejolivet. Les élèves seront progressivement amené·es à la pratique grâce à des jeux, des exercices d’improvisation puis des temps de création en autonomie. Ces entraînements auront pour objectif de leur permettre de développer leur propre manière de bouger, de trouver leur style et d’affirmer une gestuelle personnelle. La création individuelle pourra ainsi prendre corps dans le collectif, au sein du groupe-classe.

2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)

Résumé en 4 lignes du parcours (thématique, contenu et objectifs du projet)
  • À travers Bridging the Gap, Timothée Lejolivet, l’équipe pédagogique et l’Espace 1789 proposent aux collégien·nes de découvrir la culture du breaking, de ses origines à sa diffusion à travers le monde et son implantation en Seine-Saint-Denis. Ce parcours mêle pratique physique, transmission culturelle et réflexion citoyenne afin de permettre aux élèves de construire leur identité de B-boy ou de B-girl au sein du collectif.

Accompagnement des enseignant.es

Co-construction du parcours avec les équipes pédagogiques : méthodologie (préparation, groupe de travail, présentation des intervenant.es, ressources mises à disposition des professeur.e.s)
  • L’équipe des relations publiques de Espace 1789 a rencontré Timothée Lejolivet à l’occasion d’un atelier tout public d’initiation au breaking organisé durant la saison 2025-2026 autour du spectacle Témoin de Saïdo Lehlouh. Cette rencontre a permis à Timothée de présenter ses projets en cours et de partager son souhait de développer un volet d’actions culturelles en lien avec son travail artistique, notamment auprès des publics scolaires de Seine-Saint-Denis, et plus particulièrement de collégien·nes. L’équipe de l’Espace 1789 a alors pris contact avec un enseignant du collège Joséphine Baker, avec lequel plusieurs projets CAC avaient déjà été menés. Celui-ci développant parallèlement un parcours AGORA, il nous a mis en relation avec Camille Mongelous, professeure d’EPS particulièrement intéressée par la danse et la culture hip-hop. La co-construction du projet a débuté lors d’une première réunion réunissant les trois principaux partenaires : Timothée « Timo » Lejolivet en tant qu’artiste intervenant, Camille Mongelous en tant qu’enseignante référente, et Sophie Bacquet, chargée des relations publiques à l’Espace 1789. Ensemble, nous avons défini les grandes thématiques ainsi que les lignes directrices du projet artistique et pédagogique.Nous avons défini ensemble un parcours de spectateurs et avons commencé à aborder la question du calendrier (la fréquence des ateliers, leur durée etc.). L’équipe pédagogique a été consultée afin d’identifier les besoins des élèves et les liens possibles avec les différents programmes scolaires, notamment les cours d’anglais. Mme Oyeniran souhaite également accompagner le parcours en consacrant plusieurs séances à la réflexion et aux débats autour des thématiques du projet dans le cadre de ses cours d’anglais. Le travail autour du vocabulaire et de la culture anglo-saxonne, dans lesquels le breaking puise ses origines, est rapidement apparu comme une approche pertinente pour initier les élèves à cette discipline. La rédaction du projet s’est ensuite construite de manière collaborative. Un fichier partagé a permis à l’ensemble des partenaires de consulter le travail de la compagnie, d’échanger des références et des ressources, et de travailler simultanément à partir d’outils communs. Ce document collaboratif continuera d’être enrichi tout au long du parcours par des ressources pédagogiques et artistiques destinées à nourrir les différentes étapes du projet.
L’intervenant.e (ou les intervenant.es) a/ont t-il.s/t-elle.s déjà mené un parcours CAC ou AGORA lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel.s collège.s, la/les ville.s et ce qui motive le renouvellement de sa/de leur candidature.
  • Timothée Lejolivet n’a pas encore eu l’occasion de mené de projet CAC. Néanmoins, il intervient depuis une dizaine d’années dans des établissements scolaires autour de la danse et de la photographie. Il a travaillé auprès de publics variés, de l’école primaire au lycée, et a également pris part à une formation PREAC consacrée aux enjeux de la pédagogie, destinée aux enseignant·es de la région Bretagne. Il possède ainsi une solide expérience des cadres et des programmes scolaires, notamment dans le cadre de parcours artistiques construits sur une vingtaine d’heures. Timothée anime régulièrement des ateliers autour de la pratique du breaking, une douzaine d’ateliers par saison — ainsi que des workshops et des projets transdisciplinaires mêlant danse et photographie, à l’image du programme Résonance, conçu spécifiquement pour le milieu scolaire. Parmi les projets menés : Espaces Vivants — Forum des dynamiques culturelles avec Le Centquatre-Paris et le Lycée des Arts Décoratifs et Techniques (19e arrondissement de Paris) ; Résonance — projet mené en milieu scolaire à Montreuil ; Hip Hop Mini Camp Kidz ; Paroles de photographes — TAP parisien et Atelier Bleu ; ateliers à destination des publics de théâtre dans le cadre du spectacle Témoin, notamment avec la scène nationale d’Alès, à l’Espace 1789 de Saint-Ouen et au Centre Chorégraphique National d'Orléans ; deux éditions du projet Battle des Écoles avec le CCNRB : Timothée Lejolivet intervient à nouveau en tant qu’artiste dans l’édition 2026 de ce projet qui réunira 23 classes, soit plus de 500 élèves âgé·es de 8 à 16 ans, issus de 12 établissements scolaires de Rennes et de ses environs, autour d’un événement mêlant danse et culture vidéoludique. Porté par le Collectif FAIR-E / CCN de Rennes et de Bretagne et dirigé artistiquement par Bouzid Aït Atmane, ce projet d’éducation artistique et culturelle propose aux élèves un parcours complet comprenant 20 heures d’ateliers, des sorties spectacles, une découverte des cultures gaming avec 3HitCombo ainsi qu’un travail de création de costumes en upcycling. Timothée possède également une expérience et une formation spécifiques pour la pratique artistique avec des publics en situation de handicap, notamment en lien avec Théâtre du Cristal. Il a ainsi travaillé avec des enfants sourds et malentendants, des élèves en dispositif ULIS, ainsi qu’avec des adultes en situation de handicap physique et/ou psychique, notamment dans le cadre du projet INSIGHT mené avec Théâtre de la Ville.

L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures

Les ateliers (environ 20h) doivent être détaillés et le nombre d’heures, pour chacun d’eux, indiqué. Merci de préciser la répartition horaire par intervenant.e lorsqu'il y en a deux.
  • Le parcours comprend 11 séances réparties en plusieurs phases évolutives. Celles-ci permettent d’acquérir progressivement les notions fondamentales du breaking : foundations (les bases techniques et culturelles), character (la construction d’un personnage dansé), cypher (cercle d’improvisation dans lequel les danseur·ses évoluent à tour de rôle), expression physique et artistique, ainsi que l’autonomie dans la pratique. PHASE 1 – « FREESTYLER » : DÉCOUVERTE DES FOUNDATIONS (Découvrir une nouvelle culture, favoriser le sentiment d’appartenance, développer la curiosité) Séance 1 (2h) : rencontre avec la classe, présentation du projet et de ses enjeux. Temps d’échange autour de la culture hip-hop et du breaking. Échauffement et initiation à la mise en mouvement à travers des jeux et des improvisations. Séance 2 (2h) : échauffement collectif. Initiation au battle. Chaque élève réalise un premier passage structuré (descente au sol, figure, remontée). Séance co-animée par une B-girl, Chris Fargeot si disponible. Séance 3 (2h) : échauffement collectif. Initiation au battle chorégraphique et aux principes de composition en réponse. Séance 4 (2h) : échauffement collectif. Découverte du cypher : pratique des échanges de mouvements en cercle et introduction aux codes de la prise de parole dans l’espace dansé. PHASE 2 – « CODER » : ÉCRIRE SA DANSE (S’engager dans un processus de création, développer rigueur et autonomie, apprendre à structurer et mémoriser sa gestuelle) Séance 5 (2h) : échauffement guidé collectif. Battles en petits groupes et exploration des dynamiques de réponse. Séance 6 (2h) : échauffement guidé individuel. Battles en solo et approfondissement de l’expression personnelle. Séance 7 (2h) : échauffement guidé individuel. Battles en crews et travail de coordination collective. Séance 8 (2h) : échauffement en autonomie. Fixation et structuration d’une séquence chorégraphique individuelle. PHASE 3 – « PERFORMER » : PRÉPARATION DE LA RESTITUTION (Composer collectivement en intégrant les singularités individuelles) Séance 9 (2h) : échauffement en autonomie. Écriture de la battle finale : organisation des passages, des rôles et des formats de confrontation. Séance 10 (2h) : échauffement en autonomie. Répétition et mise en espace de la battle finale. Travail de précision et de fluidité. Séance 11 (2h) : restitution. 30 minutes d’échauffement collectif guidé, 30 minutes de battle finale, puis 30 minutes de jeux et de pratiques partagées avec une classe de 5e ayant suivi un parcours de danse contemporaine. Mise en place de binômes et d’équipes mixtes 6e/5e afin de favoriser la rencontre des esthétiques et des pratiques.

Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique

Les sorties (environ 10 heures) sont en lien direct avec le projet et permettent d’enrichir le contenu. Elles développent et mettent en perspective l’univers professionnel de l’intervenant.e et sa pratique.
  • Le parcours de spectateur·rices des élèves débutera par une séance de cinéma. L’Espace 1789, disposant d’une double activité de salle de cinéma et de lieu de spectacle vivant, permettra la projection d’un film documentaire retraçant l’histoire et la culture du breaking. Ce support constituera une introduction à la discipline et à ses origines. La projection pourra être suivie d’un temps d’échange en salle afin de favoriser la compréhension et la discussion. La classe sera ensuite conviée à une représentation scolaire de Out/Side, le 4 février 2027. Cette pièce de 30 minutes, chorégraphiée par Mwendwa Marchand, est un trio autour du dancehall créé par la compagnie Outside. Dans cette création, la chorégraphe et Carl Dhelot interrogent la représentation de cette culture encore peu présente sur les scènes institutionnelles. La pièce explore une gestuelle issue de la pratique de l’extérieur, espace central du dancehall, également fondamental dans les cultures urbaines comme le breaking. Cette sortie permettra aux élèves de découvrir une autre esthétique chorégraphique et de mettre en perspective les liens entre dancehall et culture hip-hop. La troisième sortie sera consacrée à Autre part de Carmel Loanga, présentée le 26 février 2027. Cette pièce réunit une dizaine de danseur·ses dans une écriture collective centrée sur le groove et la circulation des styles. Hip-hop, krump, électro, breaking, afro ou dancehall s’y rencontrent, offrant une lecture sensible de la diversité des danses dites « urbaines » et de la place de l’individu dans le collectif. Ces sorties permettront aux élèves de découvrir des artistes dont les univers résonnent avec celui de Timothée Lejolivet, notamment par la dimension autodidacte des pratiques et le dialogue entre danses traditionnelles et cultures urbaines. Elles mettent en lumière le métissage culturel à l’origine des styles hip-hop, l’enrichissement des écritures chorégraphiques par les héritages, ainsi que la transmission et l’évolution des pratiques. Autant de notions en lien direct avec le travail mené autour du breaking. Enfin, le parcours pourra s’achever par une sortie hors les murs de l’Espace 1789 afin d’assister à des battles, format de performance et de jeu expérimenté tout au long du parcours.

L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet

Les temps de réflexion / débats sont animés par les intervenant.e.s et les enseignant.e.s. Ils permettent aux élèves de développer leurs connaissances et d’approfondir une thématique. Ils offrent un espace de débat et de réflexivité sur le projet en cours. Des intervenant.e.s ponctuel.le.s peuvent également animer certaines séances.
  • Trois séances seront consacrées à des temps de réflexion et de débat, en complément des temps de pratique. Elles seront positionnées au début de chacune des trois phases du parcours et co-animées par Timothée Lejolivet et les enseignantes. Séance 1 (2h) : temps d’échange autour des fondamentaux culturels du hip-hop et de ses objets culturels majeurs, ainsi qu’une brève histoire du mouvement et de ses origines. Séance 2 (2h) : réflexion autour de la prise d’autonomie dans les trainings : quelles difficultés rencontrées ? Que signifie personnifier sa danse et construire un personnage dansé ? Séance 3 (2h) : visionnage d’archives et d’objets issus des cultures underground, permettant d’aborder les notions de cypher et d’échanges, de battle versus compétition, ainsi que les pratiques de call-out et de défi. La première sortie du parcours (la séance de cinéma) sera préparée en amont en classe lors d’un temps pédagogique d’1h animé par l’équipe enseignante. À l’issue de la projection du documentaire, un temps d’échange de 30 minutes sera organisé en salle et assuré par l’équipe de l’Espace 1789. Par ailleurs, avant chacune des sorties spectacles, une séance d’1h sera dédiée à la présentation des œuvres par l’équipe des relations publiques de l’Espace 1789, afin de préparer les élèves à leur expérience de spectateur·rices et d’enrichir leur compréhension des pièces.

La restitution, temps de cloture du projet

Un temps de restitution/valorisation et un temps de clôture/bilan du parcours permettent de mettre en partage le travail mené et d'encourager la réflexivité.
  • Dès la première réunion de co-construction du projet, il est apparu que la restitution ne prendrait pas la forme d’un spectacle chorégraphique classique. En effet, la création d’une chorégraphie écrite destinée à être présentée aux familles aurait risqué de figer une pratique dont l’un des fondements est l’improvisation, essentielle dans le breaking. Le format de restitution retenu est donc celui du battle, forme la plus représentative de cette discipline. Le parcours se clôturera ainsi par un battle final ouvert au public, en présence des familles et des équipes pédagogiques. Cet événement réunira les élèves de 6e avec une classe de 5e du même établissement, engagée dans un cycle de danse contemporaine dans le cadre de son enseignement d’EPS. Dans ce cadre, Timothée Lejolivet proposera des jeux et des battles en équipes mixtes 6e/5e afin de favoriser la rencontre entre les disciplines artistiques et d’encourager les échanges entre élèves. Le choix de la classe de 5e s’appuie sur un travail préalable autour de la bienveillance et du respect dans leur propre parcours de danse, et permet également aux élèves de 6e de découvrir d’autres gestuelles et approches corporelles. Cette rencontre constitue ainsi un temps fort inter-niveaux et inter-classes. Un temps de bilan et de clôture sera organisé en classe, indépendamment de la restitution. Il prendra la forme d’un échange encadré par les enseignantes, à partir d’un questionnaire. Celui-ci permettra de revenir sur l’expérience vécue : le regard des autres et ses effets, la prise de confiance en soi, le rôle des encouragements des pairs, la fierté des familles et des enseignant·es, ainsi que la découverte d’une autre forme de danse et la rencontre avec d’autres niveaux scolaires.

Implication active des collégien.nes dans le processus (dimensions participative et inclusive)

Dimensions participative et inclusive (contenu du parcours et méthodologie)
  • Les collégien·nes sont placé·es au cœur du processus de création et d’apprentissage, dans une démarche à la fois participative et inclusive. Les intervenant·es veillent à conduire les trainings en prenant en compte la sensibilité, les capacités et l’univers de chaque élève, afin de permettre à chacun·e de trouver sa place dans le groupe et dans la pratique. La deuxième phase des ateliers a ainsi pour objectif central l’appropriation progressive de la gestuelle et le développement d’un univers personnel. Des temps de discussion, d’expérimentation et de co-création sont intégrés à chaque étape afin de favoriser l’expression individuelle et l’engagement actif des élèves dans le projet. L’approche ludique portée par Timothée Lejolivet, notamment à travers l’initiation au concept de battle, constitue une véritable passerelle pour libérer l’expression corporelle, quels que soient les niveaux ou les capacités de chacun·e. Chaque élève est ainsi amené·e à devenir acteur·rice de ses passages, dans un cadre sécurisant, bienveillant et stimulant. Enfin, des temps de réflexion réguliers permettent de recueillir la parole des élèves tout au long du parcours, aussi bien pendant les ateliers de pratique que lors des temps de découverte des spectacles, afin de nourrir leur implication et leur regard critique sur l’expérience vécue.

Prise en compte de l’égalité Femmes-Hommes au sein du parcours (sous quelle forme, avec quels outils… ?)

La thématique de l'égalité femmes-hommes est-elle abordée au sein du parcours? De quelle(s) façon(s) la méthodologie de travail permet-elle de prendre en compte les enjeux de l'égalité femmes-hommes ?
  • La question de l’égalité femmes-hommes est intégrée de manière transversale à l’ensemble du parcours, tant dans les ateliers de pratique que dans le parcours de spectateur·rices et les temps de réflexion. Elle constitue un axe structurant de la démarche pédagogique. Lors des séances de débat et d’échanges, les élèves sont amené·es à réfléchir à des thématiques liées à la prise de parole, au regard des autres et à l’appréhension de danser devant un public, ce qui permet d’ouvrir une réflexion sur la place du genre dans la danse et dans les pratiques artistiques. Dans les ateliers, l’approche est explicitement non genrée : chacun·e est encouragé·e à explorer l’ensemble des mouvements sans assignation ni hiérarchie de style. Cette pédagogie vise à favoriser la diversité des corps, des expressions et des représentations, dans un cadre attentif à l’égalité de participation. La co-animation de la deuxième séance par une B-girl contribue également à interroger les représentations genrées au sein de la culture hip-hop et du breaking. Par ailleurs, le parcours de spectateur·rices participe à cette sensibilisation à travers la découverte d’œuvres portées par des femmes chorégraphes et interprétées par des distributions mixtes, offrant ainsi aux élèves une représentation plurielle et équilibrée de la création chorégraphique contemporaine. L’ensemble du dispositif — ateliers, échanges et sorties — constitue ainsi un outil global de sensibilisation à l’égalité femmes-hommes, inscrit dans une pratique concrète, incarnée et partagée.

Intégration de mesures liées à la transition écologique

Avez-vous mis en place, dans votre structure ou dans la mise en œuvre de vos projets des mesures spécifiques liées à la transition écologique ? Et comptez-vous mettre en place des mesures spécifiques dans le cadre du parcours déposé ?.
  • Le projet intègre la question de la transition écologique de manière concrète et structurelle. La proximité entre l’Espace 1789 et le collège Joséphine Baker permet aux élèves de s’y rendre à pied, limitant ainsi les déplacements motorisés et leur impact environnemental. Par ailleurs, la pratique du breaking, au cœur du projet, s’inscrit dans une logique de sobriété matérielle : elle ne nécessite ni dispositif technique lourd, ni scénographie complexe, ni costumes spécifiques. Les battles, formes originelles de la discipline, se développent dans des espaces simples et non transformés. Le projet valorise ainsi une esthétique du “faire avec peu”, où la contrainte matérielle devient un levier de créativité et d’invention chorégraphique, en cohérence avec les principes historiques du hip-hop. Cette approche permet également de sensibiliser les élèves à une culture artistique issue de l’espace urbain, où la ville constitue un terrain de pratique accessible, partagé et peu consommateur de ressources. Elle met en lumière des pratiques culturelles fondées sur la réappropriation de l’espace public et sur des modes de création légers en impact environnemental. Enfin, le dispositif repose sur une organisation économe en ressources matérielles : utilisation des espaces existants de l’établissement scolaire, absence de scénographie spécifique et mutualisation des outils pédagogiques. Cette sobriété logistique contribue à inscrire le projet dans une démarche globalement respectueuse des enjeux de transition écologique.

Implication active de la famille dans le parcours

Les parents sont conviés à un temps de présentation et / ou aux temps forts du parcours (sorties, restitution…).
  • L’implication des familles dans le parcours s’appuie sur des temps d’information et de participation aux moments forts du projet. En début d’année scolaire, le professeur principal présente à la classe l’ensemble des projets et parcours envisagés, dont Bridging the Gap. Ce temps constitue également un moment privilégié pour informer les parents du contenu du parcours artistique et des différentes étapes que vivront leurs enfants tout au long de l’année. Les familles sont également associées de manière active aux sorties spectacles. Elles sont invitées à accompagner les élèves lors des représentations, à tour de rôle, afin de partager l’expérience de spectateur·rices et de contribuer à la sécurisation et au bon déroulement des déplacements. Enfin, elles sont conviées au temps fort de restitution du parcours : le battle final. En tant que spectateur·rices, elles assisteront à cette rencontre entre les élèves de 6e et une classe de 5e, moment de valorisation du travail mené et de mise en partage des apprentissages. Cette présence des familles permet de renforcer le lien entre établissement, partenaires culturels et parents, tout en valorisant le parcours artistique des élèves. Les différents temps partagés deviennent ainsi des moments de découverte et de reconnaissance du travail réalisé en classe et en atelier.
Le parcours propose des modalités innovantes visant à favoriser l’implication et la participation des familles.
  • Le parcours Bridging the Gap propose des modalités d’implication des familles fondées sur des formes de participation actives et immersives, en cohérence avec les codes de la culture hip-hop et du breaking. L’objectif est de dépasser le rôle traditionnel de spectateur·rice pour proposer une expérience partagée et engagée. Le temps fort de restitution, organisé sous la forme d’un battle, constitue une modalité particulièrement innovante. Dans ce format issu de la culture hip-hop, le public n’est pas passif : il joue un rôle essentiel dans l’énergie de la performance. Les familles sont ainsi invitées à encourager, réagir et “hype” les b-boys et b-girls, participant pleinement à la dynamique collective de l’événement. Cette implication directe transforme la restitution en un espace vivant, interactif et partagé, où la frontière entre scène et public est volontairement atténuée. Par ailleurs, l’ensemble du parcours permet aux familles de découvrir une culture à la fois récente et fortement ancrée en Seine-Saint-Denis. À travers les sorties, les ateliers et les échanges, elles sont progressivement initiées aux codes, à l’histoire et aux valeurs du breaking, culture née dans les années 1970 et aujourd’hui profondément inscrite dans le territoire du 93. Cette approche favorise ainsi une appropriation collective du projet artistique, en créant des moments de rencontre entre les élèves, leurs familles et une culture vivante, issue des pratiques urbaines et fondée sur la transmission, l’énergie du groupe et la participation active de chacun·e.

3. Co-construction du parcours

Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel ou de son volet lié à la citoyenneté. Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, liens avec d'autres projets, chantiers d'étape ...).
  • Le parcours construit entre l’Espace 1789, le danseur Timothée Lejolivet et le collège Joséphine Baker s’inscrit pleinement dans plusieurs axes du projet d’établissement. Il répond notamment à l’axe 3, « Un collège qui donne envie de se cultiver, de s’ouvrir à l’autre et de se dépasser ». En effet, le collège est engagé dans une dynamique d’ouverture culturelle au-delà des enseignements obligatoires, ce qui donne tout son sens à un partenariat avec des acteurs artistiques et culturels tels que l’Espace 1789 et un artiste chorégraphique comme Timothée Lejolivet. Ce parcours s’inscrit dans la continuité d’une démarche visant à permettre aux élèves de découvrir des pratiques artistiques variées, notamment sportives, culturelles et chorégraphiques. La danse occupe déjà une place importante au sein de l’établissement, avec des enseignements en danse contemporaine et une initiation au hip-hop proposée par un enseignant. Le projet permet ainsi d’introduire une pratique nouvelle pour les élèves et pour l’établissement : le breaking. Par ailleurs, ce parcours favorise le croisement des disciplines et des approches pédagogiques. L’enseignante d’anglais, Mme Oyeniran, et l’enseignante d’EPS, Mme Mongelous, seront amenées à travailler conjointement autour de thématiques communes, établissant des passerelles entre leurs enseignements. Cette démarche contribue à l’axe 1 du projet d’établissement, « Un collège, lieu d’apprentissage et d’épanouissement », et plus particulièrement à la valorisation de pratiques pédagogiques innovantes (point 2), notamment à travers la mise en œuvre de projets interdisciplinaires. Enfin, le parcours s’ouvre à l’ensemble de l’établissement lors du temps de restitution. Celui-ci prendra la forme d’un battle final réunissant les élèves de 6e et une classe de 5e ayant suivi un cycle de danse contemporaine en EPS. Cette rencontre inter-classes constitue un temps de partage culturel et artistique, favorisant la circulation des pratiques, la découverte d’esthétiques différentes et l’ouverture du projet à un public scolaire élargi au sein de l’établissement.
L’Espace Numérique de Travail du collège, est-il utilisé pour faciliter l’organisation du projet et/ou comme support de communication et de valorisation ?
  • Oui, l’Espace Numérique de Travail (ENT) du collège sera mobilisé tout au long du parcours comme outil de suivi, de ressources et d’appropriation pour les élèves et les enseignantes. Il constituera un support partagé permettant aux deux enseignantes de déposer et mutualiser des contenus pédagogiques et documentaires, notamment des ressources en lien avec la culture hip-hop et le breaking, qui serviront à la construction du « carnet de moves » des élèves. Ce carnet de moves intégrera également un dispositif de suivi régulier sous forme de courts questionnaires proposés à la fin de chaque séance. Ces temps de retour permettront aux élèves d’exprimer leur ressenti physique et émotionnel à l’issue des ateliers, favorisant ainsi une démarche de réflexion sur leur pratique et leur progression. L’ENT devient ainsi un outil de continuité entre les séances, de valorisation des apprentissages et d’accompagnement de l’expérience artistique des élèves tout au long du parcours.
Les enseignant.es souhaitent-ils.elles s’investir dans les médias départementaux pour rendre compte des expériences et productions des élèves ?
  • NON
Liens du parcours avec les enseignements, les objectifs pédagogiques (par discipline)
  • Le parcours Bridging the Gap s’inscrit directement dans la programmation de l’Éducation Physique et Sportive de l’établissement, la danse faisant partie des activités proposées aux élèves. Si le breaking n’est pas encore une pratique enseignée par les équipes d’EPS, il constitue une ouverture culturelle et corporelle en lien avec le domaine 5 du socle commun : « Les représentations du monde et de l’activité humaine ». Sur le plan des apprentissages en EPS, le parcours s’inscrit dans le champ d’apprentissage 3 : « S’exprimer devant les autres par une prestation artistique et/ou acrobatique ». Il permet aux élèves de développer leur motricité expressive à travers l’exploration d’un langage corporel spécifique au breaking. Progressivement, chacun·e est amené·e à construire sa propre gestuelle et à élaborer son « move », favorisant ainsi la créativité, l’autonomie et l’affirmation d’une expression personnelle dans le cadre d’une pratique collective. Le parcours favorise également des liens étroits avec l’enseignement de l’anglais. Le breaking, issu de la culture afro-américaine, constitue un support concret pour travailler l’histoire et les codes culturels de cette aire linguistique, en cohérence avec les attendus du programme disciplinaire et le domaine 5 du socle commun. À travers la création d’un « carnet de moves », conçu en lien avec l’enseignante d’anglais Mme Oyeniran et Timothée Lejolivet, les élèves sont amené·es à mobiliser et enrichir un vocabulaire en langue anglaise, tout en développant des compétences d’expression et de compréhension liées à une culture artistique anglophone. Ainsi, ce parcours articule étroitement EPS et anglais autour d’un projet commun, permettant à la fois une ouverture culturelle, un développement des compétences motrices et langagières, et une approche transversale des apprentissages.

Application MICACO | Date : 01/07/2026